FIG. IOI. — BERGER GALANT
pour le divertissement du Retour du Printemps
(D'après une lithographie en couleur d'Hippolytej position CelaCOn- Lecomte, — Bibliothèque nationale.) *
duisit Noverre à opérer de grands changements dans la composition des ballets : il voulait de la variété dans les dispositions symétriques. Pour ce motif, il cherchait à conserver aux artistes l'expression naturelle qui leur est propre, au lieu de se borner à leur faire imiter servilement
le maître de ballet. L'expression juste était son idéal.
Aussi préférait-il la pantomime à la saltation. « Renoncez, disait-il aux danseurs, aux cabrioles, aux entrechats, aux pas trop compliqués; appliquez-vous à la pantomime noble; n'oubliez jamais qu'elle est l'âme de notre art. » Et il ajoutait non sans exactitude : « Par un malheureux effet de l'habitude ou de l'ignorance il est peu de ballets raisonnes. On danse pour danser, on s'imagine que tout consiste dans l'action des jambes, dans les sauts élevés. » Par exemple, il allait trop loin en ajoutant : « Il est honteux que la danse renonce à l'empire qu'elle peut avoir sur l'âme et qu'elle ne s'attache qu'à plaire aux yeux. » C'était peut-être beaucoup demander d'un art dont le principal but est justement de plaire. Mais il avait cependant bien compris le côté plastique de la danse : « Le maître de ballet, dit-il, doit étudier les œuvres des peintres et des sculpteurs, connaître l'anatomie... Tout ce qui peut servir à la peinture doit servir à la danse. » Il est le premier à conseiller de bien faire attention à harmoniser les couleurs des costumes et des décors.
Telles furent les idées de Noverre sur la réforme à introduire dans la danse théâtrale (fig. 102).
Noverre (1727-18 10) était élève de Dupré. Ayant eu l'occasion de connaître le célèbre comédien Garrick pendant un voyage qu'il fit à Londres, il s'inspira du jeu admirable de cet artiste pour poser les bases des réformes qu'il jugeait nécessaires. Noverre fut maître de ballet et directeur des fêtes de la Cour, puis maître en chef des ballets de l'Opéra. Ce fut à Lyon qu'il essaya sa nouvelle méthode, l'Opéra ne voulant à aucun
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prix admettre les innovations qui le sortaient de sa routine. Noverre a laissé d'intéressants écrits sur son