‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 78 sur 153 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

« La valse, cet exercice, vraiment délicieux m'a toujours été cher; je n'en connais pas de plus noble ni qui soit plus digne en tout d'une belle femme et d'un jeune garçon. »

Alfred de Musset.

Au commencement du xixe siècle, le bal entre plus profondément dans les mœurs. Napoléon, dont l'ambition était de surpasser les plus grands princes, aussi bien dans leurs conquêtes que dans leur faste, trouvait, entre deux guerres, le temps d'organiser des réceptions magnifiques, et la France tout entière dansait en des bals splendides ; mais le bruit du canon venait quelquefois ponctuer les derniers accords des orchestres.

Le bal au xixe siècle peut se diviser en trois catégories, selon qu'il est officiel, privé ou public. Cette division existait déjà au siècle précédent, mais c'est à partir de 1804 que ces tendances séparatives s'accentuent. On s'occupera ici des bals officiels et privés : les

■et

bals publics, connus depuis longtemps, feront l'objet d'un chapitre spécial.

Il a été déjà question des bals officiels de l'ancien régime dans les pages qui précédent. Après Napoléon le calme se fait sous Louis XVIII, Charles X et Louis- Philippe. Il n'y avait chaque hiver que quatre grands bals aux Tuileries et deux petits bals chez la Reine. C'est pourtant l'époque où la danse subit une transformation importante. De la noblesse, qui s'est mise à l'écart à cause des événements politiques, la danse passe à la bourgeoisie : c'est la grande période des bals publics.

L'ère des bals officiels reprend avec le second Empire : les ministres, les hauts fonctionnaires faisaient alors assaut de magnificence ; l'aristocratie, qui avait gardé sa réserve pendant les premières années du règne de Napoléon III, chercha par son luxe à faire concurrence à la Cour. « De longtemps, dit M, Desrat1, on n'oubliera les fêtes données au Sénat par M. Troplong, son président ; au ministère des Affaires étrangères, par M. Drouyn de Lhuys ; à la présidence de la Chambre, par M. Schneider; à l'Hôtel de Ville, par M. Haussmann. Le monde officiel étranger rivalisait et luttait à l'envi ; M,ue de Metternich a laissé des souvenirs ineffaçables pour ses fêtes où l'aristocratie française et étrangère brillait au milieu des étincelants uniformes français. Aucune plume ne saurait retracer l'éclat des bals à cette époque, où, pour n'en citer qu'un seul, en 1867, six souverains étrangers, accompagnés de leur cour, se donnaient rendez-vous à l'Hôtel de

Page 1