‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 43 sur 295 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

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soulèvement des flols de la mer, fit de grands ravages. En vingt-quatre heures on compta environ 200 secousses. Après la plus violente de toutes, arrivée le soir à dix heures et demie, la mer s’éleva dans la nuit de 80 pieds environ au-dessus de son niveau habituel et anéantit si bien le port de Callao avec ses habitants au nombre de 5,000, que, lorsqu'elle se fut retirée, les fondements des fortifications étaient seuls reconnaissables. Plusieurs navires à l’ancre dans le port furent entraînés au milieu des maisons et quatre d’entre eux lancés jusqu’à une lieue dans les terres au milieu des fermes et des jardins. Leurs équipages furent à peu près les seuls individus (pii échappèrent au désastre.

Outre les mouvements de l’Océan produits sur les côtes par les tremblements de terre, on en a encore observé au milieu de la mer libre. Ils doivent d’ailleurs y être assez fréquents, mais il est rare que le hasard ait amené des vaisseaux dans leur voisinage pour les observer. Le voyageur Schavv eut occasion d’assister à un de ces phénomènes, lorsqu’il traversait la mer Méditerranée sur un vaisseau algérien, en 1724 (le jour n’est pas indiqué : voyez son voyage, t. 1, p. 503). On ressentit trois fortes secousses successives, et le navire fut ébranlé comme si un grand fardeau d’un poids de 50 tonnes lût tombé sur lui. Celte même année, le Vésuve était en activité et de violentes éruptions eurent lieu sur le Krabla en Islande. L’équipage d’un vaisseau anglais observa des faits tout à fait semblables pendant le tremblement de terre de Lisbonne. 11 éprouva une violente secousse à 5(1 milles marins du rivage, lorsqu’il se disposait à faire voile vers cette capitale*. BulTon a recueilli plusieurs exemples anciens (Théorie de la terre, ch. xvi), cités par Hoffmann ((ouvres l. Il, p. 552) dans son excellente description des phénomènes volcaniques.

Outre l’agitation des flots, les tremblements de terre d’une certaine intensité produisent encore fréquemment des soulèvements dans l’Océan. Beaucoup de mes lecteurs n’ont pas encore oublié le phénomène intéressant d’une île (pii surgit hors de la Méditerranée, en juillet 1831, en face de la petite ville de Sciacca, à

* IiC bricV Wrriliiir nl»*orvn un phénomène do mémo nature nu nord do la Nnuvello- Brolajme, dau* le Grand (tarait. Il Iruuvn dans celte région un banc on forme do demilime do 5 mille* marin* on Inugucur ol 1/2 mille en largeur, à 10 pied* nu-dossou* du niveau de In mer. Un puissant jel d’eau Itnuillnntn sVn élançait continuellement jusqu'à une hauteur «le IftO pieds. G.

HISTOIRE PE 1,\ CRfiATIOM.

8 milles de la cèle de Sicile, dans la direction de Pantcllaria, et qui occupa alors toutes les gaz.ettcs. Vers la lin de juin on avait ressenti plusieurs secousses peu importantes, qui se pro|>agèrcnt à travers la Sicile dans la direction de Païenne. Le 12 juillet on aperçut près de Sciacca une grande quantité de scories poreuses nageant sur la mer, et on constata en même temps de puissantes émanations d’hvdrogènc sulfuré. Des pêcheurs, qui allèrent à la mer, mais n’osèrent s’éloigner des côtes, à cause des nuages menaçants, trouvèrent les Ilots tellement recouverts de ces fragments

Fig. 7. — éruption de l'ilt: Kerilin union.

de scories, qu’ils durent se frayer un passage à l’aide de leurs rames. Ils ne furent pas moins surpris en apercevant une foule de poissons morts surnageant au milieu des débris. Le lendemain les nuages dis|>arurcnt, et on distingua à l'horizon une colonne de

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