FI G. 10 3. — PIERRE GARD EL
(Buste de Delaistre, 1810. — Musée de l'Opéra.)
Maximilien Gardel, dit Y Aîné, frère de Pierre Gardel (fig. io3)r était aussi un maître de talent. La mort vint briser sa carrière trop courte (1750- 1787).
« Dauberval et Gardel, écrit Blasis, en donnant un
fini et une élégance qui manquaient aux ouvrages de Noverre, furent réputés les meilleurs chorégraphes de leur temps. Les ballets de Télémaque et de la Fille mal gardée, de Dauberval, sont justement considérés comme les chefs-d'œuvre du genre tragique et du genre comique. Gardel excella dans les ouvrages mythologiques et anacréontiques et surtout dans la composition des danses. Ses meilleurs ballets sont Psyché, Achille à Scyros, Paris, la Dansomanie. »
Dauberval et Gardel furent les continuateurs de Noverre et perfectionnèrent ses innovations.
C'est à dessein que nous nous étendons si longuement sur cette question importante dans l'histoire du ballet, car à partir de ces trois maîtres datent les véritables progrès du genre. Avant eux, le ballet d'action n'était pas encore inventé. « Mais, dit Baron, on avait le ballet-opéra et les divertissements des opéras : on aurait pu les perfectionner. Point du tout, ces divertissements étaient fixés et l'on ne sortait jamais de la routine consacrée. En tout opéra on avait des passe-pieds au prologue, des musettes au premier acte, des tambourins au second, des chacones et des passe-pieds au troisième et au quatrième et, pour varier, des passacailles et des chacones et des tambourins et des musettes et des passe-pieds. En tout cela ce n'était pas la marche de l'opéra qui décidait, mais des considérations qui lui étaient tout à fait étrangères. Tel danseur excellaitdans les chacones, telle danseuse dans les musettes. Or il fallait que dans chaque opéra tous les premiers sujets dansassent chacun dans son genre et que le meilleur dansât le dernier. C'était d'après cette loi et non d'après l'action
du poème que les pas étaient réglés, et cela était d'autant plus inévitable que jamais le poète, le musicien, le maître de ballet, le costumier, le décorateur ne se consultaient pour rien. Les lignes étaient tracées; chacun de son côté parcourait éternellement lesmêmes sans s'inquiéter qu'elles aboutissent au même point. Aussi avait-on la plus grande peine à déraciner le mal.
« L'art de la danse, conclut Blasis, est porté par Dauberval, Gardel, Vestris(fig. 104) et quelque autre grand artiste à un si haut degré de perfection, qu'elle a dû surprendre Noverre luimême. » Pourtant avant