‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 285 sur 295 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

nutins étroites, les membres inférieurs courts, avec des mollets peu développés et des pieds plats, leur donnent une physionomie toute particulière qui, dans plusieurs de ses traits, rappelle le Singe*. A cette race appartiennent toutes les populations africaines au sud du Sahara, tilles se divisent en trois grandes familles, les Nègres, les Cafres et les Hottentots. Il faut encore y joindre les Papous, ou habitants des rivages des îles au nord de la Nouvelle-Hollande. Les Nègres proprement dits occupent l’Afrique centrale, de la Sénégambio à la Nubie, et se subdivisent en nombreuses peuplades do couleur tantôt plus brune, tantôt très-noire. Tous ont le front extrêmement étroit, la face étroite également, le crâne elliptique comprimé latéralement, et le cerveau relativement petit avec peu de circonvolutions, caractère que Sömmering, l'habile anatomiste du cerveau des Nègres, avait remis en question à tort, comme l'a prouvé récemment Huschke. Les cavités orbitaires sont grandes, niais peu profondes, et par conséquent les yeux ressortent plus; la barbe est peu fournie, comme chez tous les Africains. Cette famille nègre constitue un groupe de peuples grossiers, encore complètement incultes et livrés aux passions les plus effrénées; cependant, depuis qu’ils ont été convertis à l'Islam par la voie de l’Égypte et de la Nubie, les mœurs s’y sont un peu adoucies. Mais dans cet état lui-même les Nègres so classent encore parmi les hommes les plus sauvages : chez eux, l’ancien culte religieux, le fétichisme , qui croit à la puissance funeste cl ennemie des objets les plus insignifiants, existe encore dans ses effets, ou même subsiste complètement chez de nombreuses tribus.

* J ‘ai décrit avec détails In mro nègre, d’après des observations recueillies .nu Brésil, dans un article particulier intitule : Der schwane Mensch, inséré dans je tome II de mes Tableaux gcologigucs. J*y ni pris surtout en considération la forme particulière «les cheveux, dont la frisure est le résultat de la compression latérale que suint le lilot pileux, et j'ai démontré, par des mesures comparées des membres supérieurs et inléricurs avec les autres parties du corps, que le Nègre n le bras et la cuisse plus courts, I avant-bras et In jambe plus longs, ainsi que les mains et les pieds, que l'Europecn, et se rapproche plus du type Singe. A ce |H»int de vue, le rapport du premier grand orteil du pied au second est très-caractéristique. Cet orteil dépasse de beaucoup le second chez les Européens, mais il est plus court ou seulement de longueur- égale avec le second chez le Nègre, (tu peut encore pousser plus loin ce rapprochement en remarquant la grande mobilité de cet orteil chez le Singe, qui permet de l’opposer aux autres doigts. M ds le Nègre ne sera jamais pour cela un véritable Singe, et les arguments que les partisans de l'esclavage ont prétendu tirer de ces faits pour lui refuser des droits égaux à l' lui inanité, ne sont qu une fausse application de déductions scientifiques tout à fait étrangères à ces tendances, (.est avec tristesse que je reconnais avoir fourni sans le savoir, par mes conclusions, «les armes aux. Américains du Nord, ces sectaires inhumains qui, heureusement, sont complètement réduits au silence aujourd'hui.

Achetés depuis des siècles comme esclaves par les Européens, ce commerce inhumain n’a fait que contribuer à entretenir ce pauvre peuple dans un état d'abaissement moral. Le meurtre n’est pas un crime à leurs yeux, mais tout au contraire ils immolent des masses d’Ilommcs à la fois comme victimes expiatoires dédiées à la divinité et aux fétiches. Leur religion les pousse donc aussi à la chasse de l’homme et leur férocité naturelle n’a fait que se développer par l’espoir du riche gain que leur promet leur butin. Non-seulement les rois, ainsi qu’ils s’intitulent, font commerce de leurs sujets, mais les parents eux-mêmes conduisent au marché leurs enfants, et les vendent aux marchands d’esclaves pour quelques morceaux d’étoffe. Cependant l’esprit des peuples européens, devenu peu à peu prépondérant, aenlin remporté la victoire sur ces atrocités et reconnu la honte qu’il y a pour les peuples libres à traiter comme une marchandise ces malheureuses races, au lieu d’éveiller chez clics le germe de la culture morale, qui existe également chez tous les Hommes, et de le vivifier. — Les Cafres ou Cafirs habitent le centre de l’Afrique au-dessous de l’Equateur, et s'étendent sur la côte orientale vers le sud jusqu’il Port-Natal. Ils ne sont pas aussi sauvages que les Nègres, mais sont restés jusqu'ici dans un état complètement inculte. Ils se distinguent physiquement par leur taille élevée et musculeuse, par leur couleur, plutôt brune, bronzée ou noir pur, que couleur de bois de no\er, par leur ne/, très-développé et bombé au dos, enfin par leur front élevé. Leur langue offre quelque affinité avec le Copte, et se distingue par là des idiomes nègres. Elle est harmonieuse, et n’a aucun de ces claquements désagréables qui font reconnaître sur-le-champ le Hottentot. Leur physionomie a quelque chose de noble, d’européen, et leur tenue est grave. Ils se subdivisent comme les vrais Nègres en de nombreuses petites peuplades, dont les plus connues sont les Anakosas, sur les côtes méridionales, et les plus belles, les Betxr.ltouam, à l’intérieur. Il faut encore citer le tatouage comme trait particulier aux Cafres, tandis que cet usage n’existe point chez les Nègres occidentaux.

Les Hottentots occupaient jadis toute la pointe méridionale de l’Afrique et les régions voisines des côtes orientales, aujourd'hui ils sont refoulés dans ces dernières par la population européenne du Cap. Ils se distinguent facilement des autres rameaux nègres par leur teint plus clair, brun cuivré, leur organisation physique plus faible.

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