‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 65 sur 295 · CHAPITRE l · texte numérisé non relu

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mouvements. En effet, comme la condensation progressive se produisit dans toute la sphère gazeuse pa* l’attraction, les parties internes durent naturellement se composer de couches plus denses que les parties externes. Les planètes inférieures, formées des anneaux constitués par ces matières plus épaisses, possédèrent une densité plus grande que les planètes supérieures, formées« l’aide des matières plus légères des anneaux extérieurs les premiers détachés.

Si nous avons pu faire comprendre l’évolution par laquelle passa la sphère gazeuse d'où sortit notre système solaire, il importe maintenant d’expliquer comment cette sphère gazeuse elle-même se produisit, et quelles causes contribuèrent à lui donner une forme propre pendant son existence primordiale. Laplace a passé ce problème sous silence, bien qu'il fut tout aussi important d’en donner une solution. Elle découle cependant de sa théorie sans aucune difliculté. En effet, l’origine admise pour notre système solaire s’applique aussi aux autres corps célestes et à leurs systèmes. Cette analogie acquiert même une grande autorité, si nous tenons compte de l’unité de plan dans l’ordre du monde. Avec celle hypothèse, nous supprimons toute lacune dans la série de nos déductions. A l’origine, tout l’espace était rempli par une substance homogène réduite à l'état de vapeurs très-subtiles, formant la base des matières condensées actuellement dans les astres. Cette division extrême de la matière empêchait toute réaction des éléments entre eux. Tout resta dans un mélange chaotique, sans mouvement, jusqu’au moment où une première condensation s’effectua ; l’équilibre fut détruit, et les divers éléments purent réagir les uns sur les autres1. Des concentrations semblables eurent lieu simultanément sur une infinité de points de l’espace. Elles donnèrent naissance à ces noyaux solides, dont l’attraction réciproque a fourni à Laplace le moyen d’expliquer le mouvement de chaque région gazeuse isolée, et sa condensation en systèmes solaires. Chaque concentration de matière produisit nécessairement des changements de température ; car toute condensation de substance maté-

1 Ou a calculé que la 80,000 millionième partie d’un groin de matière tellurique solide devait occuper un mille cubique, lorsque les éléments de notre système solaire i emplissaient uniformément l’espace sphérique dont le contour esl tracé par l’orbite d’if anus. A ce degré de raréfaction, aucune réaction chimique des corps entre eux n’était |tos>ihle.

ricllc est accompagnée d’un développement de chaleur. Celte chaleur ne |>crmil point aux massés condensées de se solidifier. Elles demeurèrent pâteuses et molles, et peut-être inouïe à l'état de fusion incandescente. Les matières incandescentes constituèrent, sans aucun doute, les premiers noyaux formés dans l’univers au sein des vapeurs. Le chaos, avec son uniformité de composition primordiale, fut composé de matières indifférentes jusqu’au moment où les changements de densité, ainsi que les différences de température qui en découlèrent, mirent fin à cette indifférence et ouvrirent aux substances, enchaînées jusque-là , la carrière des actions réciproques d’après leurs propriétés inhérentes physiques et chimiques. Partout où il se forma un noyau solide doué d'un haut degré de chaleur, la matière concentrée rayonna de la chaleur et de la lumière, les compagnons inséparables de toute haute température. Les substances plus légères furent attirées sur ces points ; les affinités chimiques se développèrent sous l’influence de ces deux agents, et il se forma un noyau lumineux' qui servit de centre d’attraction pour les vapeurs plus légères, et non lumineuses, et lança, dans les espaces obscurs jusque-là. les premiers et faibles rayons de lumière. La puissance de leur action chimique s’étendit aussi loin que la force d’attraction du noyau. Sous l’influence de ces deux agents, chaque système de région gazeuse se sépara des systèmes appartenant à d’autres noyaux; et les limites, dans lesquelles les astres se meuvent aujourd’hui à des distances immenses les unes des autres, furent tracées.

Nous laissons au jugement de chaque lecteur le soin d’apprécier le deg ré de vraisemblance que peuvent renfermer ces hypothèses, et après cette digression théorique et accessoire, nous revenons à l'étude de l'état primitif de notre Globe terrestre.

Dans la première période de son existence, lorsqu'il n’était encore qu’une sphère gazeuse isolée dans l’espace, il possédait nécessairement une température’ suffisante pour transformer en vapeur toutes les matières qu’on y rencontre actuellement à l’état solide. La force centripète des matières lourdes et la pression des couches

* Moïse, Genète, chap. I, vor«. Dieu dit : Que la lumière unit /

* Il »H» fallait |M)int une* chaleur très-élcvée : toutes les matières liquides et même lieatiroup de coq» solides (•mettent des vapeurs à toute température et peuvent par conséquent demeurer à l’état de va|M>ur avi*r de liasses tempérât tires.

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