CHAPITRE XXVIH
yeux étroits, un liez large en lias et des lèvres d'une épaisseur moyenne. Par ees caractères, ils ressemblent à plusieurs tribus mongoles, surtout aux Chinois, avec lesquels les populations malaises sont depuis longtemps en relations multiples sans avoir jamais été soumises à leur domination. Répandus depuis la péninsule de Malacca sur les îles de Sumatra, Java, Bornéo, les Philippines et les Moluques, ils constituent sur ces îles le groupe secondaire des Malais proprement dits , auquel vient s’ajouter un second groupe des Océaniens, composé des habitants de la Nouvelle-Zélande et des îles australiennes. Les Océaniens qui, malgré cette vaste dispersion, présentent dans la structure de leurs langues une aussi grande parenté que dans leur physionomie extérieure, sont mieux proportionnés, plus élancés, plus vigoureux, plus musculeux et plus bruns que les Malais. D’ailleurs, ils paraissent encore conserver cette supériorité corporelle dans les facultés de l'esprit. Très-ardents et mobiles, les Malais, enfermés de toutes parts par les eaux de la mer dans leur patrie, montrent de grandes aptitudes pour la haute culture et la civilisation ; mais la légèreté de leur caractère et l’avidité des jouissances les a empêchés de s’élever jusqu’ici à la véritable vie civilisée. Tandis que l’invasion du mahométisme avec son esprit fanatique paralysait les Malais proprement dits dans leur développement, et les préparait à l’asservissement que leur firent subir plus tard les peuples commerçants européens dans toutes les îles où ils abordèrent ; la même circonstance a éveillé, au contraire, chez les Océaniens le germe assoupi du progrès, et le christianisme, embrassé de bonne heure, a mieux réglé leurs dispositions naturelles. Aujourd hui encore placés sous la suzeraineté de l’Europe, ils pourront peut-être bientôt être assez forts pour s’émanciper ; surtout s’ils savent apprécier convenablement l’amitié des Européens, et distinguer l’égoïsme qui se cache derrière la bienveillance. Car, malheureusement, ce n’est point un sentiment pur de prosélytisme et de moralisation qui a mis les Européens en relation avec ces insulaires ; ils y ont plutôt été conduits par la position favorable des îles au milieu des mers. Placé d’abord en contact avec les formes les plus grossières de la civilisation, nous ne pouvons que déplorer amèrement, qu’un peuple, dont les qualités naturelles charmaient tous ses visiteurs, n’ait trouvé parmi eux que des corrupteurs et n’ait pas reçu d’eux, comme cela aurait dû être, des mœurs plus pures,
cil même temps que des croyances plus élevées. — Le rameau snjthique se montre tout autrement ; rejeton développé sur un sol sauvage et âpre, la rudesse des mœurs est devenue son lot naturel. Rér pandue depuis les steppes de l’Asie centrale sur la plus grande partie de la Sibérie et sur le nord de l’Europe, cette horde sauvage a porté la destruction et l'effroi partout où elle dirigeait ses pas. Cependant elle n’est pas aussi antipathique aux arts paisibles de. la paix qu’avide de jouissance dans ses désirs. Le corps humain peut atteindre chez elle à un haut degré de perfectionnement typique, luttant avec l’idéal que les artistes grecs nous ont transmis. Mais cette beauté corporelle n'est l’apanage que de quelques tribus situées au cent re, depuis le Caucase jusqu’au delà de la mer d’Aral, les Tcherkesses et les Turques ; celles du Nord ne la possèdent plus et ressemblent, soit au type mongol, soit à celui des Slaves. C’est à ce groupe qu’appartiennent les Iakoutes à l’est, les Lapons et les Finnois 1 à l’ouest, les Tatares , les Kirghizs et les Ousbeks au centre. Les Madgyares, qui ont pénétré à travers les tribus slaves jusqu’en Hongrie, de même que jadis Attila avec ses Huns mongols* au milieu des Tatares, appartiennent aussi à la famille scythique ou tclioudiquc.
IV. Les peuples Ethiopiens sont tout aussi étroitement alliés aux Berbères que les nations caucasiques à celles de la famille mongoliquc. Ils s’en rapprochent également, et par des ressemblances physiques, et par des aHinités linguistiques. Les caractères distinctifs généraux de cette quatrième classe se manifestent le plus complètement chez les Nègres, dont la couleur noire, les cheveux crépus et laineux, le front étroit, le nez épaté, les dents saillantes, les lèvres épaisses, rabattues et non colorées en rouge, les bras longs avec des
1 Prichard a prouvé récemment qui* le* différence« physiques des Finnois cl des lapons ne sont pas plus grandi** que celles du lan<;a<;c, cl que ces deux peuples peuvent très-bien appartenir aux races caucasiques. Froriep’s jYciie iYo/i3rt«,t. XXXI V, p. TiUh. — ftetzius corrobore, celle opinion en établissant que les crânes de tes deux peuples se laissent ramener à un seul type, celui des brachycèpale * oHhognathen. Ils ressemblent donc à ceux des Slaves, des 1 choudes et des Iakoutes. Il considère les tapons comme les habitants primitifs de la Scandinavie, les Finnois comme les descendants des anciens Scythes, qui habitaient d'abord le sud de la Itussie et ne furent chassés au nord que plus tard |Utr les Germains ou les Slaves. Avant eux, les tapons avaient occupé la Finlande actuelle.
* tas Huns appartiennent au rameau finnois. Ccsdcyx peuples, ainsi que les tapons et les Sainoïedcs, ne doivent point être rattachés au rameau scythique de la famille mongole.