CHAPITRE VIII
viennent encore appuyer cette opinion. Aujourd’hui, en effet, on admet assez généralement que ces météorites sont des corps particuliers disséminés dans l’espace et qui, circulant autour d’un corps central, le Soleil pour la plupart des astronomes, la Terre pour quelques autres, sont tombés dans la sphère d'attraction de notre planète et ont été attirés à sa surface. Le mode suivant lequel le fer est contenu dans les météorites peut encore nous éclairer sur la nature de celui du centre de la Terre. De plus, comme ce métal a une très-grande tendance à se combiner chimiquement avec d’autres corps, sa présence ne doit pas se borner à l’état natif, mais on peut présumer qu’il existe à l’intérieur de la Terre dans diverses combinaison.
Ces considérations, malgré toutes les probabilités qu’elles renferment, ne prouveront jamais rien de certain. Mais nous |>ossédon.s d’autres faits qui jeteront une lueur plus positive sur le problème on question. La plupart des métaux, et les plus nobles, se trouvent surtout dans les couches les plus inférieures de l’écorce terrestre, soit dans les dépôts cristallins dont l'origine de fusion ignée ne souffre plus de doute, soit dans les plus anciennes strates neptunicnnes. Les métaux ne sont pas renfermés dans ces roches sous forme de mélange régulier, mais ils sont rassemblés sur des points particuliers du dépôt, points que l’on nomme (lions ou gisements, suivant leur forme. Tous deux sont évidemment dus à des crevasses qui, dans les filons, se propagent surtout verticalement ou obliquement et, dans les gisements, dans le sens horizontal. Le métal s’est introduit dans ces fissures lorsqu’elles existaient déjà dans la roche. Ces matières métalliques se composent, ou bien de métal pur, ou d’une substance cristalline terreuse, ou enfin souvent d’un mélange des deux. En examinant ces crevasses, on a encore reconnu que beaucoup d’entre elles se rétrécissent par en hautet se perdent au milieu de la roche, tandis que par en bas elles s'élargissent fréquemment et pénètrent toujours si profondément que leur point d’origine ne peut être découvert ou, comme dit le mineur, va se perdre dans l'insondable profondeur. De plus, dans beaucoup de cas, le remplissage qu’elles contiennent porte les caractères évidents de matières liquides injectées de bas en haut. Dans un grand nombre de filons sans continuité, les matières semblent être arrivées sous forme de vapeurs et s’être lentement déposées en cristaux sur les
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parois par voie de refroidissement. Il est même souvent très-clair qu’il existait déjà auparavant une matière de remplissage, qui plus tard fut suivie dans le même trajet par une autre. Celle-ci est ordinairement métallique et s’est entassée sur la matière terreuse1.
Tous ces faits admettent une seule interprétation, à savoir que ces roches sillonnées de filons ont été déchirées de bas en haut par de nouvelles forces longtemps après leur formation, et que des matières liquides ou gazeuses s'introduisirent dans ces fissures et s’y déposèrent à l’état cristallin ou amorphe, suivant que le phénomène de séparation fut lent ou rapide, avec ou sans troubles venant du dehors. Maintenant, il est évident que des matières injecté«; de lias en liant dans d’autres corps doivent être situées au-dessous de ceuxci. Mais il suffit simplement de quelques observations sur les gisements métalliques dans la croûte terrestre, pour se convaincre que ces métaux aussi ont dû se trouver auparavant au-dessous des matières'dans les crevasses, fissures ou fentes desquelles ils sont recelés aujourd’hui. Nous sommes donc arrivés au même résultat par une voie tout autre et entièrement différente de la précédente, et nous avons reconnu que les couches situées au-dessous de la croûte terrestre sont des matières métalliques probablement encore actuellement à l’état de fusion ignée.
Le remplissage des liions nous apprend encore que le noyau métallique de la Terre ne peut pas être uniquement composé de fer ; car, outre ce métal, on y rencontre tous les autres et dans les combinaisons les plus diverses. Tous nos métaux nobles nous viennent de ces filons. Quant à ceux qui ont une autre origine et qui, comme l’or, sont trouvés dans les sables des rivières, ils proviennent aussi indubitablement de filons ; mais ils ont été entraînés mécanique-
1 Werner, d’accord nvec «a théorie neptnnienno, expliquait le remplissage des filons au moyen «le dépôts laissés par l'eau introduite par en haut dans les fissures. G. Bischof s'efforce aujourd'hui de démontrer la réalité de celte opinion. Il déclare, en effet, que Tontine aqueuse d es filons métalliques et de quartz est nécessaire et n’admet île remplissage par fusion ignée que pour les filons composés de matières plutoniques ou volcaniques. .Vouer/ annuaire , etc. de l.eonhard et Bronn, 18 H, p. 257.) Il ne nie pas cependant que les matières de remplissage d'origine aqueuse n'aient pu être injectées par en lias, soit par des vapeurs chaudes, soit par infiltration de l'eau ou par le délayage de la roche-mère du filon. 1.0* métaux subiront alors de grandes modifications et furent précipités par l'acide carbonique, l'acide sulfurique et autres composés solubles dans l’eau, ou bien isolés et transformés en oxyde on sulfures par l'éloignement des acides ou de l’oxygène. Voir sa (iénlnqir chimique,*] et II. 2réd. Bonn. IXliô-IXflfi.