Voir les Mémoires de Casanova
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quée aussi bien par les croyants que par les malheureux, comme le geôlier qui, en ouvrant les portes du i.éant, devait mettre un terme aux souffrances physiques et morales que chacun ressentait dans la prison corporelle.
C'était, en outre, une réaction de Père nouvelle : l'antiquité avait péri dans l'apologie de la chair, le monde qui naissait voulait se purifier dans les mortifications de la chair. Telle est l'idée principale qui préside à la création de la danse macabre.
Il y en eut une autre :
la raillerie terrible du grand principe d'égalité établi par la mort, principe qui mettait au même niveau le serf et le seigneur, l'esclave et le maître, la victime et le bourreau. La mort, ménétrier terrible, au
son aigre de son rebec menait, dans son branle épouvantable, tous les âges, toutes les conditions.
Quant à l'origine réelle de cette danse, elle reste ignorée. « Selon M. Van Praet (Catalogue des livres imprimés sur vélin), ce mot viendrait de l'arabe Magabir, Magabarag (cimetière); d'autres le tirent des mots anglais : Make-Break (faire-briscr) unis ensemble pour imiter le bruit du froissement et du craquement des os. On croyait, à la fin du xve siècle, que Macabre était un nom d'homme : c'est l'opinion la moins probante de toutes1. » Il existe, en effet, un trouvère nommé Macabre ou Macabrus, mais dont les œuvres n'ont aucun rapport avec la danse qui porte ce nom.
Langlois en trouve l'étymologie dans la danse des Macchabées, exécutée lors de la translation de leurs restes, d'Italie à Cologne, en Tan 1 164. D'autres la font venir du mot Macheria, qui signifiait muraille, en basse latinité, parce qu'elles étaient peintes sur les murs des églises et des cimetières.
Ces danses, qui ont été rendues populaires, grâce au pinceau de Holbein et au burin d'Albert Durer ont-elles été dansées réellement? « Je crois, avec Félibien et MM. Dulaure de Barante et Lacroix, dit Michelet, que c'était d'abord un spectacle et non une peinture comme le veut M. Peignot : c'est le progrès naturel, comme je l'ai fait déjà remarquer, le spectacle d'abord, puis la peinture, puis les livres de gravures avec explication. » Il est vrai que les textes prêtent à amphibologie. « Item, en l'an 1424, fut faite