‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 36 sur 295 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

carbone sc manifeste rarciuent dans les fiimarolles de la même manière que le chlore et le soufre. Il n’y apparaît que sous une forme, combiné avec l'oxygène ou acide carbonique. On l’a reconnu principalement dans les fumarolleiufcs volcans de l’Amérique du Sud. Les nombreuses sources dont les eaux rafraîchissantes, semblables à l’eau de Seltz , contiennent de l'acide carbonique qui se manifeste par un bouillonnement ou dégagement du gaz aériforme, doivent très-probablement leur propriété à l'activité de volcans au repos. —

Ces sources, en effet, que l’on appelle sources acidulées, ne trouvent presque toujours dans le voisinage de montagnes volcaniques. Beaucoup de ces régions exhalent directement de l’acide carbonique. Citons la célèbre grotte du Chien, à Naples, dont la partie basse doit ses propriétés délétères aux émanations d’acide carbonique. Co gaz existe en grande quantité dans toutes les caves de Naples, où il peut s’accumuler de telle sorte que des personnes y pénétrant après , qu’elles étaient restées fermées longtemps, ont été prises d’étourdissement et sont tombées sans connaissance. Les Italiens ont depuis longtemps reconnu son action pernicieuse sur la vie des animaux et de l’Homme, bien qu’il ne laisse voir rien de particulier dans l’atmosphère. Ils appellent mofettes les points où il s’épanche particulièrement1. — Telles sont les matières les plus importantes qui, à l'état de vapeur, constituent les fuinarolles dans lesquelles on les rencontre presque toujours, lorsque aucun autre phénomène éruptif n'accompagne ces colonnes de fumée. Leur influence sur les environs est très-variée à cause de la multiplicité des substances, et très-différente suivant les localités. Je me contente donc d’en citer une très-générale, qui consiste dans la décoloration de beaucoup de roches produite par ces vapeurs, et qu’il ne faut pas confondre avec les dépôts dont nous avons parlé. Nous avons dit plus haut que la matière colorante essentielle des laves noires était le fer magnétique’. Or, les acides, formant avec lui un combiné soluble dans l’eau, l’enlèvent et blanchissent peu à peu la lave jusqu'à ce qu’elle ressemble complètement à la craie. La fameuse solfatare, près de Naples, est une de ces roches volcaniques décolorées par les

* L'acide carbonique s'échappe surtout des volcans en repos. Les volcans de Quito, qui n'ont plus de grandes éruptions, en produisent une grande altoudanec. Il provient proliahlciucnt des carbonates de chaux voisins, dont il se sépare par calcination dan* les profondeurs, de même que le sel* de cuisine provient de l'eau de mer infiltrée jusqu’au centre volcanique.

vapeurs sulfuriques. On trouve aux îles Lipari et aux Canaries des phénomènes semblables. Du reste, certaines laves se décolorent plus aisément et plus rapidement que d’autres. Il peut doue arriver que l’on trouve sur certains volcans des zones décolorées, tandis que d’autres ont conservé leur coloration foncée.

Les cendre * que nous avons citées eu second lieu parmi les matières éruptives n’apparaissent en général qu’au milieu ou à la fin de l’éruption. Elles sont formées de roches pulvérisées qui, tantôt ressemblent à une farine grise, tantôt sont plus grossières et semblables à du gravier ; dans ce cas, on leur donne le nom de sable. Sous, ces deux formes, clics sont le résultat de la trituration et de la pulvérisation des laves. Leurs particules, petites ou grosses, sont formées par de petits cristaux de feldspath, d'augile, de fer titanique, de fer magnétique, d’olivinc et des autres parties élémentaires des laves. Emportées par les vapeurs, à cause de leur légèreté, elles ont été lancées au loin sur la plaine1. Les cendres sont la cause de l’aspect sombre des fumarollcs et de la lumière blafarde du jour pendant les éruptions. Elles se trouvent, en effet, en si grande quantité dans l’air, et à cause de leur ténuité retombent si lentement, qu’elles remplissent pour ainsi dire l'atmosphère et arrêtent la plupart des rayons de la lumière. Un n’est point encore complètement fixé sur la cause qui produit cette fine pulvérisation des laves. Il faut cependant qu’elle soit simple et puissante, vu les quantités prodigieuses de cendres rejetées, surtout dans cette fameuse éruption du Vésuve où elles enfouirent les trois villes dont nous avons

1 Erhrenbcrg, dans ses savants et nombreux travaux, n démontré que des débris organiques, surtout des enveloppes siliceuses de bacillaire» et de phytholU/iarir *, existent nonseulement dans les cendres volcaniques en poudre, mais encore dans les tufs volcaniques massifs et jusque dans les |>onces tant anciennes que modernes. Les savants qui, guidés par l’origine aquatique de ces organismes, voudraient expliquer la formation de ces produits volcaniques par voie aqueuse, »‘auraient point de romiements suffisants pour cela. faits observés viennent plutôt sc ranger avec les éruptions de boue et les poissons morts rejetés par les volcans des Cordillères, en Amérique. Ces trois phénomènes prouvent simplement que les eaux superficielles peuvent pénétrer avec leurs habitants jusqu'au centre volcanique et reparaître ensuite à la surface, rejetées hors du gouffre, mélangées aux produits volcaniques calcinés. Sous ce rapport, les découvertes d'Ehrenberg sont pleines d'intérêt et le deviennent de plus en plus par l’extension qu'elles continuent de prendre entre ses mains infatigables. Le plus intéressant, à mon avis, c'est que ces débris organiques nous donnent la preuve que certains volcans (Islande, Eifel), sont accessibles aux eaux douces, puisqu'ils rejettent des êtres organisés d’eau douce, tandis que d'autres volcans (Patagonie) rejettent des êtres marins, et d'autres enfin uniquement des matières inorganiques Ennaric«, tics Lipari). [Mémoire* de l’Académie de Berlin, juin 1810 et suivants.)

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