‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 66 sur 153 · DANSE AU TEMPS DU ROI CHARLES VII · texte numérisé non relu

DANSE AU TEMPS DU ROI CHARLES VII

(Tirée du roman de Girard de Nevers et de la belle Euriante. Manuscrit français vers 1440. — Bibliothèque nationale.)

ment; l'Eglise élevait la voix contre ces orgies, et un moine augustin osait dire, en présence de la reine Isabeau, que la cour était le domicile de dame Vénus. A la même époque naît le goût des danses, des mystères « pieusement burlesques, des farces de la Bazoche »,

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ainsi que l'organisation du corps des ménétriers. « Cette corporation, tout à fait nécessaire, sans doute, dans une si joyeuse époque, était devenue importante et respectable. Les traités de paix se criaient dans les rues à grand renfort de violons, et il ne se passait guère six mois qu'il n'y eût une paix criée et chantée. » Michelct aurait pu ajouter « et dansée », car c'était l'ère des réjouissances. « Les fols, patentés par les villes, jouaient, chantaient et Dallaient, quand on proclamait un traité de paix ou qu'on faisait quelque autre acte public. »

Ces fêtes continuèrent malgré les guerres, les pestes et autres calamités (fig. 42).

Mais ce n'était pas uniquement la France qui avait le privilège des bals. La danse était favorisée par Soliman, sultan de Constantinople, et par son vizir Ibrahim, « deux hommes pacifiques et faits pour les arts de la paix », qui répandaient en Europe l'influence byzantine. Les danses mauresques étaient déjà très florissantes en Espagne, et, lorsque les Maures furent chassés, « on ôta, aux malheureux qui restaient esclaves, leur langue et leurs danses nationales » ; mais elles étaient déjà profondément entrées dans le sang espagnol, et l'on en retrouve des traces dans les fandangos et les cachuchas de Séville et de Grenade.

L'illustre maison de Bourgogne avec son faste et sa magnificence donna un essor considérable aux fêtes, principalement dans les provinces septentrionales. « Ces grandes fêtes flamandes de la maison de Bourgogne, dit Michelet, ne ressemblaient guère à nos froides solennités modernes. On ne savait pas encore ce que c'était que de

cacher les préparatifs, les moyens de jouissance pour ne montrer que les résultats. On montrait tout nature et

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