‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 280 sur 295 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

indous; comme Brachycéphales, avec le meme type dentaire, on a les Slaves, les Tschondcs, les Lapons, les Afghans, les Perses, les Turcs, les Océaniens méridionaux et les Papous. Les Brachycéphales prognathes sont les Tartares, les Kalmoucks, les .Mongols, les Malais et plusieurs peuplades de l’Amérique occidentale ; quant aux Dolichocéphales prognathes, ils embrassent les Australiens, les Chinois, les Japonais, les Nègres, les Groënlandais, les Océaniens septentrionaux et la plupart des peuplades de l’est de l'Amérique.

Ces différences cràiiiologiques, sur lesquelles Blumenbach, l’illustre fondateur de l’Anthropologie scientifique, attira le premier l'attention, semblent, à première vue, conduire à une classification simple des diversités nationales. Elles ne reposent pas, en effet, sur des caractères distinctifs simplement accidentels et ne résidant que dans des relations extérieures ; mais elles appartiennent évidemment à un plan déterminé et renferment un principe rationnel de différenciation.

Cependant, leur application à la classification naturelle des races humaines conduit, comme toute caractéristique exclusive, à des séparations et des groupements contre nature. La nouvelle classification de Iletzius, d’après les crânes ronds et oblongs, et celle que j’ai employée dans la première édition, basée sur lps trois types principaux de crânes, ne peuvent se soutenir, lorsqu’on étudie les groupes qui eu résultent, et doivent par conséquent être abandonnées. Nous nous servirons donc ici du principe de la distribution géographique des races humaines, comme du seul naturel et comme 1e plus solidement établi1.

Blumenbach avait déjà ouvert cette route, et divisé les peuples en cinq races, qu’il nomma Caucasienne, Mongole , Américaine, Éthiopienne et Malaise. Bien que les distinctions admises par lui ne soient pas toujours à l’abri de toute critique et qu’entre autres les limites

1 La classification tics crânes, imaginée par Itetzius, a été combattue et vivément critiquée par Acby dans une publication récente et très-savante sur la forme des crânes humains. A sa place, il propose »le les distinguer en crânes xtrnoccpUales et crânes ruryréphalr», distinctions beaucoup plus profondes et plus naturelles. Le premier type domine dans l'hémisphère austral, le second »laus l'hémisphère boréal Sur le» limite> des deux domaines, dans les régions de la Méditerranée, en Asie et dans certaines îles, les deux formes se présentent à côté l’une de l’autre et se mélangent. Cependant le système d’Aeby ne sul'lit point encore pour classer tout le genre humain dans des races naturellement circonscrites. Consulter, outre les ouvrages d’Aeby, mon livre intitulé l'Homme. Leipsick, 1868. Iu-8®. — (i.

ti.'iii IIISTOIKK DK LA CRÉATION.

des populations caucasienne, mongole et malaise se fondent trèsduiicemenl les unes dans les autres ; tandis qu’au contraire les peuples de race américaine et éthiopienne diffèrent souvent beaucoup les uns des autres dans quelques-uns de leurs caractères : cependant cette division est restée jusqu’à ce jour la meilleure, ou plutôt la plus commode pour l'usage, et toutes les tentatives pour en créer une nouvelle n’ont été en réalité que. des modifications partielles de la classification de IUumcnhach. Nous avons donc les plus fortes raisons pour la déclarer la meilleure, et sa valeur, en tant qu'expression de la nature, s’appuie sur ce qu’elle correspond dans ses cadres assez, exactement aux régions géographiques, que nous avons reconnues dans le vingt-troisième chapitre, comme constituant les parties de la surface du Globe dont les productions nous offrent les différences les plus grandes et les plus profondes. Nous considérerons donc les races humaines dans cette série et nous essayerons de préciser encore mieux chaque mode de classification en les faisant tous concourir à ce but '.

I. Les nations américaines présentent beaucoup plus d’affinité entre elles que les peuples des autres parties du monde distribués aussi sous toutes les zones, et viennent confirmer 1’uniformité d’organisfllion que nous avons fait voir plus haut (p. 475), comme constituant le caractère dominant du nouveau monde et qui le distingue de l'ancien. « Il est devenu presque proverbial, dit un des observateurs les plus savants des races humaines d'Amérique’, que celui cpii a vu une tribu indienne, les a toutes vues, tant les individus de celle race se ressemblent, malgré la vaste étendue géographique et les climats extrêmement différents de son habitat. » Le prince Maximilien, qui a visité avec grand soin les deux Amériques, porte le même jugement : * Au premier coup d’œil, dit-il, jeté sur les Américains du Nord*, je fus convaincu de leur profonde parenté avec les brésiliens et je dus les considérer comme une même race d'IIornmcs. » D’après Morton, ils ont tons des cheveux noirs, longs, plats et pendants, la peau d’nn brun de cannelle, le front court et dé-

1 L'ouvrage capital existant actuellement sur Dilatoire naturelle «le l’Homme est \' Histoire naturelle de la race humaine, «le J.-C. Hriclinrd. Il a une grande valeur comme compilation de tout«*!« l«*s donné«* historiques el linguistiques, mais sa partie phyfùco-pnychologiqtic est, en général, moins complète.

* G. Morton. Cons. Froriep's n. Notiicti, t. XXXIV, p. 129. 18K>.

5 Voyage dans I intérieur de l' Amérique du Mord, t. I, p. *233.

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