CHAPITRE V
scinent des colonnes de fumée, l'éruption est arrivée à son paroxysme d’activité. La lumière du jour est obscurcie par les vapeurs, et les rayons du soleil ne les traversent que considérablement affaiblis. Une poussière line et cendreuse retombe en pluie et montre cpie les nuages de vapeurs sont accompagnés dans leur ascension • de matières terreuses entraînées avec eux. Parvenues dans les cou- * clics d’air plus froides et moins agitées, elles en retombent mélangées à de fines gouttes d’eau. Elles recouvrent comme, un linceul tout le pays environnant et font périr sûrement et rapidement, soit par la chaleur, soit par la poussière, les vapeurs sulfureuses ou les acides mélangés à l’eau, les plantes et les animaux. La partie basse du la colonne de fumée a constamment un éclat lumineux et flamboyant. Il résulte de la réflexion des laves incandescentes soulevées dans le cratère et s'accroît lorsque celles-ci viennent à s’é«uu- ,
1er. Il va en s'affaiblissant graduellement par en haut et se perd dans la masse des vapeurs, formant seulement une bdrdure brillante sur les contours de leurs tourbillons. Le fracas devient de plus en plus intense ; les décharges et les détonations se succèdent de. (dus en plus rapidement et projettent les vapeurs à une hauteur vertigineuse. Souvent des corps incandescents lancés par ces explosions à travers les nuages de fumées décrivent un are, lorsque leur puis* sancc ascensionnelle est épuisée et retombent sur les flancs du cratère avee fracas. Des scories ferrugineuses, faciles à purifier sous le marteau, jonchent le sol. Elles se divisent même en l’air lorsqu'une partie de la masse informe a un poids plus élevé et possède une force d’impulsion dilférentc. Leurs fragments se dispersent alors en rayonnant de toutes parts comme un feu d'artilice. Les décharges deviennent toujours de plus en plus rapides, les détonations plus intenses, les blocs enflammés plus nombreux cl le fracas produit par la chute de leurs fragments plus violent. Des blocs de scories se heurtent dans leur trajet au milieu de. l’espace ; la violence du choc les réduit en éclats plus petits encore qui sillonnent l'air comme des bombes. De terribles tremblements de terre, rédoutés d’avance et attendus avec angoisse, se renouvellent. Le sol fléchissant sous la pression des vapeurs comprimées ondule et se déchire en crevasses qui rayonnent de tous les côtés de la mou- •»
tagne comme centre vers la plaine. Ces bouleversements sont, de tous les phénomènes, ceux qui jjÉkplissent l’homme de plus d'ef-
froi . Ils le cliassciU loin de la protection de son toit et le forcent à voir de ses yeux les grandes révolutions qui jadis formèrent les aspérités du sol et soulevèrent hors des mers le sol qu’elles livrent à l’envahissement des (lots par une nouvelle catastrophe. Cependant arrive le déclin du cataclysme si horriblement beau. Le liquide incandescent se voûte légèrement au-dessus des parties basses du cratère, la lave fondue s’écoule de divers points et celte matière visqueuse en feu serpente lentement le long des pentes du cône. Elle embrase les petits arbustes qui se trouvent sur sa route, et leurs flammes s'agitent à sa surlace. Bientôt après ces préambules, succède le grand fleuve de l’eu. La lave qui, [tendant tous ces phénomènes, s’est élevée de plus en plus dans le cratère et que des effluves nouveaux ont approchée de plus en plus près du bord, forme pendant quelque temps une sorte de bourrelet au-dessus des échancrures les plus basses, puis tout à coup s’abîme avec le fracas du tonnerre accompagné d’une terrible secousse. Aussitôt elle se précipite hors d'une crevasse qui s’est ouverte au pied du cône et jaillit d’abord comme une fontaine sous la pression de la colonne de matières supérieure à l’ouverture. Celle-ci s’élargit et le torrent de plus en plus puissant envahit les plaines fécondées par le travail des hommes. Ce courant destructeur toujours plus violent s’étend en nappe sur les surfaces planes. Le cratère devenu vide ouvre une issue aux fluides élastiques. Les vapeurs, accompagnées de la cendre qu’elles entraînent avec elles, s’élèvent dans l’atmosphère et prennent cette forme de pin qui a frappé les observateurs depuis longtemps. Ce colossal et majestueux arbre de cendres est le dernier acte tragique de tout le phénomène. Il étend sa cime chargée de désastres au-dessus des plaines et, en s’abîmant, il les recouvre pour l’éternité de son noir feuillage. Une couche de cendre de plus de 100 pieds enfouit jadis llerciilanum et Pompéi'. Les diverses phases que nous venons de décrire, avec toutes les circonstances qui les accompagnent se reproduisent de nouveau en s’atténuant peu à peu et complètent le terrible cycle d’une éruption. Enfin on ne voit plus
1 l.n couche formée nu-dessus île ces deux villes n'est pas égale. Au-dessus d'flemilnnum, <|tii est la plus prés du Vésuve, elle atteint de 70 à 112 pieds. Elle est le résultat d'au moins six éruptions, comme on l'a reconnu par les fouilles, [jc revêtement de i'ouipéi est de 12 à 20 pieds. |jt lave ne s'est jamais é| touchée dessus, les matières entassées sont seulement de la cendre et des lapilli.