CHAPITRE XII
nismcs purent échapper à leurs funestes effets. Dans ce dernier cas, nous concevons très-bien que la vie organique a pu se conserver localement malgré les révolutions, et on explique ainsi son passage d’une période dans une autre, passage qui rend difficile ces distinctions de périodes séparées. Depuis que dans ces derniers tempe, on a donné une grande attention aux renseignements que l’on peut tirer des débris organiques et qu’on les a étudiés avec un grand zèle, la justesse et l’iiniversalilé de ces faits est devenue de plus en plus apparente, et la théorie ancienne d'époques fermées et tranchées a perdu de plus en plus sa valeur. Ceci s'applique aussi au présent séparé des temps qui l’ont précédé par une grande révolution. Les plus grands mammifères terrestres onl été anéantis, et l’homme seul sauvé. Mais nous trouvons parmi les animaux inférieurs, et surtout parmi les animaux aquatiques une foule d'espèces communes au temps présent et aux temps antérieurs. Il n’est donc plus permis d’admettre de grandes périodes de création entendues dans un sens exact, et d’en parler comme d'interruptions pendant lesquelles la Terre se reposait dans son évolution et préparait un nouveau type d'organisation, après avoir anéanti et rejeté l’ancien comme devenu impropre. Le développement de notre planète s’est plutôt déroulé en suivant une marche toujours semblable, sans user de moyens autres que ceux qu’il emploie aujourd'hui. Les éruptions d’abord plus violentes, ensuite s’affaiblissant avec le cours des temps, furent, avec les bouleversements qui les accompagnèrent et modifièrent la nature de notre Globe, les causes principales, dont l’action contribua à transformer les formes des organismes. Leur type fondamental était lixé dès longtemps, et il est resté le même dans ses traits les plus généraux à travers toutes les époques. Nous nous étendrons plus longuement sur ce point, quand nous en serons arrivé à l’étude particulière de l'organisation. Mais, auparavant, il faut encore que nous fassions connaître la succession des couches, autant qu on peut le faire sans user d’un examen approfondi des particularités organiques qu’elles présentent ; il faut que nous fixions leur âge relatif.
A. G. Werner, déjà cité, comme un des premiers fondateurs delà géologie moderne, divisait l’écorce terrestre en trois parties principales, les terrains primitifs, les terrains sédimentaires et les terrains inondés. Les terrains primitifs embrassaient toutes les roches mas-
sives ou anormales 1 ; les terrains sédimcntaircs, toutes les roches stralifiées ou normales, et le terrain inondé, les couches les plus récentes avant l'époque actuelle. Le groupe intermédiaire, embrassant les formations sédimcntaircs, se décomposait en plusieurs sous-divisions. Les couches les plus inférieures, depuis les schistes cristallins jusqu'aux grauwaekes inclusivement, étaient appelés terrains de transition et les étages qui constituent le reste de la formation sédimentaire se groupaient en anciens , moyens et récents. Les savants étrangers combattirent cette nomenclature allemande. On voulut avoir des dénominations d'une intelligence plus facile. Les étages du terrain de transition, y compris tout ce qui est au-dessous du terrain houillcr, prirent le nom de couches primaires, tous les étages do la formation sédimentairc celui de couches secondaires , et les sédiments les plus récents avant l’époque actuelle celui de couches tertiaires. Ces divisions elles-mêmes furent bientôt insuflisantes en face du progrès de la science. En effet, dans chaque étage des trois groupes principaux, on trouve des strates très-différentes qui se distinguent profondément, aussi bien par la substance composante <pie par les débris organiques qu'elles contiennent. On les avait déterminées d’abord plus par leurs différences matérielles que par leurs fossiles. Mais, dans ces derniers temps, ces deux principes de détermination ont échangé leur importance réciproque, surtout
1 1.0 lorrain primitif tio Werner embrasse aujourd'hui, sous le nom do formation primitive, dos limitos toutes différentes. Ses masses principales sont formées par les schistes cristallins, gneiss, micaschiste et schistes argileux primitifs cryptocrislallins ; les roches cristallines, granit, syénitc, etc., leur sont subordonnées. Cependant, de meme que tous les granits et syénites n'appartiennent point à cette époque déformation primitive, il y a aussi des gneiss et îles micaschistes plus jeunes, desquels on distingue les plus anciens par les termes de gneiss et micaschistes primitifs. Ix* gneiss primitif constitue la formation la plus ancienne et la plus inférieure. Tantôt elle s’étend seule sur de vastes surfaces, tantôt elle alterne avec du granit, du micashiste, du schiste amphiboliquo. de la quart zi te. Au-dessus suivent ordinairement en stratification concordante les schistes primitifs, comprenant, en allant de bas en haut, le micaschiste et les schistes argileux primitifs. Ces deux derniers étages renferment, comme parties subordonnées, les schistes Inlcqueux et chloriteux, la quartzitc, le phtanite, le schiste ainphiholiquo, la serpentine, ainsi que des calcaires cristallins et la dolomie. Souvent les schistes argileux primitifs passent, sans transition brusque, aux schistes argileux û fossiles de la formation des grauwaekes, et ces schistes intermédiaires ou de transition sont ordinairement, avec toutes leurs roches subordonnées, considérés comme formations aroîqnes appartenant au système des grauwaekes. Les recherches sur le mode de formation des schistes cristallins ne sont pas encore arrivées à des résultats satisfaisants, comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent. .Nous n'entrerons donc pas ici dans une description plus détaillée des formations primitives, et nous renverrons les lecteurs curieux d'acquérir des notions plus spéciales sur ce point au Manuel de qcoqnntic de C. F. Naumann, 2* »'il. licipzig, iffiO, t. II. p. 70-259. — C».