‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 67 sur 295 · CHAPITRE l · texte numérisé non relu

CHAPITRE l

dont les faibles contours étaient enveloppés d’une immense zone gazeuse étendue jusqii’aiidclà de la lune. La division extrême où se trouvaient les corps dans cette enveloppe gazeuse empêchait (pie les affinités chimiques n’v arrivassent à un état d'équilibre en rapport exact avec les quantités 'relatives des matières existantes, bien qu’elles fussent favorisées par la pression des parties périphériques sur le centre, luttant contre le rayonnement brûlant émis par le noyau incandescent. Aussi ces matières étaient-elles soumises à un mouvement continu qui leur faisait quitter la forme gazeuse pour la reprendre bientôt aprèg.

Nous ne nous arrêterons pas à décrire les phénomènes produits pendant que la couche périphérique, d’où naquit la lune, se sépara de l’amas vaporeux des éléments du Globe terrestre central. Dans l’état de nos connaissances, tout ce (pie nous pouvons en dire se trouve déjà dans la description générale de la formation des anneaux gazeux. Rappelons seulement que la pesanteur spécifique de la lune concorde parfaitement avec cette théorie. Son volume peu considérable nous explique pourquoi elle est arrivée à une période de plus grand refroidissement que la Terre, et pourquoi elle ne possède aucune atmosphère, ou du moins en a une extrêmement mince, comme le prouvent les observations astronomiques. Nous reporterons donc nos regards sur le Globe terrestre lui-même et nous essayerons de faire voir par quelles phases de développement il est passé, depuis que les actions chimiques ont commencé à se produire dans sa couche gazeuse périphérique.

L’observation des phénomènes actuels nous apprend que l 'oxygène devait exister en quantité prépondérante parmi toutes les autres matières. Ce corps forme encore aujourd’hui 25 parties pour T 00 de l’oir atmosphérique, 89 pour 100 de l’eau, plus de la moitié de la silice, presque un tiers de toute l’écorce solide, autant que nous pouvons connaître ses éléments1. Ce corps a la plus grande tendance à former des combinaisons binaires’ avec certains métaux

avant d’étre solide, puisque cette différence de diamètre n pu se produire uniquement dans cet état de liquéfaction.

• Voici la proportion, en centièmes, des quantités d’oxygène contenues dans les miné-

raux, les alcalis et les acides les plus répandus : silice, 52 pour 100 ; alumine, 46; magnésie, 38; chaux, 28 ; soude, 25; potasse, 16; acide nitrique, 74; acide carbonique, 72 ; acide sulfurique, 00. *

* Aux combinaisons binaire* appartiennent tous les produits chimiques composés de deux corps unis en quantité définie ou qui se réduisent a deux de ces cl^picnts.

cl à produire de nouveaux corps dans lesquels les caractères métalliques (poids lourd, éclat spécial, opacité, homogénéité et coloration particulière) sont perdus, tandis que d’autres propriétés caractéristiques (grande; dureté, faible pesanteur, souvent diaphanéité jusqu’à un certain degré et coloration nulle) distinguent les combinaisons effectuées. Ces combinaisons prennent le nom de terres ou alcalis , et les substances métalliques qui leur servent de base, celui de demi-métaux . La tendance de l’oxygène à s'unir avec eux est si prononcée et si importante, que les deux substances n’apparaissent nulle part isolées et que leur combinaison se rétablit d’elle-mêmc et rapidement, lorsque après la séparation artificielle opérée par les chimistes, ils se retrouvent en contact1. Ces combinaisons ont donné naissance à la silice , l'alumine, la magnésie, la chaux, la soude, la potasse et quelques autres corps terreux contribuant en moins grande quantité que les précédents à constituer l’écorce terrestre. Leur mode de formation, par la combinaison du métal avec l’oxygène, est une véritable combustion et ne peut avoir lieu sans une violente production de chaleur. Cette chaleur nous explique l’état persistant de fusion des métaux dans le centre de la Terre, ainsi que la liquéfaction où celle-ci se trouvait elle-même, malgré scs qualités réfractaires. Sous cette forme, les corps oxygénés se précipitèrent peu à peu du sein des vapeurs vers le centre de la Terre, formèrent une couche liquide nageant sur le noyau métallique maintenu liquéfié par leur haute température ; en môme temps, par le rayonnement de leurs couches externes, ils empêchaient les vapeurs ambiantes de se condenser. Le refroidissement qu’ils subirent ainsi produisit des effets très-opposés. Tandis qu’il se propageait lentement dans l’écorce de dehors à l’intérieur cl produisait nécessairement des inégalités de température dans les' diverses couches de cette écorce, l’atmosphère gazeuse, au contraire, se trouvait soumise à une température assez uniforme. En effet, ses couches exté- Jk

* On s’est demandé si, en présence de la grande affinité de certains éléments les uns pour les autres, il était possible d'admettre qu’ils nient pu exister isolés les uns à côté des autres, ou bien si le corps composé ne fut |wis formé comme tel tout d'altord. Celte question nous parait sans importance. Le résultat e*t toujours le même, que le simple ait précédé le composé ou inversement. Mais la spéculation théorique doit placer le simple avant le composé, |wrce que non*: ne pouvons pas conserver nutreiqent l’unité dans révolution'successive «les phénomènes. Il nous importe peu si un espace de temps s*e*t écoulé entre l’np|>aritinn des corps simples et celle du corps composé. Mais le fait rertain est que le dernier se compose des premiers. f

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