CHAPITRE XI
Roche« anormale« et röche« normale« • — Action« produite« par le« première« «ur lea seconde«. — Métamorphisme.
Les roches formées pur voie ignée permettent à l’observateur d’y reconnaître un ordre chronologique, lorsqu’on compare entre eux chacun des éléments d’une montagne ; mais il n’est pas possible de les disposer toutes dans une succession ordonnée et précise, comme on le fait avec les couches neptuniennes. Celles-ci, en cITct, se succèdent toujours les unes aux autres de bas en liant dans un ordre invariable et présentent seulement quelques exceptions locales à cette règle, exceptions produites par des renversements et des bouleversements postérieurs à leur formation. Au contraire, les roches d’origine ignée ne se rattachent à aucun ordre chronologique déterminé et par conséquent ne se trouvent point dans un rapport toujours le même et universel avec les assises stratifiées. Des différences si importantes attirèrent de bonne heure l’attention des observateurs et elles donnèrent lieu à l'emploi de certaines dénominations encore usitées aujourd'hui, parce qu’elles déterminent avec précision certaines propriétés générales. Nous allons d'abord les définir. Les sédiments nepluiiicus, à cause de leur succession en couches toujours dans le même ordre, ont pris le nom de roches normales ; comme si leur série obéissait à un plan voulu, à une règle qui en réalité n'existe pas, puisqu’elle est le résultat de circonstances accidentelles, à savoir de la présence des roches platoniques désagrégées. Par opposition à celles-ci, on donna le nom de roches anormales' aux masses
* Lorsque l'on considère <pie les roches (monnaies étaient primitivement dans les profondeurs situées au-dessous dés roches normales et qu’elles apparurent de bas en liant, ou les appelle endogènes; les ruches normales, formées à la surface par voie de dépôt, prennent le nom d’ exogène».
CIIAP1TOE XI.
pyrogenes avant passé par un état de liquéfaction ignée. Considérées au point de vue de leur contexture, sans se préoccuper de leur succession, les roches anormales prennent le nom de massives, les normales de roches en couches ou stratifiées, tenues qui s’expliquent d'eux-inémcs par la description détaillée déjà donnée de leurs caractères. Ajoutons seulement que les roches anormales sont les plus abondantes et qu'elles apparaissent sous les formes les plus variées et les plus gigantesques, mais concentrées en masses circonscrites ; tandis que les roches stratifiées forment des gisements ou strates moins puissants et s'étendent plus en surface qu’en profondeur1. Les roches stratifiées, ou roches normales, n’ont pu produire des montagnes coniques isolées ou des systèmes de dînes réunis en groupes ; elles ont au contraire donné naissance à des arêtes montagneuses ou à des chaînes étendues dans le sens longitudinal dont un des flancs est ordinairement en pente abrupte, tandis que l’autre s'incline graduellement vers la plaine. Sur le versant abrupt on distingue très-aisément la tète des couches superposées les unes aux autres et la coupe des plans de stratification, et l’on peut les compter et déterminer l’ordre dans lequel elles se succèdent. Sur la pente doucement inclinée la même couche occupe partout la surface, tant qu’une vallée profonde ne vient pas la couper et, en descendant dans la plaine, on rencontre une autre couche, si le soulèvement est plus ancien; on marche au contraire sur une même assise, lorsque celle-ci existait déjà avant le soulèvement de la chaîne. Les hauteurs peu élevées des contrées plates sont en général formées de cette manière; elles son^consliluées parles bords d’une crevasse, qui ellemême est le résultat d'un soulèvement unilatéral, dont la cause, c’est-à-dire la roche anormale, ne put arriver jusqu’à la lumière du jour, mais s’arrêta après avoir déplacé les strates situées au-dessus d’elle. On peut citer dans notre pays, connue excellent exemple de soulèvement unilatéral, sans apparition dérochés anormales, le Teutoburgerwald déjà célèbre dans l’histoire. Il se compose d’une triple arête montagneuse dirigée du S.-S.-E. au N.-N.-O. et s’élève a plus de 1000 pieds au-dessus du niveau delà mer. La chaîne la plus basse placée au nord est formée de muschclkalk relevé en forme de selle.
1 h après l«»s calcul* de savants dictes de coniioncc, I épaisseur totale de la croûte solide de la Terre a environ 100,000 pieds. Les terrains de transition n’en occupent que 60,080 ; la puissance des masses cristallines échappe à toute évaluation précise.
auquel se rattachent vers le sud d’étroites bandes de keuperet dejurassique. Elle est duminée par la seconde chaîne composée degrés fortement redressé et enfin par la troisième la plus méridionale et qui appartient à la formation crétacée.
Ilans la coupe que nous reproduisons, le rapport de la hauteur à la longueur à été exagéré comme 5 est à \ . Nous voyons le grès ( c ) de Velnier-Stoots (2) au sud du Ilorn, la plus haute montagne de tout le Teutoburgerwald, reposer sur les couches jurassique (d), kcuprique (e) et du muschelkalk. Plus loin, vers le N.-E., à (Erlinghausen et à liiclcfeld, l’ordre est renversé, et le muschelkalk se
Fig. 15. Coupc pri>c dans le Teutoburger» tild. a. Alluvions, h. craie, c. quadensanclstcin, d. lia» et jurassique, e. Itcupcr. f. muschelkalk.
1. naru.it ker. 15% pieds; 2. Velmer-Slool, 1441 pieds; 3. selle de muschelkalk ; 4. Bellcnbcrg près Mcinberg.
trouve sur le keuper et celui-ci sur le grès. Ce renversement provient, comme le pense Er. Hoffmann, de ce que toute la montagne a été soulevée à la suite de la formation d’une crevasse et qu’en se renversant vers le S.-O. elle a pris sa position actuelle contre nature.
Nous n’avons pas l’intention d’entamer dès maintenant l’élude de la série des dépôts neptuniens; nous décrirons auparavant les circonstances qui ont valu aux roches massives le nom de roches anormales. Nous avons déjà (p. 180) parlé en passant d’une de leurs particularités, d’après laquolle on les divise en roches pluloniques et roches volcaniques. Cette division repose sur ce que certaines roches anormales se rencontrent dans les volcans encore actifs, d'où le nom de volumiques, tandis «pie d’autres appartenant à la même catégorie ne se trouvent ni dans les volcans actifs ni dans les volcans éteints, bien qu’elles soient incontestablement d’origine ignée, de là le nom de platoniques. On peut se demander si celle distinction n’indique pas en môme temps une différence d’âge et si elle ne pourrait point nous donner un principe pour établir un ordre de succession, sinon