‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 84 sur 295 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

. sordre qu’aux fragments d'une couche extérieure qui, en se fendillant,se seraitdiviséeen morceaux nombreux. Dans cet état, ils forment les mers île rochers ou teufelsmühle (moulins du diable) de nos montagnes allemandes. On peut les considérer connue les fragments de la superficiedes couches concentriques que fit naître le retrait produit parle refroidissement progressif, et dans lesquelles les masses granitiques soulevées en forme de dôiue se divisèrent peu à peu. Des parties usées et même des stries, que l’on aperçoit à la surface des fragments contigus, prouvent qu’ils ont glissé les uns contre les autres longtemps après leur segmentation, et ont ainsi poli leurs surfaces de contact. Les fentes de séparation pénètrent profondément à l’intérieur du granit, et on y distingue facilement les surfaces de frottement. Les grands végétaux ne croissent point sur le sommet de ces dômes granitiques, tant que la décomposition n’est pas venue les entamer. Ils se recouvrent, au contraire, de lichens arides et de maigres mousses, et alimentent une végétation plus élevée seulement dans les enfoncements et sur le bord des sources. Leur intérieur, outre les nombreux plans de séparation parallèles ou à courbures concentriques, présente aussi des fissures verticales qui produisent des parois abruptes, des colonnes aiguës ou aiguilles, et donnent aux montagnes granitiques leur physionomie pittoresque.

Le Iloss trappe du Hartz, dont la gravure (fig. 4 4) nous représente la dépression, offre une de ces gorges sauvages ; sa beauté est trèscélèbre. Les rocs se dressent avec leurs arêtes tranchantes et anguleuses enclavés les uns dans les autres, et, surplombant au-dessus de sombres abîmes, ils se divisent en nombreuses aiguilles isolées. Les fragments, formés par les fissures transversales, rongés et désagrégés sur tous les points posent seulement par un côté, et, semblables aux ‘pie ires branlantes (p. 51), menacent de se précipiter à chaque instant. Plus loin, vers le sommet, là où la crête s’élargit, s'étend un tapis serré de verdure au-dessus duquel s’élèvent quelques maigres hêtres. La llode roule ses eaux en écumant dans les gorges humides, et le fracas de ses cascades n’arrive plus que comme un doux murmure.

Les crevasses que remplit le granit pénètrent profondément dans le massif des montagnes; mais cette roche n'apparail que très-rarement étendue et couchée au-dessus de formations plus an-

4 Kip. 14. — Hoches granitiques du Rov>trappe.

encore en partie, à l’état liquide au-dessous d’eux, et que scs masses en fusion, chassées des profondeurs, s’échappèrent à travers les crevasses formées dans les couches supérieures et se déversèrent sur leur surface. Jamais il ne forme de montagne colique isolée avec une cavité au sommet comme les volcans. A l'époque des éruptions volcaniques tout le granit était déjà solidifié.

1 Gtmmc exemples de ce cas, on peut citer le pic de la Chèvre, situé sur le côté t droit de la vallée de l’Ocker dans le Hartz, où le granit s’étend par-dessus les schistes ;

la petite île de Mihati dans le département des Côtes-du-Nord, où le phénomène est en- • core mieux caractérisé, et enlin les rives de l’Irtysch en Sibérie étudiées par A. de

lliunlmldl. lorsque le granit se présente sur de grandes étendues en surface, on doit le considérer comme formé par un épanchement «pii s’est étalé ; tel est, par exemple, le massif granitique «le 4,000 milles carrés de surface placé au sud de la Russie entre le llug et le Ihiiéper. Hans 1rs cas semhlahles à celui-ci, on ne peut concevoir qu'il y ait eu simplement remplissage d'une crevasse, (i.

riennes*. On observe, au oonlrairo, de nombreuses infiltrations en forme de filons dans les roches contiguës. Elles ont été constatées principalement dans les couches neplunicnncs les plus anciennes, et on ne les retrouve plus dans les étages sédiinentaircs plus récents. On en peut conclure avec certitude que les plus anciens dépôts stratifiés étaient déjà formés lorsque le granit était, au moins

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