‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 5 sur 295 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

révolutions de la surface du Globe, on a un motif de plus de l’admettre comme un fait acquis. Telles sont les raisons qui justifient le vulcanisme, tout autant que le neptunisme peut l'être par ce que nous avons dit plus haut sur les assises terrestre» stratifiées.

Mais il ne suffit pas d’admettre la possibilité du vulcanismc, comme on la peut déduire de la rencontre à divers points de la surface du Globe de masses cristallines sans fossiles. Cette, théorie réclame encore pour soi la priorité dans la formation de la Terre. Elle affirme que le Globe à l’origine n’était composé que d’une matière fluide de fusion ignée, peut-être même transformée en vapeurs, et que peu à peu, par le refroidissement successif des couches extérieures, il passa de cet état à l’état solide. Elle s’efforce de prouver cette assertion par l’existence des volcans actifs, encore aujourd’hui et par la ressemblance de leurs déjections avec les roches cristallines ou compactes sans fossiles. Elle s’appuie surtout sur l’accroissement de la température à mesure qu’on descend dans les profondeurs de la Terre, et sur l’observation de corps célestes appartenant à notre propre système solaire qui sont encore en partie à l’état de vapeurs, ou bien |>osscdcntun degré de densité différent. Le vulcanisle admet donc à l’origine des choses un état de fluidité du Globe, non pas de fluidité aqueuse, mais de fluidité de fusion. Il reconnaît non-seulement le dépôt régulier de toutes les matières telluriques fluides autour d’un point central ; mais encore il affirme que ce procédé est Tunique possible si son opinion est juste. Il proclame de plus le dépôt en couches des matières refroidies et leur superposition réciproque obéissantaux lois de leur pesanteur spécifique. 11 concède que les assises stratifiées avec fossiles peuvent être considérées comme dé|)ôts des mers primitives, (pii, en qualité d’élément plus léger, durent s’étendre au-dessus de l’écorce terreuse ou pierreuse. .Mais il refuse d’admettre avec les neptuniens que, à l’origine, des roches cristallines s’élevaient au-dessus des couches primitives les plus anciennes de l’écorce terrestre refroidie et que ce fut au pied de ces roches, considérées comine leur noyau solide, que se déposèrent les masses stratifiées. Il affirme tout au contraire que l’écorce devenue solide était déchirée de temps en temps par diverses causes et que des matières en fusion ou ramollies par la chaleur jaillissaient de ces crevasses, se durcissaient dans un milieu plus froid et se solidifiaient. Ces masses, en continuant leur action, soulevèrent sur leurs

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flancs les couches stratifiées qui les recouvraient et donnèrent naissance airf premières terres fermes. C’est alors qu’eut lieu la séparation'de la terre rt de l'eau. L’inégalité du sol, l'obliquité de ses assises causée partie soulèvement des montagnes, deviennent ainsi des phénomènes naturels restés au contraire inexplicables pour le neptunien exclusif; phénomènes qui, reproduits par des causes identiques et analogues, se répétèrent jusqu’à ce que peu à peu toute la terre ferme actuelle émergea au-dessus du niveau de la mer.

S'il y eut jamais hypothèse impossible à démontrer empiriquement par le témoignage des yeux, mais appuyée sur des faits qui paraissent lui donner une grande force, ce fut l’hypothèse vulcanienne que nous venons d'exposer. Tous les phénomènes de la surface de la terre militent en sa faveur et la confirment d’une façon admirable ; aussi lui accorderons-nous à bon droit le premier rang et nous n'attribuerons qu'une importance accessoire à l'action neptunienne. Non pas que nous voulions ou puissions contester la part importante que l'eau a toujours prise dans les influences qui ont contribué a tracer les contours de la surface du Globe : nous croyons au contraire qu'à ce point de vue l'élément humide a joué un plus grand rôle que l’élément igné pour donner la forme et modeler. Mais nous n'admettrons jamais aucune autre influence que des causes vulcaniennes pour expliquer l'origine de ces mouvements puissants de l’eau, et nous attribuerons la source première et le principe de toutes les révolutions ou transformations du Globe au vulcanisme.

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