‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 33 sur 295 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

les plus grands ; tandis que, dans les volcans encore actifs, ils seront beaucoup moins ouverts, mais plus élevés. Los éruptions continues lancent incessamment de nouvelles déjections et empêchent l'effondrement du sommet dans les profondeurs du gouffre. Les faits sont d’accord avec ces conclusions V

Toutefois, la théorie de L. de Buch semble être parfaitement juste dans de nombreux cas, surtout lorsque des assises stratifiées forment une zone au pied du cône. L'ile de Santorin, la plus extrême des petites Cydades, nous en offre un bel exemple. Réunie avec les deux petites îles, Thérasia et Aspronisi, situées en face, elle dessine un ancien cratère échancré et envahi par la mer. Depuis les temps historiques, des cônes d’éruption se sont élevés au milieu, et ont donné naissance aux petites iles iliera tl'alea Ramolli) et Nea Kamen i. Le traehyte constitue les parois du cratère opposées à ces îles, tandis que le rivage extérieur, baigne par la mer Egée, est formé de schiste argileux, dont les plans de stratification plongent vers la mer dans le sens opposé au soulèvement. On peut observer des faits semblables sur plpsiéhrs des petites Antilles. Ils prouvent donc que les volcans pet$enl relever les couches terrestres voisines , et que tous leurs éléments ne sont pas toujours le produit de l'accumulation des matières éruptives.

Les montagnes ignivomes ainsi formées et actives encore dans les temps actuels, produisent des phénomènes de deux sortes ; des éruptions proprement dites, avec déjections, et des ébranlements du sol dans le pays voisin, ou tremblements de ten-e. En général, ils se manifestent simultanément ou se succèdent à de courtes distances, se reproduisant plusieurs fois avec des circonstances semblables. Le spectacle grandiose d’une éruption est très-dillieile à décrire, à cause de la multiplicité des phénomènes successifs et des circonstances simultanées. L’effet d’une telle description est d’autant plus douteux que, pour atteindre à la réalité, elle doit produire l’admiration la plus prodigieuse. Les mots ue pourront jamais donner une impression, même éloignée, des sensations que cause la vue directe du phénomène.

Longtemps avant le commencement de l’éruption, des secousses

1 Sur celle question vojr., pour plus de détails, l'excellent petit volume de M. J. -B. ItitiiicSÿ intitulé : Elmhn sur le* volcan* v l’tt ris, Snvy, 1800 ■ T nul.

du .sol annoncent son approche, surtout lorsque le fond du cratère s'est comblé depuis un certain nombre d’années, et que sa Cavité en entonnoir s’est transformée peu à peu en une plaine légèrement concave. Iles vapeurs s’élèvent d’abord verticalement au-dessus du • cratère.en tournoyant et s’enroulant sur elles-mêmes. La riche imagination des Italiens les a comparées depuis des siècles au port élancé des pins indigènes. Elles servent de prélude aux puissances souterraines, dont l’activité n’était qu’assoupie, et rappellent aux habitants qu'avec elles il n’existe point de paix durable et éternelle, selon l’expression du poète. Ces colonnes de vapeur, appelées fumarolles par les Italiens, ne se manifestent dans certains volcans qu’à l’approche de l’éruption et ressemblent d’abord à de légers brouillards. D’autres volcans, au contraire, en exhalent constamment, et n’annoncent le commencement d’une éruption que par l’accroissement du volume des fumerolles et de la densité des vapeurs, jusqu’à ce qu'elles prennent l’aspect d’un lourd nuage d’orage, en-^ veloppant la tête de la montagne. Avant que les phénomènes précurseurs, formés dans le cratère lui-même, ne soient arrivés à ce degré, d’autres signes annoncent l’éruption dans la région voisine. t On commence souvent par entendre des bruits singuliers semblables au crépitement que produit, en se vaporisant, l’eau jetée sur un charbon incandescent. Ces bruits s’élèvent peu à peu jusqu’au mugissement de vapeurs qui se précipitent par une ouverture trop étroite, et à la fin se transforment en véritables détonations, semblables à de lointaines décharges d'artillerie. De légers frémissements du sol accompagnent ce fracas et croissent rapidement. Ils peuvent même devenir très-intenses, lorsque de faibles oscillations ont précédé tous les autres phénomènes. Lne détonation plus forte, qui suit ordinairement et est le plus souvent accompagnée de l’inflammation subite de la colonne de fumée, annonce le véritable début de l’éruption. Aussitôt commence l’éjaculation des matières incandescentes, qui se continue tant que dure le phénomène. Le gouffre du cratère, ouvert par cette première explosion, se remplit de lave brûlante s’épanchant en coulée sur divers points. Souvent de nouvelles explosions se produisent pendant cet écoulement et un cône de scories se forme au centre du cratère, autour du nouvel orifice d’éruption. Les vapeurs s’en échappent en nuages plus épais et plus noirs, avec un fracas plus intense. Au moment de cet acerois-

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