Michelet, op. cit
la danse Marâtre aux Innocents, et fut commencée environ le moys d'aoust, et achevée au karesme suivant1... En Pan 1429, le cordelier Richart, preschant aux Innocents, estoit monté sur ung hault eschaffaut qui estoit près de toise et demie de hault, le dos tourné vers les charniers, en-contre la charronnerie à l'endroit de la danse macabre2. »
Ces textes pourraient aussi bien se rapporter à la peinture qu'à la danse en elle-même. Une objection, qu'il est facile de réfuter, est celle de la durée « du mois d'aoust au karesme suivant », et qui a été soulevée par ceux qui ne veulent admettre que la peinture : étant donnée la longueur des mystères, il n'y a rien d'impossible à ce que la danse ait été exécutée plusieurs mois de suite, les représentations n'ayant lieu qu'aux grandes fêtes comprises dans cette période d'un semestre. Mais voici la meilleure explication : Villeneuve-Bargemont, dans son Histoire de René d' Anjou, raconte qu'une procession défila dans les rues de Paris sous le nom de « danse Macabre ».
Cette coutume était, d'ailleurs, répandue dans toute l'Europe. En 1 5 1 o, à Florence, circule pendant plusieurs nuits la Mascarade de la Mort, organisée par le peintre Pierre de Cosimo, composée de chars représentant des sépulcres, lesquels, à certains moments, s'ouvraient et laissaient passage à des squelettes chantant le Miserere. La Renaissance avait des accès de gaieté féroce!
Deux anecdotes ne laissent aucun doute sur la ques-