CHAPITRE XI
théoriques soumises à l’épreuve des laits se trouvaient démontrées par la position relative des roches massives. Pour les porphyres, on peut affirmer avec pleine certitude que les mélaphyres noires sont apparues postérieurement aux porphyres rouges et, par conséquent, sont placées au-dessus d’eux. Le trachyte et la doléritcsc trouvent dans le même cas ; le premier, étant le plus ancien, est toujours traversé et recouvert par celle-ci ; mais la phonolilhe et le basalte sont plus jeunes que les précédents, sans présenter entre eux de rapport de succession bien déterminé. Leur hydratation provient de ce que les vapeurs d’eau, qui se trouvaient dans les profondeurs, soumises à l'énorme pression des couches externes, furent contraintes d’entrer en combinaison chimique en se condensant avec les sili- » cales déshydratés. C’est ainsi que le trachyte se transforma en phonolithe, la dolérite en basalte, et les masses liquéfiées furent chassées et s’ouvrirent une issue. Un comprend dès lors pourquoi la phonolilhe traverse la dolérite et même le basalte. Elle est, en efTcl, formée de trachyte. Celui-ci, placé dans les régions hautes, put être touché par les vapeurs d’eau dans leur expansion seulement après le basalte qui prit naissance par la transformation de la dolérite située plus bas. Ces circonstances nous expliquent aussi pourquoi il n’existe pas de succession déterminée dans l’ordre de formation et d'éruption de la phonolilhe et du basalte. L’un et l’autre, en effet, n'appartiennent plus aux produits primordiaux du manteau des silicates, mais sont le résultat de transformations postérieures causées par les vapeurs brûlantes dans quelques-unes de ses couches. A l'époque où les granits et les roches porphyriques furent soulevées, les vapeurs d'eau n’étaient pas encore l’agent de ces soulèvements. Ils furent produits par le retrait progressif de toute l’écorce, d’une part, et, d’autre part, par la pression que les couches supérieures exerçaient sur les couches inférieures non solidifiées. Les matières durent donc se disposer dans un ordre naturel correspondant à leur pesanteur spécifique. Tant que le granit resta liquide, ce fut lui qui fut soulevé, et la diorite et l’augitc apparurent seulement lorsqu’il vint à manquer. Plus tard, lorsque tout le granit fut solidifié, les pyroxènes seuls furent soulevés; mais comme ils venaient de profondeurs plus grandes, leurs éruptions ne s’effectuèrent |>as sur une échelle aussi vaste que le granit, sans doute parce que la route qu'ils curent à parcourir était plus longue,
•MO HISTOIRE l)E LA CRÉATION.
on bien parce quo l’intensité de la pression s’affaiblit à mesure que le refroidissement augmentait. Quelques masses granitique^ restées liquides çà et là donnèrent naissance aux porphyres rougesj’cfroidis plus rapidement et d’origine plus récente : des masses pyroxéniques semblables produisirent les mélaphyres. C'est ainsi que nous concevons la marche suivie par les soulèvements des montagnes et la série clironologiquc de leurs éléments. Nous pensons que les différences primitives de position furent l’origine de l'ordre successif des masses éruptives; mais nous ne méconnaissons pas que ces différences dans la position des substances ne purent pas être partout exactement les mêmes. Il dut donc apparaitre dans un lieu plus de roche quart /.itère, dans un àulre plus de substance augitique ; celle-ci même, suivant les localités, put être pins ancienne que celle-là. La loi, en effet, qui régla ces phénomènes était, comme toutes les lois naturelles, sujette à être annulée par d'autres lois, et bien qu’elle ne puisse jamais avoir été complètement détruite par celle-ci, il existe cependant des limites dans lesquelles elle et toutes les autres lois de la nature peuvent osciller.
Prenons ici quelques exemples particuliers de gisements de roches quartzeuses et augiliques, afin de rendre plus clair ce que nous venons de dire. Citons d’abord les granits si bien étudiés près de
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