CHAPITRE V
200 pieds. Ce mouvement ascensionnel se continua avec'la même vitesse jusqu'en septembre 1851, époque à laquelle un nouveau cône d’éruption, formé dans l’ancien cratère, s’éleva au-dessns de ses bords. I.a lave qui s’en écoula cllaça complètement toute distinction entre les deux cratères, et, au mois d’octobre de la même année, elle s’épancha par-dessus les bords les moins élevés et forma plusieurs coulées jusqu'au pied du cône. Ce phénomène se continua pondant trois années successives à des intervalles séparés. Entin, au mois d’août 1851, le nouveau cône s’abîma au milieu de violentes secousses et laissa derrière lui un entonnoir composé de deux gouffres ^ sans fond séparés par une étroite cloison, et qui communiquaient avec l'intérieur. — Cemodc d’élévation de la lave est le plus habituel. Elle commence d’abord par soulever uniformément le fond du cratère. Plus tard, lorsque les couches supérieures sont devenues plus consistantes, il se forme sur ce plancher un nouveau cône d'éruption des flancs duquel, comme de ceux de l'ancien cratère, s’échappent de temps eu temps des coulées de lave incandescente dont les couches élèvent le sol. Elles se durcissent pour être recouvertes par un nouveau débordement. Le dernier s’ouvre une route par-dessus les bords du cratère et s’écoule vers le bas de la montagne, mais ne parcourt ordinairement qu’une faible distance. I.a principale coulée de lave a pour cause une nouvelle crevasse qui se forme à la base du cône. Elle se précipite avec d’autant plus de violence, que celte ouverture est placée plus bas dans la montagne. Ce n’est que dans les éruptions d’une intensité extrême que ces coulées sont assez puissantes pour atteindre sur-le-champ la plaine et s’y étendre1.
On admet généralement et avec raison que ce soulèvement est produit par la dilatation des gaz ou vapeurs récemment formés qui cherchent une issue. Leur expansion cause d'abord les oscillations du sol qui précèdent ordinairement les éruptions. De plus, comme leur enveloppe cède plus facilement sur les points où elle offre
* Dans Irruption tic l'Etna, du mois tic novembre 1843. In lave parcourut en X jour« (du 17 au 25) une distance de 5 milles géographique* en longueur, cl sur certains endroits atteignait 1/4 de mille en largeur. I.a crevasse qui donna issue à cette puissante roulée se trouvait à l'ouest dans la région déserte île In montagne. Elle avait -iOO pan île long sur 50 île large. Elle se forma par dix tissure* qui rayonnaient en sens divers. — Depuis la fin de l'année 1852, une autre éruption violente a eu lieu et a eau«* de grande* dévastations par ses épanchements de lave. l,es manifestations de cette nouvelle rrise ne cessèrent qu'en mars de l’année suivante; mais, au printemps de 1805. une nouvelle éruption éclata |wir le côté nord.
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moins de résistance, ils chassent cet obstaefe dans la direction du cratère, s’échappent en partie par cette voie, soulèvent peu à peu la calotte qui les couvre, lancent en l’air de la cendre et des lapilli en faisant explosion et, enfin, crevassent les flancs du cône lorsque la lave entassée dans le cratère exerce une pression trop grande sur les vapeurs enfermées dans les profondeurs, et les force à trouver une issue par ce chemin. Le. gouffre hrùlaut se vide par cette crevasse ; les vapeurs comprimées s’échappent par en haut, entraînant de la cendre et des débris de toute sorte. Aucun appui ne soutient plus la lave, qui reste dans le fond du cratère ; elle retombe dans les abimes ; l’ancien gouffre se rouvre de nouveau, et toute la série des phénomènes se répète dans le même ordre après un laps de temps suffisant pour former de nouvelles vapeurs et de nouvelles matières éruptives. Tel est le résumé de la théorie de toutes les éruptions. Nous continuerons à en étudier les détails en décrivant les tremblements de terre qui les accompagnent ou les précèdent, mais qui, en outre, peuvent encore se manifester sur de grandes régions sans aucun volcan en activité.