‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 38 sur 153 · FIG. I 6. — DANSE ROMAINE · texte numérisé non relu

FIG. I 6. — DANSE ROMAINE

(D"après une peinture de Pompéi. — Musée de Naples.)

imitation des actions des héros ou demi-dieux, issues du principe religieux des danses astronomiques, devaient conduire à la pantomime théâtrale et à la chorégraphie profane.

Une des caractéristiques de l'esprit grec fut ce mélange de profane et de sacré, dont on ne saurait citer

des exemples dans l'Inde et l'Egypte antiques. Déjà l'homme se familiarise avec la divinité, qui descend sur la terre pour s'unir à l'humanité. Dans l'Inde, la divinité quitte plus rarement le séjour immortel. C'est pourquoi Victor Duruy a écrit avec tant de vérité : « Les dieux de la Grèce sont si près de l'homme qu'ils en ont toutes les faiblesses; ceux de l'Orient en sont si loin qu'ils ne se mêlent point véritablement à sa vie, malgré leurs nombreuses incarnations. »

Les dieux de la mythologie grecque étaient donc très intimement en rapport avec les hommes. D'après Lucien, les Grecs croyaient que les dieux dansaient et voulaient que les hommes dansassent pour les imiter. L'épithète de saltatèurs était donnée aux dieux par les Grecs. Cette idée se trouvait d'ailleurs très répandue dans le monde antique. Virgile fait danser les Mânes et les Ombres au VIe chant de l'Enéide1. Voici quelques exemples tirés des poètes : Eumélius fait danser Jupiter chez Athénée ; Pindare croit rendre hommage à Apollon en lui décernant le titre de danseur. D'après Virgile, Diane danse sur les bords de l'Eurotas et sur le mont Cynthien; d'après Apulée, Vénus danse aux noces de Psyché. Horace célèbre les danses de la même déesse au clair de lune avec les Grâces. Bacchus danse dans les Indes, les Muses dansent autour de l'autel d'Apollon (Hésiode); les nymphes des fontaines (Théocrite) et celles de la mer (Virgile) se livrent à cet agréable passetemps. C'est pourquoi les Grecs dansaient pour imiter et honorer les divinités du ciel, de l'onde et de la terre.

i. « Pedibus plaudunt choreas et carmina dicunt ».

La danse tombait dans le domaine de la légende et du merveilleux : Protée aux mille formes, Empuse et les Lamies aux transformations hideuses ne furent, sans doute, à l'origine, que des danseurs très habiles à changer rapidement de gestes et de postures.

Mais voici le moment où la danse, d'essence divine, commence à entrer dans le domaine profane. Tandis que Minerve enseigne aux mortels les saltations guerrières, Vénus montre aux jeunes hommes les danses amoureuses. Après la mort de Bacchus, les Bacchantes, ses prêtresses, instituent, selon Hérodote, les Bacchanales qui sont les premières chorégraphies lascives.

Ces danses licencieuses furent très répandues dans l'antiquité. Les Grecs les mirent en honneur, les Romains, après eux, en abusèrent. Elles prirent d'abord naissance chez les peuples jeunes, se développèrent avec l'impudeur inconsciente de l'enfance et se propagèrent dans la corruption des races perverties. L'Europe ellemême n'y a point échappé : « Il faudrait aller jusqu'au fond de l'Orient pour voir, dans les danses lascives des aimées de l'Inde et d'Egypte, quelque chose qui rappelât l'attitude des mimes de Rome, des danseuses de Gadès, d'Antioche et de celle qui fut l'impératrice Théodora. Même sans aller si loin, on trouverait dans les fêtes royales ou princières du xvc et du xvie siècle, en pleine société chrétienne, des exhibitions de femmes entièrement nues, choisies quelquefois parmi les plus nobles de la cité, comme celles qui représentèrent à Lille, devant Charles le Téméraire, le jugement de Paris. »

On se rend compte de l'influence des danses profanes sur les civilisations primitives. Abordons maintenant la question des danses plastiques dans l'antiquité.

Ainsi qu'on Ta vu précédemment au sujet de la danse des funérailles, les dessins retrouvés sur les murailles des hypogées thébains montrent que les peuples d'Egypte ne s'en tenaient pas seulement aux danses sa-

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