CHAPITRE II
pt ombrassent 1'ensemhlê tic faits dont on désigne les résultats sous '■ le nom de f ormatiom sédiment aires. <
Etudions maintenant les formes diverses de la surface du Globe ‘ ■ en les interprétant à l’aide des faits que nous venons d’énumérer, et nous verrons que tous jouent encore un rôle puissant, qu'ils ont dû par conséquent jouer en des circonstances semblables déjà dans les temps primitifs. Il nous suffit de jeter un regard sur l’action des eaux courantes pour nous convaincre de la justesse de ces assertions.
Tous les ruisseaux, toutes les rivières, et surtout tons les fleuves eut rainent avec eux des débris et des" fragments arrachés aux roches les plus dures et les transforment ainsi que le sol sur lequel roulent leurs eaux et la portion du rivage où ils se jetent à la mer.
Dans la partie supérieure de leur cours, ces fragments sont encore anguleux, comme ils devaient être en se détachant de la roche. Peu à peu ils s’usent et prennent les formes de disques, de sphères et d’œufs «pii nous étonnent souvent par leur admirable régularité dans les débris roulés des plaines. Avec une forte pente, tous les blocs sont entraînés, même les plus grands atteignant jusqu’à 2 et 5 pieds de diamètre. Ces derniers cependant paraissent rouler sur la pente, plutôt poussés par leur propre poids que chassés par la puissance de l’eau. Les blocs les plus volumineux ayant jusqu’à 12 pieds de diamètre, comme on en rencontre quelquefois parmi les galets dei plaines, restent en place jusqu’à l’automne ou au printemps : Il cette époque, les eaux accrues rapidement les entraînent dans leur courant doué d’une plus grande force. Dès que la pente diminue, la rapidité du courant décroît aussi et avec elle sa force d’impulsion.
Les masses les plus lourdes se déposent là et forment une digue «pie les eaux entassées derrière brisent bientôt et entraînent avec elles.
La puissance d’impulsion ainsi augmentée fait arriver les blocs jusque dans la plaine. Durant ce trajet ils perdent leurs arêtes vives et leurs angles, soit par leur propre mouvement, soit par le frottement continu des petits fragments. Dans la plaine, la rapidité du courant diminue de nouveau avec la pente et par suite la force impulsive. Le volume des débris «pie le fleuve peut encore rouler décroît dans la même mesure. Bientôt il ne reste plus que les graviers et le limon fin formant le lit de tous les fleuves qui ne coulent pas sur un sol dur. Sa couleur change avec la nature du sol sur lequel ses caux.roulcnt. Elles en enlèvent continuellement des particules et
les entraînent broyées aussi finement que le permet leur structure La couleur particulière des fleuves qui roulent sur du sable, de l’argile ou un sol de limon provient de ces mélanges, de même que la • limpidité et les eaux noirâtres de tous les ruisseaux de forêts ou de marécages. Ces différences de couleur se conservent encore longtemps même après la jonction de deux fleuves, au milieu desquels on peut suivre les deux ouïsses d’eau diversement colorées se distinguant encore très-nettement. Ces fines particules terreuses ne se déposent jamais dans les fleuves tant qu'ils coulent. Leur marche ne s’arrête qu’à fa mer, ou bien y prend une autre allure. Ces matières donnent naissance aux bancs de sable et bas fonds situés à l’embouchure des rivières, ou forment des délias qui modifient d’une façon particulière l’embouchure des fleuves et s’avancent toujours dans la mer. La quantité des matériaux transportés et entraînes dans la mer, les courauLs de celle-ci causés par les vents dominants, déterminent la nature de chacun de ces phénomènes. Nous allons étudier plus en détail ces divers genres de dépôts sur quelques exemples et rechercher pour chacun sa cause effective.
Le Nil, avec ses inondations périodiques, est de tous les fleuves de la terre celui qui se prête le mieux à ce genre de considérations.
Il présente toutes les modifications que peut produire un fleuve. Elles sont les plus complètes possible, puisque nous n’en pouvons suivre aucun autre à travers d’aussi longues périodes d’années. Tout le monde sait que beaucoup de monuments, qui se reflètent encore dans ses eaux, atteignent au delà de quatre nulle ans, et sont ainsi les témoins véridiques des transformations du sol causées par les eaux du fleuve dans ses alentours. — Le cours du fleuve luimême est des plus remarquables. Il n’existe point en effet un second fleuve aussi grand qui, possédant aussi peu d’affluents, coule aussi longtemps dans une étroite vallée, et durant ce cours de plus de 250 milles géographiques ne reçoive les eaux d'aucun bassin hydrographique latéral. Après que les deux liras du Nil, le bleu au sud- , est et le blanc au sud, se sont unis1 à Chartoum, le fleuve complet ne reçoit plus qu’un affluent à Damer, le Tacazzé ou Atbara, qui circonscrit avec lui le plateau de l’antique Meroc. Ensuite il pénètre dans la vallée en forme de S de la Nubie ; dans ce parcours, il se
4 Ix? problème de« sources du Nil, resté si longtemps à l’état d’énigme, vient enfin .l’élit* résolu. Cons. Petemumns (Woyrajth. Mitt Heilungen. 1807.