‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 27 sur 153 · FIG. 12. — LE FEU · texte numérisé non relu

FIG. 12. — LE FEU

(D'après le tableau de Lancret, gravé par Audran.)

rondes qui se prolongeaient très avant dans la nuit et se terminaient quand les dernières clartés des brasiers mouraient dans les premières lueurs de l'aube. Mézerai parle en ces termes de certaines danses de la Saint-Jean exécutées sous le règne de Charles V : « Des gens se dé-

pouillaient tout nus, se mettaient une couronne de fleurs sur la tête, et, se tenant les mains, par bandes allaient dansant dans les rues et dans les églises, chantaient et tournoyaient avec tant de roideur qu'ils en tombaient par terre hors d'haleine. Ils s'enflaient si fort par cette agitation qu'ils eussent crevé sur place si Ton n'eut pris soin de leur serrer le ventre avec de bonnes bandes K » Ces danses baladoires furent interdites en 1667.

Toutes les fêtes au moyen âge se faisaient dans l'église « ce domaine du peuple2 ». Les chanoines jouaient à la balle dans les cathédrales jusqu'en i 5 38. « Après le jeu venaient la danse et les banquets. Dans le chœur aussi bien que sur le parvis se faisaient toutes les réjouissances. A Paris, sur le parvis Notre-Dame, se vendaient les jambons de Pâques que l'on mangeait dans l'église même et les repas étaient suivis de danses. L'Eglise aimait le peuple et se prêtait à ces joies enfantines3. » De là l'origine de toutes ces fêtes du moyen âge : fête de l'Ane, fêle des Fous, célébrée à Auxerre jusqu'en 1407, « imitation de l'orgie païenne tolérée par le christianisme comme l'adieu de l'homme à la sensualité qu'il abjurait... fêtes où l'homme, reconnaissant que la bestialité était en lui-même, exposait dans des extravagances symboliques sa misère et son infirmité4. »

A Paris, c'était la fête des sous-diacres ou des diacres

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