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écrire; cette difficulté s'augmente de ce qu'elle résume dans leur succession ininterrompue les différents états d'âme des civilisations disparues, depuis leur période de formation jusqu'à leur décadence.
Pour en tracer les phases principales, deux méthodes se présentaient : ou bien suivre les différentes étapes de son évolution, depuis l'origine jusqu'à nos jours, en mélangeant tous les genres; ou bien étudier chronologiquement chacune de ses formes spéciales..
Celle-ci semble plus logique et plus claire; aussi a-t-elle été adoptée dans cette étude que nous avons divisée en deux parties principales : les Danses sacrées et les Danses profanes.
Les danses sacrées ont été les plus anciennes formes chorégraphiques. Nées du principe d'imitation, elles ont reproduit le mouvement des astres, les gestes des divinités, les hauts faits des héros ou demi-dieux : elles se sont continuées jusqu'au xvie siècle comme formule solennelle d'adoration collective : à partir de cette époque elles disparaissent complètement. Il semble donc naturel de les- étudier spécialement, dans l'antiquité d'abord, ensuite dans l'Orient, puis dans l'Occident, depuis le moyen âge jusqu'à la fin de la Renaissance.
Après avoir imité les exploits des demi-dieux, la danse, passant dans le domaine profane, est devenue la représentation artistique des actes familiers de la vie journalière1 : c'est pourquoi ayant peu à peu oublié sa grandeur hiératique, elle fut par raffinement de l'eurythmie» la chorégraphie plastique des Hellènes, des Etrusques et des Romains, puis la danse de caractère, c'est-à-dire exprimant une action
i. Ce côté' spécial de l'histoire de la Danse n'a pu, cela est facile à comprendre, être traité d'une façon tout à fait complète .dans ce livre d'enseignement. . * •
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ou des sentiments. Mais, il faut bien l'avouer, le caractère se de'gage mal de la plastique et se confond souvent avec elle. Après en avoir étudié les manifestations en Orient et chez les différentes nations européennes, nous montrerons comment ces danses populaires et nationales — héritage de la Grèce à nous transmis par l'Italie — allaient, en s'urbanisant, devenir les danses de cour, d'où naîtraient bientôt la danse théâtrale et le ballet. Entre les deux genres il était nécessaire de placer les saltations guerrières, qui ont disparu dans l'Antiquité comme pendant la Renaissance, âù moment précis où les chorégraphies scéniques firent leur apparition.
La danse acrobatique s'est continuée sans interruption jusqu'à nos jours. Sa persévérance lui méritait donc une place dans cette étude. Mais ses manifestations, toutes de force ou de souplesse, lui assignent le dernier rang. * Pour conclure, il était nécessaire de passer en revue les efforts tentés par les techniciens afin de rendre stable cet art, le plus fugitif de tous. Une brève excursion se trouvait donc indiquée dans le domaine de Torchésographie, ou art d'écrire sur le papier les figures de la danse.
Tel est, succinctement expliqué, le plan de ce travail : à l'aide de divisions très nettes nous avons cherché à le rendre aussi clair que possible.
La partie iconographique a été l'objet de soins particuliers. Nous nous sommes attachés spécialement à donner la vision des danses à l'aide de documents authentiques. Dans la haute Antiquité la moisson a été modeste; chez les Grecs et les Latins elle s'est trouvée plus abondante; le moyen âge a fourni une intéressante collection; les temps modernes ont présenté une richesse considérable de documents parmi lesquels il était difficile de borner un choix.
Voulant donc apporter dans l'établissement de cette documentation la circonspection la plus sévère, nous avons banni rigoureusement toute composition due à l'imagination des
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artistes modernes, e'carté prudemment toute reproduction de source douteuse. On ne s'étonnera donc point si certains chapitres manquent totalement d'illustrations, alors qu'au contraire dans d'autres les figures abondent : cela est une preuve de la scrupuleuse exactitude avec laquelle les recherches ont été faites.
L'histoire de la Danse est la plus attrayante des études : le côté anecdotique la met à la portée de tous. Le caractère éminemment féminin de ses manifestations lui donne un charme puissant. Au point de vue purement esthétique, elle est à la fois la poésie du mouvement, la musique des attitudes, en résumé l'expression la plus parfaitement idéale de l'eurythmie plastique.
C'est pourquoi on ose espérer que son histoire présentera quelque intérêt au lecteur.
Religieuse à son origine, la Danse a toujours conservé un reflet de son caractère hiératique. Elle est le rite instinctit du Geste devenant théoriquement une forme de la Séduction et de la Beauté; elle évoque l'idée d'un culte dont la Femme a été jusqu'à présent et restera éternellement la toutepuissante et mystérieuse Prêtresse.
Pour les sommaires de chaque chapitre, consulter la Table des matières, page 35y.