‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 41 sur 295 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

trée par une foule d'observations semblables. Elle trouve la confirmation la plus complète dans les tremblements de terre de la chaîne des Cordillères, montagnes où les puissances volcaniques se manifestent sur l’échelle la plus vaste. Toute l’Amérique du Sud, depuis la Tcrrc-de-Fcu jusqu'au golfe du Mexique, est traversée par uneuérie de volcans, interrompue seulement sur quelques points. Ils accompagnent toujours la chaîne des Cordillères, et la plupart du temps reposent sur scs Hanes. Au delà de Quito, cette chaîne se divise en deux branches : l’une se prolonge à l’ouest, à travers l’istlunc de Panama, et va se continuer dans le Mexique et l’Amérique du Nord ; l’autre se détourne vers l'est, du côté de la mer, à Caracas, suit la côte jusqu’aux Petites-Antilles, au travers desquelles elle s’étend par-dessous la mer et va rejoindre la presqu’ile de Yucatan, après avoir traversé Haïti, la Jamaïque et Cuba. C’est dans l’espace circonscrit par ces lignes de hauteurs que naissent les grands et terribles tremblements de terre qui secouent si souvent l’Amérique et (pii ne laissent guère passer d’année sans l'ébranler plus ou moins. Ils suivent exactement la direction de la grande chaîne de montagnes, et s’en écartent si peu qu’elle est, pour ainsi dire, le foyer d’ébranlement d’où partent les plus violentes commotions du sol. Le centre de chaque secousse est toujours situé au pied de la chaîne principale, tantôt à l’est, tantôt à l’ouest, et elle se propage soit par en haut, soit par en bas avec les diverses modifications que lui font subir les circonstances particulières.

Cependant ce mode de propagation n’est pas le seul que présentent les tremblements de terre. Un a quelques exemples, bien avérés, où des chaiucs de montagnes ont été coupées en travers et où la commotion s’est transmise d’un versant à l’autre. Les plus fréquents de ces tremblements de terre ont été observés dans le Mexique. Ils sont causés par celle suite de volcans situés sur une même ligne dirigée parallèlement aux montagnes des iles Jamaïque, Haïti et Porto-Rico, et qui coupe l’isthme de l’ouest à l’est, à travers les Cordillères. Dans ce cas, Ja direction d'ébranlement ne suit pas la chaîne principale, mais la ligue de volcans qui la traverse. Au fond, ce n’est qu’une direction modifiée dans laquelle il n’y a rien d’essentiellement différent. Mais on a pu observer des tremblements de terre transmis à travers des chaînes de montagnes en dehors même de ces conditions. Citons le tremblement de terre de Cumana, dé-

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crit par A. de Humboldt ; un autre, entre Gènes et Borghcra, à travers les Apennins; un troisième, entre Sciacca et Païenne, durant qu’une île nouvelle apparaissait dans la Méditerranée, île dont nous parlerons plus loin. Citons encore le tremblement de terre qui, le 25 juillet 1855, détruisit la petite ville de Vi spach dans le Valais, à l'embouchure de la Yisp dans le Rhône. Il étendit son action jusque dans la vallée de Saase, et se lit fortement sentir sur le versant sud du puissant massif du mont Rose1.

Pour bien comprendre les bouleversements que les tremblements de terre peuvent elfectuer à la surface du Globe, les ruines des constructions humaines nous apprendront moins que la vue des modifications réelles qu'ils exercent sur le sol. Il faut cependant remarquer ipie la plupart des grands tremblements de terre de la période actuelle ne produisent aucun changement considérable, mais sc bornent à de simples oscillations du sol d'une courte durée. Les secousses d’une violence extrême agissent seules avec plus d’énergie et occasionnent des changements de niveau de degrés très-divers, mais consistant toujours en soulèvements ou en affaissements. (Juant aux premiers, on a observé de véritables soulèvements de la masse entière du sol, mais bien plus rarement que l’accumulation de matières nouvelles jetées au dehors par des crevasses et causant uu changement de niveau par leur entassement. Il se produisit un véritable soulèvement* du sol dans le gigantesque phénomène qui précéda la formation du nouveau volcan mexicain le Jorullo, le 28 septembre 1 759. Le sol se souleva comme un dôme sur ime étendue de plus de 4 milles carrés. La hauteur au centre atteignait 500 pieds. Plusieurs crevasses sillonnaient cette ampoule et de petits cônes de G à 1(1 pieds de hauteur s'élevèrent sur leur parcours. Au milieu d’eux s’ouvrit le volcan principal au-dessus d’une vaste crevasse dirigée de l’O.-N.-O. vers l’E.-S.-E., à peu près dans la direction que suit la ligne de. volcans à travers le Mexique. Il s’éleva

1 Voir mes observations sur ce Lient l»le ment de terre, dans la Gazette des sciences naturelles. 1855, vi, 1-10.

* Le* communications les plus récentes «PE. Schleiden sur l’état actuel de la contrée, qui subit ce Itou h* versement, mclteul en doute le soulèvement du sol. Tivs-pr«>1»blemoiil il n’v eut «pi'une accumulation rapide de lave réduite eu frapueuts. Il serait cependant Lres-ditticilc «le déei«ler par Pcxamcn des matières entassées actuellement, si l'éruption ne lut pas précédée d'un soulèvement et si uue partie des couclu's soulevées u conservé sa nouvelle position. Voy. 11. Froriep, l*rinjrès de la yöogru/ihic et tic i histoire nain relie, vol. II, p. 14.

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