‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 283 sur 295 · CHAPITRE XTVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XTVIII

tiitlft pour les poupins actuels modifiés par des croisements multiples et par les progrès de la civilisation. Ces deux causes produisent des variations dans la physionomie extérieure d’un peuple, qui détruisent toujours les particularités délicates sur lesquelles reposaient les propriétés distinctive:' les plus marquantes. Il peut donc arriver que des peuples blonds, exposés tous les jours à ces influences, perdent leur uniformité extérieure, et que leurs cheveux passent de la couleur jaune à la brune et même à la noire. En même temps les yeux changent leur nuance bleue contre une teinte grisâtre, brunâtre ou brune, mais néanmoins varient avec moins de facilité que les cheveux. La couleur de la peau se modifie encore plus lentement, elle est plus stable que les deux précédentes, et nous donne un témoignage plus assuré sur la coloration typique et primordiale de tout un peuple.

Dans ces conditions, il est impossible d’établir des groupes bien déterminés parmi les Caucasiens, en prenant la couleur pour critérium ; on y a mieux réussi en se servant des diversités linguistiques. Avec celte méthode, les Caucasiens se groupent d'abord en trois grandes familles ; les Indo-Européens , les Sémites et les Berbères. Aux Indo-Européens, que Prichard appelle beaucoup mieux la famille iranienne , appartiennent les peuples primitifs de l’Europe, les Celtes , les Pélasges , les Germains et les Slaves, avec les tribus asiatiques des Mèdes , des Perses et des Indous. Ces derniers parlent le sanscrit, langue dont le type se reproduit dans celle de tous les peuples nommés, et est considérée comme la langue mère ou souche des Indo-Européens*. — La famille sémitique comprend toutes les nations situées entre le golfe Persique et la mer Rouge, avec les habitants du bassin des fleuves qui s’y jettent; elle s'étend encore sur une partie de l’Afrique par les colonies des Arabes et des Phéniciens. Les Arabes, les Hébreux, les Syriens, actuellement ; les Assyriens, le Babyloniens et les Chaldéens dans l’antiquité, sont les peuples qui appartiennent à cette famille de langues, et qui ont laissé une trace profonde dans l’histoire du monde par la profondeur de leurs conceptions religieuses. Mais, d'un esprit étroit et altier, l'individualité sémitique a toujours obéi volontiers à un gouvernement

* Consulter l’article : Langue souche des Indo-Européens, de l’ott, dans Ertch’s und (ïruher's Allgemein' r Encyclopùdic , sect. n, t. XVIII.

despotique, sans connaître l’amour poussé jusqu’au sacrifice, et la tolérance qui, comme les vrais fondements de la religion universelle, sont sortis de son sein, mais n'ont trouvé un sol fécond que dans la nature libre des Germains. — Les Berbères formaient sur la Méditerranée la troisième famille caucasique, mais ils ont été dans le cours des temps presque entièrement anéantis par des peuples sémitiques ou iraniens, si bien qu’aujourd'bui ils n’existent pins que dans les deux misérables débris des Coptes et des Kabyles. La couleur de leur peau était un peu plus foncée que celle de la plupart des Sémites et des Iraniens, plus brunâtre, cuivrée même, et se rapprochait peut-être de la nuance des Hottentots. Leur chevelure noire n’était pas frisée, comme le prétendent Hérodote et quelques autres écrivains anciens ; les momies ont toujoursdes cheveux lisses. Primitivement ils étaient répandus sur tout le littoral septentrional de l'Afrique, et avaient peuplé les rivages orientaux et occidentaux de ce continent. Cette race atteignit, avec les anciens Égyptiens, l’apogée de sa prospérité. Elle tira tout d'ellc-mémc, sans aucun emprunt étranger, sans colonies venues de6 Indes, bien que la grande ressemblance de plusieurs institutions de ces deux peuples ait pu faire croire longtemps qu'il y avait des rapports intimes entre eux. 11 est bien plus rationnel de supposer que, des analogies nationales existant entre elles, ces deux tribus semblables dans leur nature physique, molles et malléables, suivirent la tnème direction dans leur développement, et arrivèrent parcelle voie à cette société civilisée, despotique, appuyée sur une seule caste. Avec ces aptitudes et celte constitution, les Berbères, incapables de résister aux conquérants du monde, sont devenus leur jouet depuis deux mille ans, et ne nous ont guère laissé de leur antique existence que ces grandes ruines de la vallée du Nil, que la postérité admire, sans bien connaître le but auquel elles servaient à l’époque de la prospérité.

Deux peuples à crâne ovale se rattachent encore, comme membres orientaux de la famille caucasienne, aux trois groupes occidentaux que nous venons de considérer ; ce sont les Malais et les Scythes.

Les Malais ont le teint brunâtre, tantôt plus clair que les Berbères, tantôt plus foncé. Ils ont une stature élégante, mais en général peu élevée, le crâne rond, des cheveux longs, noirs, plats ou bouclés, des

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