V. Duruv, Histoire des Romains
Rome, à l'origine, ne connut que les danses sacre'es. Les premières fêtes romaines, les Lupercales, les Palilies, les Ambarvalia, les Amburbalia, d'origine étrusque, avaient pour but le culte de la Nature. C'est en dansant que les Luperques, demi-nus, frappaient de leurs lanières de bouc ceux qui s'offraient à leurs atteintes; c'est en dansant que les bergers passaient avec leurs troupeaux au-dessus de tas de foin et de paille enflammés, coutume que nous retrouverons dans les feux de la Saint-Jean. Les processions, autour des champs et des villes, les Ambarvalia et les Amburbalia, étaient des danses majestueuses dont les cérémonies
LES ÉTRUSQUES ET LES ROMAINS
des Rogations ne sont plus qu'un souvenir atténué. Ce peuple, vraiment guerrier, ne pratiquait guère les danses rustiques et champêtres en honneur chez les Grecs.
Mais ces mœurs innocentes ne durèrent pas longtemps. Placée entre les deux civilisations bien différentes des Étrusques et de la Grande- Grèce, Rome allait bientôt emprunter aux races voisines, en même temps que leur corruption, les formes profanes de Part qui lui manquait.
« L'austérité des vieux Romains, dit Victor Duruy, venait de leur indigence et non de leur conscience. Rome,devenue riche, s'adonne à la débauche dont
on a pris l'exemple après les guerres contre Persée. » « Lorsque j'entrai dans une école où les nobles envoient leurs fils, s'écrie Scipion Emilien, grands dieux! j'y trouvai plus de cinq cents jeunes filles et jeunes hommes qui recevaient au milieu d'histrions et de gens infâmes des leçons de lyre, de chant et d'attitudes (de danse). Je vis un enfant âgé de douze ans, le fils d'un