‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 94 sur 295 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

due et on ne le retrouve que dans les couches neptunienncs. Considéré dans ses éléments chimiques, il présente toujours la même composition, mais il vient s’y ajouter des matières étrangères dans des proportions si variées, il revêt des colorations si différentes, possède des degrés de dureté si divers et apparaît si différent par sa stratification, tantôt très-marquée, tantôt à peine distincte, qu’on a souvent peine à constater son identité réelle. Une de scs modifications les plus fréquentes est le mélange déjà cité sous le nom de dolomie, dans lequel il s’associe avec du carbonate de magnésie ou simplement de la magnésie ; celte roche se rencontre surtout dans les assises stratifiées du sol primitif. Plus tard le carbonate de chaux s’unit avec l’argile et produisit la marne, corps très-répandu, de couleur bigarrée et qui varie beaucoup dans son aspect extérieur. La marne s’est formée surtout dans les périodes moyennes et récentes des roches sédimentaires; sa puissance est moindre que celle du grès et du calcaire et égale à peu près celle des couches d’nrgile.

Telles sont les quelques roches essentielles qui ont contribué à former la série des dépôts aqueux. Alternant continuellement les unes avec les autres, elles montrent par l’identité de leur composition qu’elles doivent leur origine à un seul et même mode de formation. Elles prouvent le retour fréquent des causes qui présidèrent à l’évolution de notre Globe pendant son âge moyen, et démontrent de la façon la plus convaincante que les dépôts tout à fait semblables, appartenant aux temps les plus récents, ont été formés dans des conditions analogues. Dans les chapitres précédents (p. 49 et 173), nous avons déjà fait l’histoire de leur formation et fait connaître les lois d’après lesquelles elle s’effectua. La décomposition des schistes cristallins et des roches massives fournit les matériaux des sédiments terreux neptuniens, matériaux qui, sans être à proprement dire formés par les eaux, furent du moins transportés par elles. Leur dépôt se fit rapidement, lorsque l’écorce cristalline était encore chaude et un peu refroidie seulement à sa périphérie. 11 produisit les puissantes couches de micaschiste et de schistes argileux primitifs sur le dos desquels se précipitèrent plus tard les carbonates calcaires du calcaire de montagnes, qui étaient restés dissous ou suspendus jusque-là dans les eaux, et avec lesquels alternèrent plusieurs fois les schistes argileux contemporains et les

grauwackcs. Dos millions d’années' n’ont pu suffire à la lormation de ces puissantes couches. La décomposition ne s’est faile <|ue lentement; elle suppose une marche insensible et n’a pu produire des effets apparents qu’après de longs espaces de temps. Les formes de ces sédiments primitifs corroborent cette manière de voir. Leur structure, schistoïde parfaite, la texture finement grenue de leurs éléments et l’absence complète de graviers témoignent d’un dépôt paisible et non interrompu par des bouleversements. Leur forme nous permet de les considérer comme les formations limoneuses les plus anciennement déposées au sein des eaux.

Mais de violentes éruptions, rejetant du fond des abîmes de nouvelles masses liquides de matières cristallines, vinrent agiter l’Océan resté paisible jusque-là. Les Ilots déchaînés rongèrent la surface des couches encore tendres, et entraînèrent leurs éléments dans des lieux éloignés, les triturant et en formant un nouveau composé. Les bouleversements s’apaisèrent peu à peu, et l’eau, confinée dans les dépressions, abandonna les matériaux qu’elle avait entraînés. Les fragments les plus lourds des matières éruptives couvrirent d’abord le sol, formant des conglomérats ou brèches (p. 50). Les grains de sable plus légers les suivirent et s’entassèrent sous forme de grès, et enfin les éléments terreux, plus légers encore, se précipitèrent les derniers, et donnèrent naissance à des assises argileuses ou calcaires. Le repos, qui suivit une semblable castaslrophe, dura longtemps, ainsi que le prouvent les couches postérieures formées à. l’aide des produits de la décomposition des nouvelles matières. Une nouvelle éruption vint encore interrompre ces phénomènes, et, par l’apparition de masses soulevées plus jeunes, olîrit de nouveaux matériaux aux phénomènes de décomposition, qui donnèrent

1 l'n calcul très-simple pont servir à démontrer que ces chiffres si jn’ands ne sont | exagérés. Prenons par exemple le Nil, «pii élève son sol de 4 pouces par siècle, comme mesure. Pour 40 pouces, ou 5 pieds iß , il faudra donc mille ans. Avec des nombres triples, nous mirons 10 pieds en 5,000 ans, par conséquent 100 pieds en 50,000 ans, 1,000 pieds en 5lKI,000 ans, 50,000 pieds en 150,0110,000 ans. Mais nous n'avons là, comme il a «'ledit plus haut (p. 105, note), que la puissance moyenne des formations de transition, et nullement l'épaisseur totale «les dépôts s«'*dimenlair«*s. D'ailleurs, ces chiffres ne donnent aucun autre résultat positif, si ce n'est de démontrer l'impossibilité «le mesurer l’àfïe «le la Terre avec dis milliers d'années. Les siècles peuvent servir de mesure pour les traditions historiques et l«'*gendaire$ ; mais, appliqués aux périodes «le création, ils ne signifient plus rien. De même «pie d«*s millions de milles s«>nt nécessaires pour mesurer l’espace, les Ages du monde se comptent par millions d'années. Otmp. p. 102. note 4.

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