CHAPITRE VII
Phlégréens. A partir de ce point, la ligne se détourne vers les îles Lipari. dont les éruptions continues, surtout du Stromboli, sont connues de tout le monde. Ile là elle passe en Sicile, où elle trouve son loyer princi|ial dans l’Etna. On rencontre plus loin les volcans de boue ou salses de Girgenti, l’ile Pantellarie et l'éruption sousmarine près de Sciaeca, (pii permettent de suivre ce rameau détaché à PO. Dans la mer Égée, on retrouve sur la grande ligne Santorin et ses îles secondaires citées déjà plusieurs fois, Milo, Paros et la langue de terre de Méthnne, sur laquelle s’édifia un cône dans les temps historiques (200 av. J.-C.), dont Ovide nous a laissé en quelques vers une peinture si vivante. ( Métam ., XV, 296-306.)
Après ces deux principaux systèmes de volcans s’étendant l’un le long des rivages des grandes régions continentales, le second les traversant de l’ouest à l'est, nous arrivons aux volcans insulaires complètement indépendants des précédents et éparpillés dans l’océan Austral, où ils ont donné naissance, sinon à toutes les iles, du moins aux iles hautes. Ils forment le noyau des Sandwich ', des Gallopagos, des Marquises, des iles de la Société et des Amis*. Ils circonscrivent dans l’océan Pacifique une grande ellipse, dont le côté occidental est formé par les volcans de la chaîne occidentale de l’Australie constituée par les Nouvelles-Hébrides, les iles Salomon et la Nouvelle-Guinée ; elle se rattache aux volcans des Moluques. Il est plus exact d’admettre une ligne volcanique qui, courant de l’O.-N.-O. vers l'E.-S.-E., commence à la pointe occidentale de la Nouvelle-Guinée, se prolonge à travers les groupes d'iles du S.-O., embrasse dans un arc étendu les côtes de la Nouvelle- Hollande, situées en face, et cnlin vient aboutir sur la moitié se|>tentrionale de la Nouvelle-Zélande. Cette dernière île est traversée par une zone volcanique du N.-E. au S.-O., connue l'Islande. Les volcans insulaires des iles Sandwich peuvent se rattacher au système du Mexique, les Gallopagos à celui de Quito, les iles de la Société et des Amis à celui de la Bolivie, et file Saint-Félix avec Pile Juan Fernande/, à la chaine volcanique du Chili. Tous ces
* l a |ilus grande des He» Sandwich, llnwnï, renferme» le volcan la plu* élevé, le Manila Iam, dont h» sommet est à 14,000 pieds. I/* cratère ne se trouve point & celte hauteur, mais sur le versant nord-est, à une élévntion de 3.600 pieds. Il a presque 5/4 de mille en diamètre. TH» juin à noveinhnt 1850, il s'en écoula jusqu'à la mer uu courant de lave de 1 mille de large et 25 milles de longueur. I».
* Darwin estime à 2,000 le nombre de cratères sur res gmii|tes d'iles. (î.
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groupes et les volcans correspondants d’Amérique sont sous un même parallèle. Les volcans découverts par J.-C. Ross sur la Terre- Victoria sont complètement isolés des autres montagnes ignivomes. L’un d’eux, l’Erebus, situé sous le 181° de long. E., et le 76° de lat. S., forme une île conique dénudée, haute de 11,700 pieds et couverte déglacé. Il était en pleine activité lorsque Ross le découvrit; l'autre paraissait éteint. L'ile Oster, complètement isolée dans l’Océan, a un cratère de 1,100 pieds de haut.
Itans cette esquisse géographique de la répartition des phénomènes volcaniques à la surface de la terre, nous n’avons tenu compte que des volcans en activité. Nous manquons d’observations sur les volcans éteints, ou simplement sur les cônes de soulèvement, et nous ne pouvons tirer des conclusions sur leur distribution. Mais si nous avions voulu, comme la ressemblance des roches nous y autorisait suffisamment, considérer toutes les montagnes de basalte nu de traduite isolées ou groupées sur les continents comme des matières volcaniques de nature éruptive, et par conséquent comme des cônes de soulèvement, l’extension des phénomènes volcaniques serait devenue beaucoup plus grande qu’elle n’apparaît par la description donnée plus haut. Jetons seulement un regard sur l’Europe centrale, la région du monde la mieux connue; nous y rencontrons partout des cônes de basalte ou des montagnes basaltiques qui ont déchiré les assises stratifiées des formations neptuniennes et se sont étendues à leur surface, comme il devait arriver par suite de l'état de fusion ignée où se trouvaient leurs matières au moment de leur apparition. Les rives du Rhin, de Bingen à Bonn, sont bordées de masses volcaniques. Le lac de Laaclier, près d’Andernach, est un cratère rempli d’eau ; l’Eil’el et le Siebengebirge forment un système de cônes volcaniques du nombre desquels la chaîne de montagnes a pris son nom. Raus la liesse, on trouve l'Hahichtswald, près de Cassel, le Meissner, le cône près de Schwarzenborn, les pics les plus élevés des deux séries de cônes basaltiques courant du nord au sud; elles embrasse n! entre elles la vallée de Kulde et se prolongent jusqu’au Weser, au delà de Minden. An sud et à l’est, deux lignes se rattachent au Rbôiiegebirge, et à l’ouest un groupe de montagnes volcaniques, composé de cônes de basalte, sc relie au Vogelsberg, montagne de formation semblable. Dans la Suisse saxonne, le grand Winterberg est un cône basaltique, et en Bohême le Mittelgebirge,
CHAl’lTHE VII.
situé entre l'Engebirge et l Elbe, est composé de cônes phonolithiques tonnant un groupe pittoresque à la limite orientale de la vallée de Tcplitz. La Souabc n'est pas moins riche en formatidhs volcaniques, mais elles n'atteignent point les mêmes dimensions. Un les rencontre surtout aux environs d’Lracli, où elles surgissent sur le versant nord-ouest des Alpes dont elles ont probablement causé le soulèvement. Les volcans éteints, les plus complets et les plus beaux que nous connaissions dans l’Europe centrale, sont ceux d’Auvergne. Une ligue parfaitement marquée de cônes basaltiques et tracliy tiques y court du nord au sud. Le point le plus élevé, le Mont-Dore, est à 5,800 pieds au-dessus du niveau de la mer. Le plus célèbre de tous est le Puy-de-Dôme, situé à 5 milles au nord du précédent, au milieu de la c haine. Il forme un grand cône, assez élancé, d’une élévation de A, 500 pieds et composé de beaux trachytes. Son sommet est légèrement concave. Quelques autres, tels que le Puy-dc-Pariou et le Puy-dc-Caumc, ont mieux conservé leur cavité cratériforme.
L’espace nous manque pour continuer plus loin ces intéressantes recherches. Notre but n'était nullement de donner une description complète de toutes les formations volcaniques de la Terre1. Nous avons voulu seulement faire voir comme elles sont disséminées çà et là, et qu’on les rencontre partout dans certaines positions. A la linde cette étude, nous pouvons conclure que les volcans éteints cl actifs et tous les produits volcaniques forment un des éléments constitutifs dn Globe, qu’ils sont répartis sur toute la surface de la Terre, et qu’ils y apparaissent tantôt isolés, tantôt en groupe, dans les plaines ou même la mer ; tantôt enfin disposés en séries longeant surtout les côtes, ou bien accompagnant, à l'intérieur des terres, les grandes arêtes tracées par les montagnes.
Cette différence est digne d’attention ; elle nous a conduit à distinguer deux systèmes de volcans, les volcans ijrimpét autour d’un centre et les volcans en série linéaires. Cette distinction doit avoir une valeur ayant une autre raison d’être que la forme extérieure. Elle nous apprend que les puissances volcaniques, dans leurs manifestations souterraines, s'ouvrent des passages de deux façons différentes. Ou bien leur effort agit verticalement par en haut en rayonnant autour du centre, ou bien il diverge dans des
1 Un trouvera une description géopnt|>lii<(ue complète de tous les volcans du GIoIhî , laits lo xiv* clinp. des Études sur les volcans, du N. J. U. Hautes. Tr.)
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directions opposées. Dans le premier cas, l'écorce terrestre est déchirée seulement sur un point, et les matières éruptives s’entassent autour (fe lui en l'orme de cône comme aulour de l'orifice d’un puits , jusqu’à ce que le cratère principal soit achevé. S’il demeure ouvert, les écoulements, en se répétant d’années en années, accroissent constamment les couches inclinées du cône. Mais s’il vient à s’obstruer, les matières éruptives cherchent une autre issue bientôt ouverte dans le voisinage, au pied de l’ancien cratère, et il se forme de nouveaux cônes d’éruption plus ou moins grands. Le premier cratère reste pour les suivants le point central, le loyer du système éruptif, d’où nous lui avorts donné le nom de volcan central. En jetant un coup d’oeil en arrière sur la répartition des volcans actifs, nous trouvons que les volcans centraux sont presque toujours isolés et sans connexion avec d’autres systèmes de montagnes. Us apparaissent souvent seuls, surgissant an milieu de la mer, et on les voit aussi bien éloignés des côtes, comme dans l’océan Austral, que dans leur voisinage, comine les îles Lipari,- les Canaries, les îles du Cap-Vert et l’Archipel des Gallopagos dans l'océan Pacifique. Tont autres sont les volcans en sérié linéaire. Leur disposition longitudinale est le témoignage d'une activité multiple, qui ne s'est pas manifestée autour d’un centre, mais s’est exercée en divers points sur le parcours d’une longue crevasse formée dans la croûte terrestre. Dans les volcans centraux, la calotte solide opposée à la force volcanique était égale de toutes parts , et fut déchirée immédiatement au-dessus de son foyer, où se trouvait l'épaisseur la moins étendue à traverser ; au contraire, dans les volcans alignés, la calotte du foyer volcanique était déjà fissurée, lorsque la force éruptive commença son action, et les couches se prêtèrent mieux par un léger écartement à se laisser crevasser dans une direction donnée, qu'à se laisser trouer verticalement. Le léger écartement et l’ancienne déchirure se confondent si on les considère de plus près, puisque l’un est la cause de l’autre. Peut-être ce fut une déchirure de cette sorte, qui partout fut l’unique cause déterminante de la formation-des volcans alignés. Cette opinion s'appuie sur le rapport qui existe entre les volcans en rangée et la terre ferme, leur parallélisme avec les rivages et leur dépendance de grandes chaînes de montagnes. Si on pouvait démontrer que les montagnes elles-