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règne d'Henri IV plus extravagant encore, si c'est possible, plus lourd et plus incommode. L'armature du corset au buse 4' acier garni de baleines et d'éclisses de
i<54 HISTOIRE DE LA DANSE.
bois, la vertugade appuyée sur un large cerceau, sorte de tour ronde soutenue par une monture de fils d'archal, les manches garnies de coton et deux fois larges comme le corsage, enfin la triple jupe, tout cet ensemble formait un costume d'une richesse inouïe peutêtre, mais trop pesant et trop massif. Tout à coup, sous les règnes suivants, presque sans aucune transition, le vêtement féminin cesse de déguiser et de déformer les proportions harmonieuses du corps humain.
« Le justaucorps, dit M. P. Lacroix, qui notait autre que la hongreline raccourcie et ajustée, succéda aux corsages en pointe et bombés; les manches larges, serrées seulement au poignet, ne travestissaient plus la forme des bras ; la robe tombait droite à partir de la taille, mais elle était accompagnée de deux jupes qui avaient leur nom dans le langage précieux : on les appelait la friponne et la secrète. Quant à la robe de dessus on la nommait la modeste. »
Il paraît indiscutable que le goût du bal qui commençait à se répandre, surtout sous Henri IV, eut une grande influence sur la transformation de la mode. Comment les danseuses pouvaient-elles, avec les bizarres accoutrements, lourds et massifs, se liver aux sauts légers et gracieux de la Gaillarde et de la Volte ? L'amour de la danse fit réformer le mauvais goût du costume qui redevint plus simple. En tout cas, si la danse ne fut pas l'unique raison de cette métamorphose, elle peut passer sans contredit pour la principale.
Maintenant abordons ces danses elles-mêmes. Une des plus nobles était la Pavane, très en honneur depuis
LE BAL A LA COUR, DU XVIe AU XVIIIe SIECLE. 16$
i53o jusqu'à Louis XIV qui lui préféra la Courante. Sans vouloir nous attarder à élucider son origine très