‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 63 sur 295 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Saturne seuls possèdent une densité beaucoup inférieure à celle du Soleil : la dernière planète surtout qui est la plus légère de tout le système.

En comparant ces divers degrés de densité, on voit que la planète la plus proche du Soleil est la plus dense, qu’elle est suivie de deux autres d’une densité moindre et presque égale entre elles, et qu’à partir de la Terre cette densité décroît rapidement et de plus en plus à mesure que les planètes s’éloignent du Soleil. Il faut excepter Uranus. Sa densité, en effet, est supérieure à celle de Saturne qui le précède et qui malgré cela possède un poids plus considérable. Le Soleil, bien que corps central, n’a point la plus grande densité, elle est même si peu élevée qu’elle a de la ressemblance avec la matière des grandes planètes les plus éloignées, surtout avec Jupiter '.

Cette décroissance de densité, telle que nous venons de l’exposer, n’est point l’effet du hasard, sans cependant obéir à une loi mathématique. Pour en trouver la cause, il faut nous reporter à la nature du Soleil ; elle nous conduit à admettre que ces degrés divers de condensation sont le résultat de différences de température cl nous offrent simplement une application du principe de la dilatation des corps par la chaleur, exposée plus haut. Tout le monde attribue une température extrêmement élevée au Soleil; on ne la considère point comme appartenant au corps du Soleil lui-même, mais à une enveloppe atmosphérique brûlante dont l’épaisseur ob-' servée [tendant les éclipses peut s’élever au delà de 50,000 milles. Peut-être même la lumière zodiacale, située au delà de l'orbite terrestre, en est-elle encore une trace. Il est facile de comprendre quelle grande iullucuce une pareille enveloppe de vapeurs incandescentes doit avoir sur la dilatation du corps solaire, même en admettant que le noyau solide du Soleil soit composé de matières* plus

* On ne tonnait pas la densité des nombreuses petites planètes nu axtcroulcx platées entre Mars et Jupiter, et dont le nombre atteint actuellement 105 janvier 1800 , ni celle de la grande planète Neptune, dont T existence au delà «le l'orbite. dTranus fut annoncée par 1.4* Verrier d'après des considérations théoriques, et que Galle fut le preuiierà voir réellement.

* La grande découverte de Hunscn et Kirchhofï, que les couleurs du prisme ou spectre peuvent nous révéler avec une certitude infaillible l'existence «les particule« les plus iuiimes d’un C4*rps quelconque, a déjà |K*nuis de constater ta présence du baryum, «lu xi ne, du cuivre, du cubait, du nickel, du fer, du manganèse, du chrome, «lu magnésium, du calcium, du sodium, de l'oxygène cl de l'hydrogène dans le soleil ou dans sou atmosphère

IIISTOIHK UE LA CIIÉATION.

UH

réfractaires que les élément telluriques. Nous adoptons cette manière de voir sans aucune difliculté, car elle nous paraît, en fait, plus admissible que le contraire. Cette haifle température de l’atmosphère solaire a donc, pu dilateVje noyau et causer en partie le poids spécifique peu élevé de la matière solaire. Mais, quoi qu’il en puisse être, il nous sufiit pouf le’ moment que le Soleil soit composé de deux éléments, une enveloppe de vapeurs lumineuses et un noyau obscur; c'est-à-dire qu’il se trouve à deux degrés différents de condensation . Cet état no trouve point d’analogie directe avec les qualités corres- |R>ndantes des éléments telluriques; il faut sans doute y voir la suite de phénomènes de développement particuliers au Soleil.

Avec des analogies aussi faibles, la nature physique du Soleil nous sera d’un faible secours. Elle nous apprend la dualité de la substance solaire, après quoi elle ne nous enseigne rien de plqs que ce que nous voyons sur la Terre, à savoir que ses éléments ne se trouvent point à un même degré de dilatation et de condensation. Mais le problème que nous poursuivons a pour but d’établir à l’origine un état de dilatation uniforme à l’aide des faits actuels. Pour le résoudre, en sortant des notions établies plus baut, il nous suffit de considérer que le Soleil et les planètes, tout en possédant actuellement des degrés très-divers de condensation, ont cependant une consistance évidemment plus grande que do simples vapeurs. Mais cette observation, si peu concluante, ne nous serait pas d’un grand secours, si nous ne possédions point des faits plus instructifs. Nous les empruntons aux comètes, ces astres errants, faiblement lumineux, de densité inégale, qui apparaissent de temps en terrtps dans le (fontaine de notre système solaire, ou gravitent avec nous autour du soleil, le long d’une ellipse très-allongée. Leur substance est vaporeuse, comme on peut le rccafmaitrc au premier coup d’œil.

lumineuse. Tous ces corps jouent un rôle essentiel «Ions In constitution matérielle «le notre planète. Plusieurs des substances les plus réfractaires de la Terre n'ont |>as encore été reconnues dans le Soleil ; niais, si «dies u 'existent pn* dans sou atmosphère, rien n’cmpöche pour cela qu'elle* ne ne trouvent sur son noyau. lai découverte de ces corps dans la lumière solaire prouve, avec une haute certitude, que cet aslre csl un corps incandescent, entouré d'une atmosphère dans laquelle une foule def substances sont en combustion ou à l'état Kfizeux. Ia*s recherches d'analyse spectrale, sur la lumière solaire ne «ont paa encore complètes, et vouloir tirer des faits acquis jusqu'ici des conclii-ions plus éloignées nous conduirait seulement dans le domaine des conjecture«. (Cons. Zeitschrift für grsanuntc XalurwitK. 1804, Will, 221. G. — Dclnunuy, Soticc sur In constitutum de l'univers. g 1" {Analyse sjmtralc). Annuaire du bureau des longitudes, 1809.' — Triai.

ÜllAI’ITIIE IX.

Elle brille, comme les planètes, d’une lumière rélléchic, et varie, pour cliaipie comète, suivant la position que celle-ci occupe dans l’espace et les rapports dans lesquels elle se trouve avec les étoiles voisines. Leur forme et leur volume sont également soumis à de grandes variations. La comète il'Enke, la plus rapprochée de nous, dont l’orbite peu allonge se trouve compris en deçà de celui de Jupiter, exécute sa révolution en un peu moins de trois ans et demi et s’approche du Soleil plus près (pic Mercure. Elle se compose d’une masse de vapeur, de forme elliptique, dans laquelle se trouve, vers l'extrémité antérieure, un noyau moins diaphane cl sphérique, à partir duquel la matière devient de moins eu moins dense en allant vers la périphérie. Mais la plupart des comètes ont une figure différente. Elles consistent en un noyau à contours tranchés et trèslumineux, derrière lequel s’étend un long nuage de vapeur qui semble l’envelopper de’ deux couches coniques, l’une interne, mince ; la seconde extérieure, épaisse. Cette queue, qui accompagne la tête ou le noyau, s’accroît à mesure que la comète se rapproche du Soleil. Elle s’étend généralement derrière le noyau, non sur la ligne de l’orhite, mais en opposition avec le Soleil, de façon que le prolongement île son axe traverse le centre de cet astre. Elle ne conserve pas toujours la même position ; mais elle est soumise à des oscillations et dévie à droite ou à gauche, suivant des périodes déterminées. Bessel attribue ce mouvement à une action polaire semblable à la polarité magnétique de notre Globe. Il est difficile, sinon impossible, de dire qu’elle espèce de matière compose la queue, et si elle diffère de la substance constituant le noyau. En tous cas, elle est certainement vaporeuse, et beaucoup plus raréfiée que 410s nuages les plus légers. Les étoiles, vues au travers, conservent tout leur éclat. Le noyau lui-méme doit être assez, peu dense. Il n’alïaiblit pas beaucoup la lumière des étoiles fixes, dont les rayons nous arrivent après l'avoir traversé. De plus, l’état de ces deux substances dépend du degré de chaleur et de la pression. Le volume de la masse s’accroît à mesure que la comète s’approche du Soleil, et la queue prend son plus grand développement aussitôt après le passage au périhélie. Autrefois on attribuait l’allongement de la queue à la dilatation que la chaleur solaire doit exercer sur la matière de la comète. Aujourd’hui mi préfère expliquer cet accroissement de volume par le mouvement plus rapide du noyau qui, en se rappro-

chant du Soleil, accélère sa vitesse sous l’influence croissante de l’attraction. Les parties élémentaires de la comète de densité inégale, et par suite étant inégalement attirées par le Soleil et inégalement arrêtées par la résistance de l'éther1, restent en arrière dans l’ordre de leur densité et prolongent la ([ueue. En outre, le noyau constituant la partie la plus dense de la comète se tourne vers le Soleil, parce qu’il en est le plus fortement attiré, tandis que la queue, composée de matière plus raréfiée et par conséquent attirée moins énergiquement, s'écarte dans le sens opposé. Telle est la cause pourquoi nous la voyons en dehors du trajet de l’orbite et en opposition avec le Soleil. Cette disposition n’aurait pu se produire,

• si les éléments de la comète avaient eu une densité égale ou n'eussent pas été si raréfiés. Il semble même que leur substance, réduite à un poids spécifique si inférieur, n’arrivera jamais à un degré supérieur de consolidation, et qu'elle est destinée à toujours demeurer dans cet état de fluide aérien. Les différences, notées sur les comètes revues plusieurs fois et observées avec soin, sont trop insignifiantes, pour qu’on puisse y reconnaître un progrès lent, un développement quelconque. Les comètes, par leur ualure physique, sont encore extrêmement loin au delà de la substance élémentaire des planètes les plus éloignées; et nous pouvons probablement considérer leur nature fluide comme l’état primitif duquel sortit, il y a des millions d’années, le Globe terrestre doué aujourd’hui d’une si grande diversité de substances. — Ce qui, dans cette hypothèse, vaut pour la Terre, s'applique aussi aux autres planètes. Toutes ont du passer primitivement par un état de vapeurs élastiques et fluides.

"*• Celte hypothèse n’est point une conception nouvelle et jetée à l'aventure ; mais elle est, au contraire, déjà ancienne. Proposée,

T" pour la première fois par Kant, elle a été reprise plus tard par Laplace, sans qu’il eut connaissance de son devancier , et exposée comme vraisemblable. Ce grand astronome-mathématicien .fut conduit, par le spectacle de l’identité de direction de tous les mouve-

1 Depuis longtemps les physiciens enseignent l'existance, dans l'espace, d'un fluide extrêmement sulit il . np|tolé tther. Dans ces derniers temps, Knckc n démontré sa réalité en faisant voir qu'un ne |N>uvnil expliquer le raccourcissement de plus en plus grand «le l'orbite «K* la comète j»ortant son nom, que [Mir l'action d'une substance produisant une résistance. .

Page 1