CHAPITRE XXVIII
put écrasé, et le plus grand diamètre se trouve à la hauteur des pommettes des joues ou de l’oreille. Le troisième type, ou l'orme ovale, se caractérise surtout par la grande largeur du crâne à la hauteur du front, par le sommet de la tète globuliforme, par l’occiput, plus bomhé à sa partie supérieure ; par le front, élevé et vertical ; par les pommettes des joues étroites; par des dents, petites et verticales ; et enfin par un menton étroit, il faut encore ajouter les différences de l’angle facial (pii, dans le type ovale, est de 85 à 85°, dans le sphérique, environ de 80“, et dans l’elliptique, ne dépasse guère 75“. L’angle facial est déterminé par deux lignes, dont l’une, décrite sur la projection latérale du crâne, passe par le trou de l'oreille et la base du nez ; l’autre est tangente à ce dernier point et au front. Cet angle sert de pierre de touche pour les aptitudes intellectuelles des races. Sur les statues grecques, quc.nous admirons comme l’idéal des formes du corps humain, il s’élève jusqu'à 90“, comme si les anciens artistes avaient voulu exprimer par là le degré suprême de la perfection intellectuelle chez leurs héros et de leurs dieux. Audessus de 90“, en effet, toute augmentation devient funeste et transforme le type sain dans la forme pathologique des hydrocéphales. Chez ceux-ci des angles de 100” et plus ne sont pas rares, tandis que beaucoup d’idiots et surtout de crétins n’atteignent pas le minimum de l’angle facial humain de 75*. Avec 70" on passe au type Singe, et on descend de là, par tous les degrés possibles, jusqu’à l’ouverture la plus intime chez les Cétacés.
A la place de cette ancienne manière de voir, qui tenait compte surtout de la forme du visage et de l'inclinaison du front, djjns ces derniers temps, on a donné une valeur plus grande à la cavité du crâne elle-même, surtout Retzius, qui a soumis les crânes des peuples du Nord à des mesures très-soigneuses1. Cet habile observateur a montré que le développement d’un des trois grands lobes du cerveau est la cause (pii produit les diversités dans l'aspect extérieur du crâne. Son allongement en arrière et sa forme étroite, qui caractérisent les populations nègres, dépendent en partie de la dimension moindre du cerveau entier, et aussi de la petitesse extrême des lobes moyens. Ceux-ci sont, au contraire, très-développés dans les crânes cubiques, taudis que les lobes postérieurs, qui, chez les Né-
* Voir son ntt* moire dans J. Müller, Archiv für Anal. u. Physinl. Ja/trg. 18i5, p. 83 et suiv., et dans les Annales dis sciences naturelles, 3e série, vi, 133.
HIST01RK DE LA CRÉATION, grès, possèdent le plus grand volume, sont ici très-petits. Dans les crânes ovales, les lobes antérieurs du cerveau dominent, bombent le front plus fortement et sont accompagnés d’un développement général du cerveau, qui donne aux lobes postérieurs plus de saillie que dans les crânes cubiques. Hel/.ius part de la grandeur de ces lobes postérieurs pour diviser les races en peuples à crâne oblong ( gentes dolichocephalæ ) et peuples à crâne rond (brachycephalæ).
Fig. 65. — Crânes humains vus de protil.
Crâne* de Schiller, type de dolichocéphale orthognulhe; 2. crâne de Cafre, h* même que celui que noua avons vu de face dans la planche précédente ; type de dolichocéphale proguutlie. Il faut remarquer que ce dernier eut noii-scu lernen l plus court, mais encore plus bas que celui de Schiller; que >on front est licaucoup plus déprimé, et qu'il a le» ch* la joue Iteaticoup plus développe» et la dentition trés-proéinineute. La distance de l'oreille au trou pariétal est, che* Schiller, de 5 pouce* â lignes, chez le Cafre, .4 pouces 9 lignes; différence dont la cause réside principalement dans le développement du cerveau, dont le lobe moyen était d’un volume moindre chez le Caire que chez Schiller.
Il détermine cette distinction suivant que les lobes postérieurs du cerveau débordent beaucoup en arrière au delà du cervelet, ou bien le recouvrent simplement, ou même pas entièrement. Dans la première classe, il range les crânes elliptiques et ovales; dans la seconde, les crânes cubiques. Dans les deux premiers types, il distingue, d’après la position des dents, avec laquelle la courbure du front est en harmonie, les peuples à dents verticales (orthognalhæ) et les peuples à dents obliques ( prognathw ), Cette distinction réparait aussi dans la classe des crânes ronds. Il obtient donc ainsi quatre types principaux de crânes. Aux Dolichocéphales orthognathes appartiennent la grande famille des peuples celtiques, germaniques, romans et