‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 87 sur 295 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

nés sur certains points dans la masse lui donnent un aspect porphyroïde. Son nom lui vient de la sonorité que possèdent les plaques dans lesquelles elle se divise. Lu basalte, au contraire, se divise en prismes ou en enveloppes coniques concentriques, et ses divisions, presque régulières, sont faciles à apercevoir. Nous avons déjà décrit son mode d’apparition (p. 67-75), lorsque nous avons démontré lacoucordance de scs formes avec celles de la lave, et nous renvoyons le lecteur à ces pages. Qu’il nous suffise donc de répéter que, entre les roches volcaniques antéhistoriques et les laves des temps liisto-’ riques, il n’existe aucune différence dans la substance composante, si ce n'est que les dernières manquent ordinairement 1 d’eau de composition chimique, soit que les roches volcaniques primitives hydratées aient été produites par des éruptions sous-marines, c’està-dire remontant à une époque où la mer recouvrait cucore le lieu sur lequel elles apparurent à la lumière ; soit encore que la vapeur d'eau qui actuellement soulève les substances éruptives dans les cratères ouverts ne se trouve pas soumise à une pression assez, considérable pour entrer en combinaison chimique avec les silicates. Celte manière de voir est encore confirmée par les bulles vides provenant de la vapeur d’eau et que l'on considère comme un caractère extérieur distinctif des laves ; elles manquent, en effet, presque toujours dans les basaltes anciens. Les basaltes qui en renferment prennent le nom d'aimjijdaloides , lorsque les bulles (p. 60) en forme d’amande (amygdala) ne sont pas vides, mais remplies de minéraux particuliers séparés de la masse générale. Soumis à un examen approfondi, ces minéraux se laissent reconnaître pour des zéolithes.

Quant à l'époque où les produits volcaniques apparurent à la surface du sol, nous avons déjà dit qu'ils sont plus jeunes que les roches graiiitoides plutonienues et même que les porphyres. Mais le moment exact de leur apparition n'est pas encore déterminé. Nous savons déjà (p. 70) qu’ils ne sont pas nés en même temps, et que le basalte et la phouolithe sont plus jeunes que la dolérite et le trachyle. Nous pouvons ajouter ici que leur apparition dut être postérieure

*La coulée de lave du Mouteuuovo contient, d'après les analyses d'Aliich, de l'eau eu composition chimique, l’eul-ctrc cette circonstance provient-elle de ce que l'ouverture éruptive ne se forma que tard et que les matières volcaniques cl In vapeur d'eau furent 'ouinisc* à une pression plus grande que dans les volcans actifs avec cratère ouvert.

HISTOIRE DJi LA CRÉATION.

au dépôt de la craie et que, par conséquent, leurs éruptions ont dû être en connexion intime avec la formation des couches tertiaires. Nous essayerons plus tard de fixer avec plus de précision ces connexions, lorsque nous étudierons les couches neptuniennes en question et l’apparition successive des chaînes de montagnes. Pour le moment, nous n’irons pas plus loin, parce que d’autres objets réclament notre attention dés maintenant.

Mais jetons d’abord un coup d’rcil général sur les résultats où nous sommes arrivés à l'égard de la composition matérielle des roches massives. Notons surtout cette circonstance que, dans les quatre espèces principales, granit, porphyre, trachyte et basalte, deux alliages différents reparaissent, dont l’un est caractérisé par du quartz, du mica et de la hornblende se combinant avec une base de feldspath alcalin, l’autre par de l’augite, du diallagc et de l’olivine mélangés avec une base de feldspath calcaire. Notons encore que la plupart des produits volcaniques se distinguent par leur hydratation, tandis que l’eau de combinaison chimique manque absolument dans les matières plutoniques. Ces deux particularités ne sont certainement pas accidentelles, mais sont indubitablement le résultat de lois aussi positives que celles qui ont donné naissance aux textures granitoïdes, porphyroides et basaltiques. Cette loi se dévoile aussitôt que, sans se contenter des différences qualitatives des alliages, on prend encore en attention leurs différences de pesanteur. On reconnaît, en effet, que le labrador calcaire a une pesanteur spécifique (2,71) plus grande que l’orthosc (2,55) ou l’albite (2,ßl) et que l’augite noire métallifère (5,2 — 5,8), ainsi que la hornblende (2,9 — 5,1) sont dans la même condition par rapport au quartz. (2,5 — 2,8) et au mica (2,8 — 5,0). Ces sept substances étant contenues dans un mélange où elles pouvaient se distribuer d’après leur pesanteur, le labrador et l’augite durent descendre les premiers vers le fond, faillite et la hornblende occuper la région moyenne, et enfui l’orthosc, le mica et le quartz se rassembler dans la partie supérieure. C’est pour cela que le labrador accompagna l’augilc, l’orthose le mica et le quartz. Toutefois, avec des différences de pesanteur si faibles, la séparation ne put pas cire complète, du moins dans la région moyenne où les substances se mêlèrent plus facilement.

Nous aurions gagné un résultat considérable si ces déductions

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