CHAPITRE V
ne rend raison de tous les cas; il est donc 'possible qu'il faille en admettre' deux pour embrasser la totalité des phénomènes. , Léopold de îîuch, qui par ses excellentes descriptions du Vésuve et des iles Canaries nous a donné les premières notions ÿcicntiliques sur la formation des volcans, admet pour chacun d’eux un double phénomène, qu'il distingue par les termes de cratère (le soulèvement et de cratère (l'éruption. Le cratère de soulèvement est constitué par l’ancienne couche horizontale de la croûte terrestre, qui se trouvait au point où le volcan s’est formé, et qui, au moment de son explosion, se releva en forme de cône. Au moyen de celte, boursouflure au milieu d’un sol primitivement horizontal, le célèbre géologue explique, non-seulement la forme conique de la montagne, mais encore son ouverture centrale largement évasée vers le sommet, et les fissures rayonnantes ou crevasses qui se prolongent de cet orifice jusqu’à la hase du cône. La cavité centrale prend aux îles Canaries le nom de caldera , et les échancrures rayonnantes celui de barancos. Ces termes ont été conservés dans la science pour tous les phénomènes identiques. Les volcans composés simplement d’un cône muni d’une caldera et de barancos abruptes sont le témoignage d’un violent soulèvement du sol produit par des agents volcaniques, qui cessèrent d’agir après avoir manifesté leur activité pur ce puissant phénomène. Mais la plupart des volcans, et surtout presque tous ceux qui sont encore en activité, n’ont pas une forme aussi simple ; le soulèvement s’est répété à plusieurs époques successives. Dans ces éruptions subséquentes, lorsque la calotte formant le sommet du volcan a été enlevée et a laissé un orifice libre, les matières éruptives seules ont été projetées hors du gouffre. Mais comme leur masse était généralement moins grande que les parties constituant le cratère de soulèvement, elles s'arrêtèrent dans la caldera et s’y entassèrent en forme conique en obéissant aux luis de la pesanteur. Elles furmèrent ainsi le cratère d'éruption dont l’ouverture est le vrai canal de décharge de tous les volcans encore actifs, en un mot le cratère. Il est clair que ce dernier peut avoir des dimensions trèsdifférentes, suivant la grandeur du cratère de soulèvement, la quantité des matières éruptives et le nombre des éruptions successives. Celles-ci contribuent extrêmement à établir ces dimensions. Elles peuvent tellement accroître le cratère d’éruption, que,
non-seulement il arrive à s’élever au-dessus des bords de la caldera, mais encore la remplit entièrement de ces déjections et recouvre meme au delà des flancs du cratère de soulèvement. Alors la distinction des deux cratères devient impossible, à moins que les matières éruptives ne diffèrent de celles du cratère de soulèvement et ne permettent encore de limiter chacun des deux cônes. D’autres géognoslos ont élevé contre cette théorie des objections V tendant à établir l’impossibilité de la formation des cônes volca-
\ niques autrement que par accumulation ou entassement. Ces antagonistes, à la tète desquels on peut placer l’Anglais Cil. Lyell, affirment qu’entre les roches des cônes de soulèvement et des cènes, d'éruption, il n’existe pas de distinction suffisante, mais quNdlcs sont entre elles comme les matières éruptives d époques diveraes des volcans encore actifs. Par conséquent, si un cône est le résultats d'un entassement, l’autre a une origine semblable. La forme desMiarancos leur fournit un puissant argument. S’ils avaient pour cause la rupture des couches soulevées, leur plus grande largeur se trouverait naturellement en liant au bord du cratère, et ils iraient en se rétrécissant vers le pied du cône. Mais ils sont tout au contraire étroits en haut, larges en bas, et, dans le nombre, ordinairement un seul atteint jusque dans la caldera, tandis que les autres finissent sur les bords du cratère. Les adversaires des cratères de soulèvement essayent de démontrer que ces baraucos sont les érosions subséquentes des torrents, cl accordent que le baranco principal, pénétrant jusque dans la caldera, est le résultat d’une crevasse. Le cratère dç soulèvement n’est donc plus que le produit de l’entassement des matières volcaniques lancées hors du gouffre. Le volcan dans celle première éruption, pendant laquelle il se forma, avait une activité immense, en face de laquelle les éruptions subséquentes sont insignifiantes tant qu'elles n'arrivent point à combler l’ancienne caldera. La formation de celle-ci s’explique très-bien par la violence avec laquelle furent projetées les premières matières éruptives, et aussi par l'effondrement du sommet du cône, lorsque la première éruption fut achevée. Les vides laissés dans le gouffre par les matières éjaculées se remplirent par l’ébouleinent d’une partie des matériaux entassés au-dessus. Si cette théorie est juste, les petits volcans, et surtout ceux qui sont éteints, devront avoir les cratères proportionnellement les plus larges et