FIG. 19. — DANSEUSES DIONYSIAQUES
(Fragment d'une coupe d'Euphronios. — Musée de Cracovie.)
gné et impuissant. Des femmes seules accomplissaient ces rites farouches. Échevelées, à demi nues, elles couraient à la lueur des flambeaux, au bruit des cymbales, avec des cris sauvages, des gestes et des transports violents. L'exaltation nerveuse amenait le désordre des sens, des idées, des paroles, des attitudes. Quand la Ménade dansait éperdue, insensée, avec des serpents autour des bras, à la main un poignard ou le thyrse dont elle
1, E, Burnouf, Histoire de la littérature grecque.
frappait tout autour d'elle, c'était le dieu qui agissait en elle et la sacrait prêtresse de son culte. Malheur à l'homme qui surprenait ces mystères : il était mis en pièces; les animaux même étaient déchirés et elles mangeaient leur chair palpitante. »
Les mêmes frénésies religieuses existent chez les Aïssaouas1. Il ne faut pas confondre les Ménades avec les Bacchantes. Les Ménades sont toujours mêlées aux Satyres, tandis que les Bacchantes n'admettent aucun danseur parmi elles : la célébration des fêtes orgiaques était exclusivement confiée à des femmes2.
Mais toutes les danses n'avaient pas ce caractère cruel et sauvage. D'allure plus innocente et plus douce étaient les Nymphœ{tig. 22 et 24), les Florales, la Charisia, en l'honneur des Nymphes, de Flore et des Grâces, les Erotidies, qui glorifiaient Cupidon et Euterpe, les Hilaria, danses de Pan, YHermès, qui rappelait les grandes actions de Mercure, la Kallimaque et la Knossia, qui proclamaient les hauts faits d'Hercule et de Thésée.
Vénus avait institué la danse chaste et décente. Pourtant son culte, comme celui de Bacchus, devait, en dégénérant, faire naître Y Aphrodite, VApokinos, YAposeisis, la Balarita, la Cynédologie, YEpiphallos, YHédion, Y Ionienne, le Kallistos, le Maktrismos et le Strobylos, dont la description, même à mots couverts, n'est pas possible.
Parmi les danses générales, il convient de citer les Métoécies, en l'honneur de la réunion des douze bour-