‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 126 sur 153 · FIG. IO4. — GAETAN VESTRIS · texte numérisé non relu

FIG. IO4. — GAETAN VESTRIS

Noverre On avait fait (D'après une gravure de Miller. — Biblio- 1 . . thèque nationale.)

quelques tentatives ti-

mides pour sortir de l'état de choses que l'illustre chorégraphe avait si énergiquement combattu. « L' Opéra de Société, représenté pour la première fois le ier octobre 1762, est, dit M. de Lajarte, le premier essai d'émancipation scénique que nous ayons trouvé dans le répertoire de l'Opéra. » Voici l'argument placé en tête du livret : « Une société de gens à talents s'assemble à la campagne pour exécuter en musique la Vengeance de Diane. Quelques scènes qui précèdent et qui suivent la repré-

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sentation interrompue de la tragédie forment la comédie ; le tout est terminé par une pantomime qui représente Adonis métamorphosé en Anémone. »

L'assemblage bizarre de ces trois genres disparates ne fit pas école.

Jusqu'à Tannée 1770, où Noverre faisait applaudir quelques scènes de sa pantomime Médée et Jason intercalées dans YIsmène et Isménias de Delaborde, l'opéraballet avait régné seul en maître à l'Opéra. Le succès de la nouvelle formule théâtrale encouragea son auteur, ainsi que les autres maîtres de ballet, à se lancer sur cette voie. La pantomime était à la mode. Endymion de Gaétan Vestris, Médée et Jason de Noverre, donné cette fois en entier, les Caprices de Galathée marchaient de succès en succès. La musique qui s'exécutait pendant ces pantomimes n'avait rien d'original : c'était un arrangement d'airs connus, et les textes qu'ils rappelaient pouvaient servir à expliquer la situation. Noverre qui avait fait jouer Apelles et Campaspe et les Horaces à Stuttgard avec une musique nouvelle de Rodolphe et de Starzer, lorsqu'il était maître de ballet du duc de Wurtemberg, ne put faire prendre cette habitude à l'Opéra. On joua Apelles et Campaspe le 17 octobre 1776 avec la musique de Rodolphe, les Horaces le 21 janvier 1777, avec celle de Starzer, mais quand Noverre fit jouer la Fête chinoise, Annette et Lubin, les petits Riens, Gardel, la Chercheuse dy esprit, Ninette à la Cour, etc., on revint aux anciens errements. Les partitions de ces œuvres charmantes furent arrangées sur les ponts-neufs de l'époque, ou sur des airs tirés d'opéras anciens et présentés sous forme de pas-

FIG. 105. — VESTRIS L E J J E U N E (l76o-l838

(Caricature par Isabey6 — Musée de l'Opéra.)

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tiche. Ce fut seulement en 1790 que Pierre Gardel fit représenter son ballet Télémaque dans Vile de Calypso avec la musique de Miller, le beau-père de sa femme.

Dès lors la coutume en fut conservée et l'on vit les airs de balletspantomimes écrits spécialement par les musiciens en vogue, MéhuJ,Chérubini, Gaveaux, Persuis, Kreutzer, H. Montan-Berton, Grétry, Boïeldieu, Auber, Hérold, Halévy, Carafa, Gide, Labarre, Adam, Ambroise Thomas, Reber, Burgmuller, Flotow, Deldevez, Pugni, Tolbecque, et dans lestemps plus modernes Offenbach,Minkous, Delibes, Guiraud, Salvayre,Widor, Lalo, Massenet, Dubois, de Lajarte, Gastinel, Messager, P. Vidal, Wormser, etc. Mais revenons aux maîtres de ballet. A Noverre et Gardel succéda Gaétan Vestris (fig. 104). Il eut pour fils, Auguste (fig. io5-io6), qui fut surnommé le « dieu de

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