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CHAPITRE II

« Les citoyens les plus distingués de chaque ville prenaient part eux-mêmes aux danses, et non seulement ils ne rougissaient pas de ces divertissements, mais s'en montraient plus glorieux que de leur noblesse, de leurs charges municipales et de la vertu de leurs aïeux. »

Lucien.

L'union de la danse sacrée et de la danse profane était tellement intime chez les Grecs qu'il est fort difficile d'en établir la classification exacte. « Presque .tous les dieux de la Grèce antique, dit M. Emmanuel, ont été danseurs. Zeus, Héra, Déméter, Apollon, Aphrodite, Ares, Hermès, Athèna n'ont pas seulement présidé aux danses de leurs suivants ; les poètes, les mythologues, nous les montrent très disposés à y prendre part en personne. Rien ne révèle plus clairement la dignité attribuée par les Grecs à un art que les plus hautes divinités de l'Olympe honoraient de leurs faveurs. »

Parmi les danses profanes dont l'origine remonte au

mythe de Jupiter, citons, en première ligne, la Dactyle qui fut exécutée avec de grandes clameurs sur le mont Ida par les Dactyles, les Corybantes, les Curetés, prêtres de Cybèle, pour empêcher les vagissements de Jupiter enfant de parvenir aux oreilles de Saturne qui l'aurait dévoré.

Les prêtres du culte orgiastique de Cybèle, mère des dieux, avaient une grande vogue en Grèce. Ils étaient d'origine phrygienne; au son de la flûte de Phrygie, ils dansaient les Aloènes en l'honneur de Cérès, fille de Cybèle, et en témoignage de ses bienfaits. Leur danse assez primitive consistait en tournoiements par piétinements. On l'a confondue à tort avec la Pyrrhique. Cette dernière, de forme mimétique, admettait les mouvements les plus variés. La danse des Curetés était une gesticulation bruyante au rythme des armes d'airain heurtées en cadence.

Les Grecs adoraient Cérès par une foule de danses rustiques dont les principales étaient : YAnthèma, le Boukolos, la Callichorée, le Keiroskalatismos, YEpicrédiosy VEpilémios, les Horai, la Kométikè, les Proérosies, à l'époque des semailles; la plupart de ces fêtes étaient locales. Elles se subdivisaient en deux catégories : les danses rustiques enseignées aux laboureurs par Cérès, les danses champêtres apprises aux bergers par Pan et les Faunes.

En l'honneur de Bacchus (fig. 18) on dansait les Antéistéries, qui avaient lieu après la fermentation, quand on ouvrait pour la première fois les vases renfermant le vin nouveau, la Bacchiké, en usage surtout dans le Pont et dans l'Ionie, la Bachilique, exécutée au son bruyant des

sistres, des cymbales et des tambourins ainsi que les Phallophories et le Phallikon, toutes danses d'une extrême licence.

Ayant vu précédemment les cérémonies de la fête

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