‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 76 sur 153 · K I G . 5 5 — MAITRE A DANSER · texte numérisé non relu

K I G . 5 5 — MAITRE A DANSER

(D'après une gravure de N. Bonnart. — Bibliothèque nationale.)

naut, maître à danser de Monseigneur le dauphin ; Guillaume Raynal, maître à danser de Monsieur, frère du roi ; Guillaume Guéru, Hilaire d'Olivet, Bernard du Manthe, Jean Raynal, Nicolas de Lorges, Guillaume Renaut, Jean Picquet, Florent Galand du Désert et Jean de Grigny.

Il est intéressant de connaître le commencement de ces lettres patentes :

« Louis, par la grâce de Dieu, etc. Bien que l'art de la danse ait toujours été reconnu l'un des plus honnêtes et des plus nécessaires à former le corps et lui donner les premières et les plus naturelles dispositions à toutes sortes d'exercices du corps, et entre autres à ceux des armes et, par conséquent, à l'un des plus avantageux et des plus utiles à notre noblesse et autres qui ont l'honneur de nous approcher non seulement en temps de guerre dans nos armées, mais même en temps de paix dans nos ballets ; néanmoins, il s'est, pendant les désordres et la confusion de nos dernières guerres, introduit dans le dit art comme dans tous les autres, un si grand nombre d'abus capables de les porter à leur ruine irréparable que plusieurs personnes, pour ignorantes et inhabiles qu'elles aient été en cet art de la danse, se sont ingérées de la montrer publiquement, »

Composée de treize académiciens, la nouvelle société devait tenir ses assemblées chez le plus ancien maître de l'Académie royale de musique. Leurs prérogatives étaient assez importantes : tous les académiciens, ainsi que leurs enfants, avaient le droit de montrer l'art de la danse sans lettres de maîtrise et jouissaient des autres droits des officiers commensaux de la maison du roi, c'est-à-dire qu'ils étaient exempts de garde, de taille, de tutelle et de guet.

Cette académie fut loin de rendre les services sur lesquels on comptait. Les premières séances ayant été tenues par autorisation formelle du Cardinal Mazarin au Cabaret de l'Epée de Bois, les académiciens ne se

LE BAL A LACOURj DU XVIe AU XVIIIe SIECLE. 175

réunirent que pour festoyer gaiement, et leur principale occupation se borna à intriguer pour conserver à leurs enfants le droit de maîtrise. « L'art et l'histoire leur furent indifférents, bien qu'ils vécussent et s'agitassent au milieu des plus belles fêtes et des plus grands ballets )), dit M. G. Desrat1. Du reste, toute l'attention commençait à se porter vers la chorégraphie théâtrale, qui devait, à son tour, devenir l'esclave de la routine, dont Noverre, Gardel et Dauberval eurent tant de peine à la faire sortir.

Cependant, grâce à l'enseignement des professeurs et à l'émulation des courtisans et de la noblesse, le goût de la danse se répandit rapidement à la cour.

« Le règne de Louis le Grand, dit Rameau 2, sera toujours regardé avec justice comme le règne des hommes les plus illustres. Entre tous les arts qui se sont perfectionnés sous les yeux et par les libéralités d'un si puissant monarque, la Danse a fait les plus rapides progrès. Tout semblait y contribuer : le prince avait reçu des mains de la nature une figure noble et majestueuse, avait aimé dès son enfance tous les exercices du corps et avait ajouté aux dons naturels toutes les grâces qui peuvent s'acquérir. Ce goût qu'il avait pour la danse l'engageait, dans les moments paisibles de son règne, à donner de ces ballets magnifiques où ce souverain ne dédaignait pas de paraître lui-même avec les princes et les seigneurs de son royaume. Quelle émulation ne ressentaient pas les jeunes courtisans dans l'espérance

j. Dictionnaire de la Danse.

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