‹ Histoire de la danse à travers les âgesChapitre 79 sur 153 · Dictionnaire de la Danse.. Art. Bals Officiels · texte numérisé non relu

Dictionnaire de la Danse.. Art. Bals Officiels

Ville. La richesse des uniformes, le feu des diamants jetés à profusion sur les plus jolies Parisiennes et les plus gracieuses Russes, Autrichiennes, Italiennes; les magnifiques serres de la Ville de Paris, mises au pillage pour la décoration, firent de l'Hôtel de Ville un palais enchanté, digne des contes des Mille et une Nuits. »

Puis vint la guerre. Pendant le deuil de la patrie les bals officiels furent suspendus. Ils reprirent avec Mac- Mahon, Grévy et les présidents qui suivirent. Mais cette époque est trop rapprochée de nous pour en parler impartialement.

La société suivit l'exemple des hauts personnages. L'usage des bals se répandit dans le fonctionnarisme, la finance, la bourgeoisie et le commerce. Seulement avec les habitudes bourgeoises les bals ont perdu leur grande allure : ils sont devenus des soirées dansantes. La grande soirée ne demande pas autant de toilette, ne réclame pas un cotillon aussi complet que le bal. Les petites soirées, souvent improvisées dans l'intimité — et qui sont souvent aussi celles où l'on s'amuse le mieux, — n'exigent pas de grands frais de toilette.

Les matinées, les garden parties qui ont lieu l'aprèsmidi dans les jardins ou les parcs, comportent la robe de ville, le vêtement de visite, jaquette ou redingote : ce sont les diminutifs des bals.

On sait ce qu'est un bal privé et nous n'avons pas à dire ici de quelle façon se font les invitations envoyées au moins huit jours à l'avance. Il n'y a plus, ainsi qu'autrefois, d'époque fixée pour ce genre de divertissement. On danse l'hiver, à Paris et dans les capitales ; l'été, dans les villes d'eaux; l'automne, au château après la

chasse (de là vient la coutume de l'habit rouge), aux fins de saison, dans les stations élégantes de la Méditerranée. Au printemps, on a les garden parties, empruntées à l'Angleterre, et se terminant, comme de l'autre côté de la Manche, par un tour de valse. On danse pendant les douze mois de l'année, sans cesse, sans relâche, et le siècle fuit gaiement.

Les bals privés sont de plusieurs sortes : parés, costumés, travestis, toutes expressions trop courantes pour qu'il soit nécessaire de les expliquer. Ce sont encore les bals blancs où, seules, les jeunes filles dansent; les bals d'enfants où les petits ne s'amusent guère, où les mamans se jalousent ; les bals à têtes où les invités en habit de soirée se font des têtes comiques ou grotesques, ou bien encore se griment de manière à représenter des personnages historiques ou d'actualité. Dans ces dernières années il y a eu une tentative de renaissance pour les danses nobles : les cavaliers sont revenus à la culotte, les dames à la poudre. On a donné des bals moyen âge, Louis XV, des bals villageois : on a essayé de sortir la danse de sa routine.

Complétons ce chapitre par quelques mots sur les danses du siècle.

La plus ancienne est la contredanse. On la retrouve au siècle précédent et elle continue jusqu'en i83o, où elle prend le nom de quadrille (fig. 58).

D'origine anglaise, la contredanse peut également venir de Country-Dance , danse villageoise, champêtre, ou bien de danse exécutée les uns contre les autres, c'està-dire vis-à-vis. Des valseurs enragés ne l'ont-ils point,

par plaisanterie, appelé le contraire de la danse ? Quoi qu'il en soit, la contredanse était connue depuis plus d'un siècle et demi en Angleterre, ainsi que le montrent les dessins satiriques de Hogarth et de Gruikshank. « Mais ces danses, dit Bonnet, n'avaient que le caprice

Page 1