‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 67 sur 153 · FIG. 43. — BAL DE COUR · texte numérisé non relu

FIG. 43. — BAL DE COUR

(D'après un tapis du xvi° siècle.)

art, et tout art mêlé, tout plaisir... Dans ces prodigieux galas les intervalles des services étaient remplis par d^étranges spectacles, représentations fictives mêlées de réalités... Alors commença un bal où dansèrent avec les

LA DANSE AU MOYEN AGE. i+j

chevaliers douze Vertus en salin cramoisi : c'étaient les princesses elles-mêmes, les plus hautes dames. »

En Italie, les fêtes d'Alexandre VI étaient renouvelées des orgies d'Héliogabale, témoin celles qui furent célébrées aux noces de Lucrèce Borgia avec Alphonse de Ferrare. Le peuple italien, dans ses plaisirs, imitait les princes et les rois. « Après les supplices, on dansait sur les places publiques bien nettoyées de sang. »

La danse, on l'a vu, n'était donc pas l'apanage des grands de la terre, des seigneurs et des puissants. Le peuple, le paysan surtout, dansait, ainsi que le démontrent nos anciens poèmes ou romans en vers. « Les Rondeaux, Ballettes, Estampies, Virelis étaient de petites chansons destinées à accompagner la danse. L'estampie s'appliquait originairement, comme son nom l'indique, à une danse où l'on frappait du pied pour marquer le rythme1 ». Ajoutons que le rondeau était un diminutif de la ronde.

Partout donc, au palais des rois, au château féodal, sur la place du hameau, on dansait au moyen âge : la diversité des termes employés parThoinot-Arbeau pour définir la danse en indique clairement les différents caractères à cette époque.

« Dancer, nous apprend-il, c est-à-dire saulter, saultelotter, caroler, baler, tréper, trépiner, mouvoir et remuer les pieds, mains et corps de certaines cadances, mesures et mouvements, consistant en sault\, pliements de corps, divarications, claudications, ingé-

i. Gaston Paris, la Littérature française au moyen âge.

niculations, élévations^ jactations de pieds et aultres contenances1. »

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