‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 42 sur 295 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

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bientôt jusqu'à la hauteur de 1,500 pieds. Il vomissait continuel lement des Hammes accompagnées de fumée, lançait des masses- incandescentes et resta, jusqu’au mois de lévrier 1760, en activité presque ininterrompue. Au commencement de notre siècle, lorsque de Humboldt visita ce pays, il fumait encore et les petits cônes appelés honiitns (orifices) émettaient constamment des vapeurs brillantes.

Un phénomène analogue s’était déjà produit en un seul jour 221 ans plus tôt à Pouzzoles sur le golfe de Naples. Des secousses répétées ébranlaient cette contrée depuis des années et, le 28 septembre 1558, avaient déchiré le sol par de nombreuses crevasses. Une partie de la côte s’était élevée et le point ou naquit plus tard la montagne s’était sensiblement tuméfié. — La nuit suivante vers une heure commença le véritable soulèvement. Un vaste gouffre s’ouvrit et en deux jours une montagne se forma au-dessus de lui. Aujourd'hui encore sa hauteur est de plus de 400 pieds et son conteur de 8,000. Son sommet est occupé par un cratère, Sur le bord tourné vers le sud, on voit une couche de phonolithe à surface scoriliée. Les flancs du cratère sont principalement composés de tufs ponccux et de grands blocs de scories poreuses, produits de l’éruption qui dura jusqu’au 6 octobre et créa le Monte Nuovo dans sa forme actuelle. Depuis, le volcan est toujours resté en repos. — Ces deux phénomènes, que nous avons choisis parmi beaucoup d'autres semblables, parce qu’ils nous ont paru être les plus considérables des temps modernes, non-seulement jetent la lumière la plus vive sur la formation des volcans d’après le mode que nous avons décrit ; mais ils font encore voir quels effets gigantesques, peuvent amener les tremblements de terre sans les causer directement et quelles prodigieuses commotions et bouleversements durent éprouver les couches terrestres voisines, lorsque des montagnes volcaniques, comme l’Etna, le Mowna Roa à Oveilii, le Pic de Téucril'fe et les puissants volcans du plateau de Quito, apparurent et se formèrent.

L’importance de ces phénomènes est incontestable si nous nous représentons la formation de ces puissants volcans de la même manière que nous avons vu naître le Jomllo ou le Monte Nuovo. Mais d’un autre côté, il ne faut pas oublier que, malgré la violence avec laquelle ces derniers gouffres ignivomes déchirèrent la croûte ter-

restrc, l'élévation du sol n’cst que locale cl très-bornée, et est évidemment due plutôt à l’entassement de matières nouvelles qu'au soulèvement des couches primitives. On peut objecter que quelques phénomènes volcaniques ont produit des changements de niveau du sol considérables sans aucune accumulation de matières éruptives, et même, ce qui est plus important, sur de vastes étendues.

Un des plus récents, du moins un des mieux observés, est le soulèvement de la côte du Chili, depuis Copiapo jusqu'à Cliiloe. Ce mouvement commença le 20 février 1855, avec de violentes secousses du sol. Il s'étendit, non-seulement le long des cotes, mais encore dans la partie correspondante de la chaîne des Cordillères, fut accompagné d’épanchement de lave sur l’Osorno et prolongea son action jusqu’à l’ile de Juan-Fernandez. L’effet le plus important fut un soulèvement du rivage de la mer à une hauteur de 4 à 5 pieds. Ensuite il s’affaissa peu à peu et six semaines après retomba à 2 pieds, élévation qu’il a conservé depuis. Entre toutes les régions de la terre, le Chili semble être le pays qui a éprouvé les changements de niveau les plus fréquents jusque dans les temps historiques. D’après les recherches de Darwin, les côtes à Coquimbo présentent au moins cinq terrasses. Le même observateur estime le soulèvement du sol, en certains points, à 1,000 ou 1,500 pieds et en moyenne à 400 où 500. Ce changement considérable de la terre ferme par rapport à la mer a dû se produire depuis la période diluviale, ou du moins ne date pas d’une époque très-ancienne. En effet, les coquilles des mollusques qui habitent encore les mers voisines se trouvent dans les sables des plages en question. Du reste la fréquente répétition de ces soulèvements sur les côtes du Chili est si peu contestable, que ce phénomène y a déjà été observé plusieurs fois. Il se produisit au milieu de violentes secousses pendant la période de temps qui s’écoula du 19 novembre 1822, jusqu’en septembre de l'année suivante. L’élévation moyenne au-dessus du niveau de la mer atteignit 4 pieds et on remarqua sur certains points un changement de niveau de 11 pieds 1/2. Le soulèvement fut même plus marqué à l’intérieur du pays et, à une distance de 2 milles du rivage, il oscillait entre 5 et 7 pieds. Il est impossible de ne pas admettre que ces soulèvements ne soient le résultat des puissances volcaniques, surtout lorsqu'on se rappelle qu'ils sont

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toujours accompagnes de tremblements de terre et des autres phénomènes volcaniques*..

Pour bien saisir toute l’étendue des modifications que les tremblements de terre peuvent apportera la configuration du sol, il est très-important de tenir compte des effets qu’ils produisent sur la mer. il n’est pas un tremblement de terre de quelque intensité qui, se faisant sentir le long des côtes de l’Océan, n’ait violemment bouleversé cet élément et n’y ait causé des changements de niveau. Pline, le plus ancien narrateur des phénomènes qui accompagnèrent l’éruption dn Vésuve de l’an 79 de notre ère, parle d’un recul considérable de la mer, qui ne put être causé que par le soulèvement du rivage ou bien par des oscillations du sol transmises à l’élément mobile/ Dans l’éruption du Monte Nuovo, décrite plus haut, la mer recula d’environ 200 pieds, recul qui s’explique de soimême, puisque avec la formation de la montagne il se produisit un soulèvement général du sol attenant. Mais la mer ne recule pas toujours, souvent au contraire elle s’élance par-dessus ses ancien-

* Le soulèvement continu de la Suède est un phénomène d'une autre nature, que nous citons ici seulement à cause de ses ressemblances apparentes. Depuis bientôt cent ans que l'attention a été attirée sur ce fait curieux, d'abord par Celsius, nous pouvons considérer comme parfaitement établi, surtout par les observations de L. de Buch, que toute la côte de la Scandinavie, depuis Friedericbshall jusqu’à Aho en Finlande, s'élève lentement audessus du niveau de la mer, et que ce soulèvement, pendant la période historique, a été d’au moins 200 pieds. Il décroît sensiblement à mesure que l'on s’avance vers le sud, et devient insensible sur la côte de Schonens. Au contraire, il est encore apparent à Stockholm et devient très-prononcé à Tornao et Pitao, point oô, dans l’espace de 50 ans, le rivage est sorti de l'eau sur une largeur de 1 mille. La moyenne de l'élévation parait être de 40 pouces par siècle. Le mouvement d’ascension n'a {tas toujours été continu : il a été interrompu par des alTaissements, comme le prouvent quelques faits et entre autres une cabane de pécheur trouvée près de Stockholm, à une profondeur de 00 pieds au-dessous du sol. Jadis elle était sur le rivage de la mer. Il faut conclure de ce fait que la Suède s’élève et s'affaisse alternativement, ou "du moins qu'un affaissement a eu lieu autrefois. Ce phénomène, si singulier qu’il puisse paraître, sc trouve confirmé par ce qui s’est passé sur les côtes du golfe de Haïes, où se trouve le célèbre temple de Sérapis si souvent cité. Ses colonnes sont criblées de trous creusés par des coquilles marines lithopliages à une hauteur de 25 à 28 pieds au-dessus du niveau actuel de la mer. Ce fait, parfaitement établi d’alxird par Fr. Hoffmann ( Archiv fie Kargten, m, p. 374) et ensuite par Lyell, concorde parfaitement avec les phénomènes Scandinaves. 11 faut cependant reconnaître que les tremblements de terre et les actions volcaniques, qui ont évidemment produit les oscillations de niveau à Baies, ne paraissent nullement être la cause du soulèvement de la Suède, ou que du moins nous manquons absolument d’observations dans ce sens. Mais ce phénomène est local et se liorne uniquement au nord de la Scandinavie. En effet, on n’a pas observé d’accroissement de rivage semblable au sud de la mer Baltique, sur les côtes d’Allemagne, et à l'ouest sur les rivages du Danemark, accroissement qui se serait nécessairement manifesté si on pouvait considérer le soulèvement de la Suède comme seulement apparent et si on voulait chercher l’origine du recul des eaux sur le rivage dans un abaissement du niveau de la mer Baltique.

ncs limites. Nous citons particulièrement le tremblement de terre de Lisbonne. Une demi-heure après la première secousse violente du 1 novembre, le Tage commença à se gonfler, et s’éleva 40 pieds plus baut que dans les marées les plus fortes. Il retomba, bientôt après, plus bas qu'on ne l’avait jamais vu et oscilla ainsi plusieurs fois s’élevant et s’abaissant. En même temps que ce mouvement du Tage, on remarqua des oscillations dans l’océan Atlantique, sur scs rivages occidentaux et. orientaux. Leur effet se propagea jusque dans la mer du Nord et fut ressenti à Glückstadt sur l'Elbe, vers onze heures 5(1 minutes. La plupart des grands lacs, surtout ceux de la Suisse, furent agités. On observa des mouvements jusque dans ceux de la Marche de brandebourg et de la Suède. Peu de tremblements de terre se sont fait sentir sur une aussi grande étendue que cclni-ci et aucun autre n’a produit des elTels aussi simultanés sur les régions les plus diverses et les plus éloignées. A la même heure, les sources de Teplitz cessèrent momentanément de couler. Le Vésuve qui depuis huit heures était en éruption, rentra en repos au moment de la secousse qui détruisit la ville. La marée s’éleva à une grande hauteur sur toutes les côtes des iles de l’Amérique. Ce fait, joint au débordement postérieur du Tage, indique non-seulement la violence de la secousse, mais fait encore connaître sa direction qui rayonna de tous côtés autour de Lisbonne. Le Tage ne put donc se grossir que lorsque les eaux de l’Océan, chassées d’abord à l’ouest, revinrent à leur niveau, et, obéissant aux lois de l’hydrostatique, sc soulevèrent ensuite à l’est pour osciller entre ces deux bornes et reprendra peu à peu leur équilibre normal. — Les iles américaines ont éprouvé, à la suite de tremblements de terre, des soulèvements de la mer bien plus violents encore. Aucune de ces iles n’est plus souvent ébranlée que la Jamaïque et aucune aussi rarement que Cuba. La première, jetée au milieu de la mer des Caraïbes et la plus écartée des Antilles, ne possède aucun volcan en activité. Peut-être ce fait est-il la cause des fortes secousses qui s’y font sentir plus ou moins fortement presque chaque année, l'ne des plus violentes eut lieu le 7 juin 1692. Elle détruisit Kingston presque entièrement. La mer fut tellement soulevée pendant ce tremblement de terre, qu’elle pénétra dans les rues de la ville et qu’une frégate, qui était en carénage, fut lancée au milieu des débris des maisons. — Le tremblement de terre deLima du 28 octobre 1 746, accompagné aussi d’un puissant

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