‹ Histoire de la création. Exposé scientifique des phases de développement du globe terrestre et de ses habitantsChapitre 95 sur 295 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

naissance à des couches ncptunicnncs toujours plus diversifiées à cause de leur plus grande localisation limitée. Par suite de ces deux circonstances, le nombre des couches s'accroît avec l’âge de la Terre, tandis que leur puissance cl leur dureté diminuent, parce (pie les périodes de calme entre les cataclysmes ne sont plus aussi longues, les décompositions moins intenses, et que les masses déposées sur les anciennes couches devenues moins considérables, ne les compriment plus avec une force suffisante pour leur donner tme cohésion intime. La multiplication des organismes avec chaque période, et l’ensevelissement de leurs débris dans les nouvelles couches, contribua aussi beaucoup aux modifications et au peu de consistance des nouveaux dépôts.

Ce sont donc des éruptions de matières piutoniqucs et volcaniques qui causèrent les grandes révolutions et amenèrent des destructions des paisibles habitants de la Terre d’autant plus grandes, qu'elles mêmes, ainsi que les ébranlements qui les faisaient naître, étaient plus puissantes. Nous devons considérer comme une phase de calme dans l'histoire de la Création, la période de temps écoulée entre deux de ces éruptions : nous appellerons formation les strates neptuniennes en stratification concordante (p. 1 85) déposées pendant cette période et considérées comme un tout complet. Cette notion nous donne le principe de détermination le plus juste et le plus rationnel, à l’aide duquel nous pourrons embrasser la série chronologique des grandes éruptions, et nous rendre compte de la grandeur des phénomènes consécutifs. L’effet dut être d’autant plus limité, que la cause de la révolution était moins intense. Nous ne devons donc pas attendre des résultats semblables sur toute la surface du Globe, et nous pourrons rencontrer dans certains lieux des couches qui nous feront défaut dans d’autres. Ainsi, nous trouverons des différences de composition matérielle à de faibles dislances, et cette disparité ne devra pas nous surprendre, puisque la nature des parties élémentaires dépend des substances très-diverses constituant les anciennes roches dispersées çà et là et en proie aux agents de décomposition. Certaines couches se présenteront donc à nous puissantes ici et minces plus loin, et nous pourrons découvrir dans maintes de leurs parties des organismes qui manqueront dans d’autres, ou se retrouveront dans une couche différente par sa composition.

Celle complexité variée, fondée sur la nature même des choses, a rendu de plus en plus fausse et insoutenable l'ancienne théorie des grandes périodes de développement nettement déterminées et les distinctions de formations qui reposaient sur elle. Elle a démontré aux géologues qu’ils avaient bien affaire à des alternatives continues de calme et de bouleversement, de formation et de destruction, de vie et d’anéantissement des êtres animés; mais que les différentes périodes ne se distinguent nettement dans leurs effets que localement, tandis que, sur d’autres points, elles passent insensiblement de l une à l'autre. En réalité, il n’existe pas de grandes divisions, dans l’évolution et le développement de notre planète, que l’on puisse considérer comme les points de repos, les haltes de sa marche progressive. Au contraire, nous apercevons une évolution identique à elle-même partout, avec des causes semblables jusqu'aux temps actuels, mais douées d’une puissance d’action toujours décroissante, et allant pour ainsi dire en s’épuisant. Des moments d’arrêt, plus grands dans certains lieux que dans d’autres, ont pu se produire. Dans les temps primitifs, ils étaient probablement simultanés et universels, plus tard, ils prirent de plus en plus un caractère local.

Les restes organiques, que l’on trouve dans les formations, sont très-importants pour déterminer l’âge auquel elles appartiennent ; aussi l’élude des fossiles est-elle devenue la parlie la plus considérable de la géognosie. Personne ne doute plus que ces débris peuvent décider de la contemporanéité on de la non-contemporanéité des couches, et que, par conséquent, leur connaissance est une des conditions les plus essentielles pour arriver à la connaissance des couches elles-mêmes. En effet, tandis que les couches diffèrent souvent beaucoup par leur composition matérielle, les organismes qui appartiennent à la même période restent les mêmes, qu’ils soient enfouis dans du calcaire pur, de la marne, ou du grès et prouvent que ces couches, renfermant des fossiles semblables, ont été formées â la meme époque et après une même catastrophe. L’action de ces catastrophes a été évidemment plus ou moins intense, suivant les lieux, et elles ont produit des résultats très-différents. Sur les points où elles se déployèrent avec tonte leur violence, elles durent anéantir tous les organismes sans exception ; mais dans les régions, au contraire, ou leur action fut moins sensible, beaucoup des orga-

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