‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 3 sur 295 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

jadis. Pour écrire son histoire, nous devoqs donc commencer par posséder une connaissance exacte du présent; appuyé sur cette base, nous pourrons tenter de décrire et d’expliquer les périodes primitives. Lorsque nous rencontrerons des phénomènes, qui sortiront du domaine des connaissances fournies par le présent, nous emprunterons nos explications à des analogies basées sur les faits actuels. Nous pourrons donner à ces analogies un degré de vraisemblance d’autant plus grand, que sera plus complète la comparaison que nous en pourrons faire avec les phénomènes modernes, et que *

nous serons plus en état de les appuyer sur les lois générales de la nature. Ces explications, auxquelles nous donnons le nom d'hypothèses, joueront toujours un grand rôle (laus notre histoire de la création. Nous resterons d’autant plus dans ce domaine et dans celui des probabilités, que le moment que nous considérerons sera pics éloigné du présent et que les faits qui lui appartiendront seront moins éclairés par les événements de la période actuelle. C’est ainsi que les recherches faites sur l'état primitif de notre Globe ont toujours conduit à des résultats qui répondaient autant aux progrès de l’esprit d’observation qu’à l’état des connaissances jihysiques générales.

Il serait intéressant de suivre dans son ensemble l’histoire de ces deux instruments de notre science, de voir comment ils se sont perfectionnés peu à peu en s appuyant l’un sur l’autre, et ensuite d’écrire un court résumé des vues et opinions proposées jusqu’à ce jour sur le développement de la création. Mais l’étendue de notre sujet ne nous pennet point une semblable digression. Contentons-nous de savoir que les théories émises de tout temps peuvent être réduites à deux opinions fondamentales que nous distinguons par les noms de neptunisme et de vulcanisme.

D’après la théorie neptunienne, le Globe terrestre était, sous sa forme première, un mélange de matières dissoutes ou supendues dans l’eau. Ces dernières se déposèrent en couches stratifiées, tandis que l’évaporation de l’eau forçait les matières dissoutes à se précipiter et à passer à l’état solide. Le tout s’unissant alors et se superposant produisit des couches sur lesquelles de nouveaux dépôts purei t se continuer jusqu'à ce que la totalité des deux matières fut épuisée et l’eau finalement purifiée. Le neptunisme prétend, eu outre, que tous les éléments du Globe terrestre insolubles dans l'eau, se pré-

cipitèrent dans un mélange chaotique plus ou moins rapidement, suivant leur pesanteur, les plus lourds formant le premier noyau solide, puis les autres successivement suivant leur degré de légèreté. Ce noyau solide s’efToctua par la cristallisation de matières tenues d'abord en dissolution dans l'eau. On expliquait celte séparation et cette cristallisation en faisant perdre peu à peu à l'eau une propriété .'au moyen de laquelle elle avait pu dissoudre ces matières, ou les maintenir à l’état de dissolution, propriété qu’elle ne possède plus aujourd'hui. Ces matières cristallines formèrent la charpente sur laquelle s'appuyèrent les dépôts terreux au-dessus desquels apparaissent aujourd’hui encore leurs sommets et leurs saillies. C’est ainsi que les neptunien» expliquaient l’origine des montagnes et des dépôts stratifiés de nature terreuse placés à leur pied dans les plaines qui les enveloppent. L’eau s’accumula dans les parties les plus basses et lorsque plus tard il y eut équilibre entre l’évaporation et les pluies tombées de l’atmosphère, le niveau de la mer devint invariable pour toujours.

Telle était l’hypothèse neptunienne fondée sur des considérations dont la réfutation définitive demeura impossible aussi longtemps que l’on n’eut pas entre les mains des observations pour démontrer qu’on lui avait donné une portée beaucoup trop générale. Avant d’entrer dans l’examen de ces observations, nous allons pousser plus loin l’étude des faits sur lesquels la théorie neptunienne s’appuie plus spécialement.

Lorsqu’on étudie avec soin les plaines, on constate presque toujours que les éléments qui les composent sont disposés en strates superposées. Ces couches non-seulement se reproduisent presque partout, mais encore elles se succèdent, là où on les rencontre, dans un ordre toujours le même, et si on a pu observer souvent que quelques-unes d’entre elles manquent dans la série, jamais cependant il n’est arrivé dans les plaines que des couches apparussent quelque part dans une succession normale différente de celle qu'elles suivent ordinairement partout ailleurs. La nature interne elle-même do ces couches parle pour le dépôt successif dans l'eau bien plus hautement encore que ce mode de gisement. Elles sont, en effet, composées de matières pour la plupart insolubles dans l’eau, et possèdent, bien caractérisées, toutes les propriétés que nous observons encore aujourd’hui dans les dépôts aqueux, les sédiment s. Leur

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