‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 89 sur 295 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Heidelberg 1 cl de Karlsbad*. Ils prouvent que les granits ne su sont pas solid iliés tous en même temps, puisqu'on y trouve des crevasses et des fissures remplies avec d'autres matières granitiques formant des filons, ta coupe (pic nous reproduisons, tirée du jardin du château à Heidelberg, est un riche échantillon de Ce phénomène.

Cette disposition prouve incontestablement que l'a matière injec- . ^

lée postérieurement était à l’état liquide; elle prouve, avec autant de certitude, que la masse la plus ancienne était déjà solidiliéc et ( * a sillonnée par des crevasses avant que l'autre, encore liquide et située [dus profondément, n’eût pénétré dans scs interstices. Aussi est-ce pour cela que la substance solidifiée le [dus tard est appelée jeune ; cl ancienne, celle qui l’était déjà auparavant. On n’entend pas dire par là que l’une ait été formée plus tard que l’autre ; mais on a égard seulement au moment plus récent ou plus ancien de leur complet refroidissement jusqu’à la solidification. Les filons granitiques injectés dans le granit ne nous apprennent donc rien de plus, si ce n’est que les couches inférieures de cette roche étaient encore liquides, lorsque les couches supérieures étaient déjà complètement solidifiées et peut-être même se trouvaient arrivées à leur degré de refroidissement actuel. Ces masses primitives, fissurées de toutes parts, étaient comprimées de hauten lias par les forces extérieures, et les couches plus profondes encore liquides s’injectèrent dans leurs fentes. Nous pouvons d’après cela attribuer une grande épaisseur ou puissance aux masses granitiques.

Ou peut expliquer delà même manière les infiltrations de granit observées dans les schistes cristallins et mémo dans les strates neptuniennes. Il en découle deux conséquences, à savoir : ces couches étaient complètement formées à l'époque où eut lieu la catastrophe , •

qui poussa en haut le granit qu’elles renferment et qui fut injecté

* On peut consulter l'excellent travail cio G. Leonhard, Matériaux pour ta géologie tien environs de Heidelberg, 184-4, in-8.

1 lieu**, liait* Ma publications, a mis en doute que res granits aient été tonnés par ile< filous, du uioiix ceux de Maricnhnd, et il a e snyé d'expliquer leur rom|to»itiou par «les phéiinut«*nes de séparation produit* dans une masse d'origine simultanée. Cunsultez le Souvenu bulletin tir minéralogie, etc., 1844, p. 129, cl In réplique de Colla, p. 553. — depuis lors, >1. «le \Yarnsd«>rfT n étudié de nouveau ce* granit* de (5irl»lind et a déntoulrc qu il j n liicu «leux granit» d âge* «li(TércnU, l'un plu* vieux à gros grain, l'autre plu* jeune à grain fin. Les célèbres sources de Carlstftd jaillissent nu point de rencontre de ce» deux granits cl font d'autant plus chaude» que la juxt.-qiosilinn des «leux roches semble plonger plus verticalement. Ibid., 1810, p. 385. — Nauuiaun soutient I* ni«* me idée. Ibid., p. 145- 180.

lllSTOlliK UE U CRÉATION.

dans ces roches déjà solidifiées ; en second lien, nous en acquérons la certitude que ce granit n'était pas encore entièrement refroidi ut, par suite, qu’il ne s'est pas solidilié partout en meme tenqis et à toutes les profondeurs, mais que ce phénomène se réalisa successivement et lentement. Ces roches plutoniques plus récentes ne sont pas du granit dans le plus grand nombre des cas, mais de la syénite, de la diorite ou du pyroxène, dont l'éruption tardive concorde parfaitement avec ce que nous avons dit plus haut de la position relative du granit.

Avec cette manière devoir, il est plus difficile de comprendre un autre fait, l’infiltration du granit en filons dans le pyroxène. Il s'en suivrait, en effet, que les pyroxènes sont plus anciens que le • granit ; qu'ils étaient déjà solidifiés, lorsqu'il était encore à l’état de fusion ignée et qu'on ne doit plus les considérer comme ayant été placés au-dessous de lui , mais au-dessus. J’ignore si les exemples de cette disposition sont nombreux; mais, en tous cas, on ne la trouve pas universellement répandue1. Elle a donc peut-être seulement une valeur locale et ne saurait prétendre à élever ou détruire des lois générales. Il est bien possible, par exemple, que le granit injecté dans les pyroxènes du Hartz, soit seulement un faible reste poussé en haut tardivement et d’une autre époque que le massif granitique de cette montagne. Le granit peut en certains points traverser les pyroxènes, de même que sur d’autres points, par exemple à Heidelberg, il traverse la syénite; et cependant, d'après notre théorie, la syénite était au-dessous du granit et devait s’y étendre en liions. Ce dernier cas est d’ailleurs le plus fréquent, par exemple dans la Forêt-Noire, mais n’est pas le seul possible, parce que le refroidissement des couches ne s'effectua pas partout avec une rapidité égale, ou bien encore, parce que les diverses couches n’avaient pas une meme épaisseur sur tous leurs points; enlin parce que tous ces phénomènes, au milieu de toutes les conditions changeantes, n’obéissaient pas uniformément à la loi qui les gouvernait. Quelques exceptions ne suffisent donc pas pour détruire cette loi ; elles nous avertissent seulement de ne pas l'appliquer inconsidérément à tous les cas.

Les rapports dans lesquels les roches volcaniques et plutoniques

1 Voir Hausmann, Oc la formation des montagne a du Hartz. GûU. 1842, j» VU

CilAPiniF. XI.

sont entre elles exigent que nous ajoutions enrore quelques remar- • ques sur les particularités promûtes par leur contact réciproque, ou avec les couches neptuniennes. Ces phénomènes ont pris tlans ces derniers temps une grande place dans les recherches géognostiques et ne doivent pas être négligés. Nous les étudierons à deux points de vue différents, comme effets mécaniques et comme résultats d’actions physiques et chimiques.

Les effets mécaniques sont peu variés et, en général, faciles à comprendre. Leur action se limite aux surfaces de contact (pii se sont broyées et usées l’une contre l’autre. Ces dégradations et ces frottements durent varier suivant le degré de dureté auquel étaient parvenues les couches en contact. Ils durent être plus forts avec l’accroissement de la solidification et sur les surfaces de contact planes * ne produisirent qu’un polissage uni ou strié, comme lorsqu’une couche vient à glisser sur une autre. On nomme donc ces plans de contact polis ou rayés et gercés surfaces île frottement ou de q asseoient. ün les distingue ainsi du second mode d’effets mécaniques appelé conqlomérat de frottement, qui se manifeste par l’accumulation de nombreux fragments arrachés aux surfaces en contact. Lorsque les deux parois étaient également dures, les fragments détachés entre elles se trouvèrent broyés et furent empalés dans une masse à grain (in presque terreuse, provenant de la poussière du polissage. Lorsqu’une des masses était au contraire liquide, ou au moins molle, et l’autre dure, les fragments détachés conservèrent leurs formes anguleuses et s'empâtèrent ainsi dans la masse molli' qui se durcit plus tard. On rencontre ces deux types de conglomérats de frottement, et leur nature permet aussitôt d’en déduire les phénomènes qui ont présidé à leur formation. Ainsi on trouve ordinairement des surfaces de glissement entre les couches schisteuses ou sur les parois des liions fortement redressés. On y trouve aussi très-fréquemment des conglomérats de frottement avec des fragments anguleux formant le remplissage du filon. Les conglomérats, de frottement avec fragments arrondis se présentent en général suide grandes étendues et tracent les limites entre des masses platoniques soulevées à dos époques différentes. On les trouve entre autres très-développés sur les plans de séparation des diverses variétés de porphyres de la région de Halle.

Les actions physiques ot chimiques exercées par les roches plu-

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toniques ou volcaniques sur d’autres roches de même espèce ou sur des roches neptunienucs sont en général plus intéressantes. Dans le premier cas elles ont produit des modifications dans la contexture, résultat de simple contact ; dans le second les modifications plus profondes ont atteint la composition matérielle des couches. Ces deux modes d’effets s’accompagnent souvent l’un l’autre; mais le premier se présente encore plus souvent seul. On ne rencontre jamais le second sans le premier. Tous deux, soit isolés, soit unis, produisent le métamorphisme , c’est-à-dire la transformation d’une roche dans une autfe.

La connaissance exacte des phénomènes métamorphiques est encore un problème géognostique. Aussi nous ne pouvons pas leur attribuer avec une égale certitude tous les effets que nous allons décrire ; nous énumérerons toutes les opinions, souvent contradictoires, les unes après les autres, nous contentant de les soumettre à l’épreuve des faits sans idée préconçue et indépendamment de toute théorie. Nous procéderons donc en parlant des roches métamorphiques les plus anciennes pour arriver aux plus jeunes.

Beaucoup de géologues considèrent tous les schistes cristallins, dont nous avons déjà parlé (p. 1G5| au point de vue de leur texture, comme les plus anciennes roches métamorphosées. Nous avons fait connaître quelques-unes de leurs espèces les plus fréquentes; nous allons essayer de déterminer avec plus de précision leurs caractères distinctifs. La matière composante doit surtout être prise en considération, la forme étant à peu près la même partout. On peut les diviser d'après leur composition en trois groupes suivant qu'y prédominent surtout 1” le feldspath, 2° le mica, 3“ le talc.

Le schiste feldsputhique le plus commun et le plus abondant est le ijneiss, roche dont nous avons déjà parlé (p. 1311) avec le granit. Elle se distingue de ce dernier par sa structure schisteuse et appartient aux espèces les plus répandues de notre Globe. Elle a ordinairement une texture finement feuilletée et rarement grenue. En perdant son mica, elle passe par diverses métamorphoses dont la plus fréquente est la protoyijne qui renferme du talc ou de la chloritc à la place du mica. Lorsque ces deux minéraux manquent et que la roche schisteuse ne contient que du feldspath et du quart/, elle forme de I ’eurile. Lorsque avec le mica s’ajoute de la hornblende très-serrée ou a le tjneiss amjihibnlitpie. Les fcldspaths schisloïdes blancs alliés

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