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Thoinot-Arbeau, Orchéso graphie

LA DANSE AU MOYEN AGE. i45

« La danse ou saltation, dit Thoinot-Arbeau, est un art plaisant et profitable qui rend et conserve la santé; convenable aux jeunes, agréable aux vieux et bien séant à tous, pourvu qu'on en use modestement en temps et lieux et sans affectation vicieuse. »

Aussi le moyen âge dansa, léguant aux siècles qui suivirent un grand nombre de danses dont l'origine se perd dans la nuit de l'antiquité. Les premiers auteurs qui ont écrit sur la danse, en ont fait, il y a longtemps, l'observation : « Il est vrai que nous pouvons comparer l'emmelie à nos pavanes et basses danses, dit l'auteur de V Orchésographie ;la cordaceaux gaillardes, tordions, voltes, courantes, gavottes, bransles de Champaigne ou de Bourgoigne, bransles gays et bransles couppez; le siccinis aux bransles doubles et bransles simples, la pirrichie (Pyrrhique) à la danse que nous appelons bouffons ou matachins. »

« La cordace, dit Bonnet, répond à nos gaillardes, voltes, passe-pieds et gavottes. La cycinnis répond à nos danses entremêlées de gravité et de gaieté comme la bourrée, la duchesse, et nos bransles, et l'emmelie répond à nos danses graves et sérieuses comme la pavane, la courante, la sarabande qui expriment la noblesse de la danse. »

Ces danses antiques ont dû, néanmoins, subir des modifications dans la suite si leur point d'origine est unique. En tout cas, ces deux assertions évidemment empruntées l'une à l'autre renferment des erreurs, ainsi que le fait observer Mme Laure Fonta.

« L'emmelie, dit-elle, se composait sur la rvthmopée et non sur la valeur du temps musical. La cordace con-

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tenait des mouvements plus que libres, ce qui n'est pas le cas des charmantes gavottes; quant au sicinnis, nous le considérons bien autrement ingénieux et vif que les branles. »

Malgré ces quelques restrictions, on peut admettre que, dans le principe, ces danses du moyen âge, découlent des danses anciennes.

Ce fut seulement vers le milieu du xve siècle que la danse commença à devenir un art d'agrément. Au xnie siècle elle avait pourtant certaines règles, ainsi que Ton peut s'en rendre compte par le Jeu de Robin et de Marion. La bergère demande à son ami qui lui offre de la faire danser, s'il sait « bien aller du pied », accomplir « les tours de tête et de bras ainsi que le touret »? C'étaient fort probablement les pas et mouvements de la Treske (tresche), danse villageoise qui s'exécutait au son du tambour, de la musette, du bourdon, des cornets et du chant. Car on dansait les chansons ou seulement leur refrain : c'étaient les vaduries, les reverdies ou raverdies, sortes de chansons n'ayant pas le caractère épique et rentrant dans la catégorie des rotrouenges1. La danse de ces chansons était conduite par un meneur et une meneuse, ainsi qu'on l'apprend par le Roman de la Rose et le Jeu de Robin et de Marion.

Pourtant un certain nombre de danses en usage au xvie siècle étaient déjà connues au moyen âge. Nous allons en dire quelques mots.

Une des plus anciennes fut la Kàrole, le prototype des basses danses et qui disparut au milieu du xve siècle

i. La chanson de Richard Cœur de Lion était une rotrouenge.

pour faire place aux pavanes et à la passe-mezze. La karole était la danse noble des cours plénières (fig. 46).

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