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L'ACADÉMIE DE DANSE LES MAITRES A DANSER

« L'art de la danse a toujours élé reconnu l'un des plus honnêtes et des plus nécessaires à former le corps et à lui donner les premières et les puis naturelles dispositions à toutes sortes d'exercices du corps, et entre autres à ceux des armes, et par conséquent à l'un des plus avantageux et des plus utiles à notre noblesse et autres qui ont l'honneur de nous approcher non seulement en temps de guerre, dans nos armées, mais même en temps de paix, dans nos ballets. »

Lettres patentes de 166 r.

Le xvie siècle donna un nouvel essor aux fêtes du moyen âge. On dansa beaucoup sous Louis XII et sous François Ier. Les chroniques du temps parlent d'un bal où le roi-chevalier aurait servi de cavalier à la belle Anne de Boleyn. Lors du voyage de Henri III à Venise, la chambre du conseil auquel le prince venait d'assister, avait été tout à coup superbement décorée, changée en salle de bal et tendue de tapis turcs. « A la place des vieux

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sénateurs, deux cents jeunes femmes de Venise, ravissante apparition, s'emparent de la salle et dansent, toutes vêtues de taffetas blanc, avec un doux éclat de perles1. »

« Les tournois et carrousels, ces fêtes guerrières et magnifiques, avaient, dit Gahusac, causé à la cour de France, en i 5 59, un événement trop tragique pour qu'on pût songer à les y faire servir souvent dans les réjouissances solennelles. Aussi les bals, les mascarades et surtout les ballets qui n'entraînaient avec eux aucun danger, et que la reine Catherine de Médicis avait connus à Florence, firent pendant plus de cinquante ans la renommée de la galanterie et de la magnificence françaises. »

Catherine de Médicis imaginait fête sur fête : la plus célèbre est celle qui fut donnée près de Bayonne à la reine d'Espagne, aux ducs de Savoie et de Lorraine et aux princes étrangers : « Les filles d'honneur des deux reines, dit Cahusac, vêtues élégamment, partie en nymphes, partie en naïades, servirent la table du roi... Le festin fini, un parquet de gazon fut mis comme par magie; le bal de cérémonie commença et la cour s'y distingua par la noble gravité de ses danses sérieuses qu étaient alors le fond unique de ces pompeuses assemblées. »

En vain la Réforme essaie de faire disparaître les jeux et les banquets en favorisant uniquement le chant la danse resta en honneur. Henri IV était un fanatique de ces sortes de plaisirs : « Quand le roi de Navarre, dit d'Aubigné, avait lassé hommes et chevaux, mis tout le

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