‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 2)Chapitre 14 sur 62 · I04 HISTOIRE DE LA. DÉCADEISCE · texte numérisé non relu

I04 HISTOIRE DE LA. DÉCADEISCE

situé a trois milles de Me'dine ; mais ils se défendirent avec tant de valeur qu'ils obtinrent une capitulation honorable ; la garnison sortit tambour battant, et elle eut tous les honneurs de la guerre. Les Juifs avaient excité la guerre des Koreishites , et ils y avaient pris part; du moment où les nations s'éloignèrent du fossé y Mahomet , sans déposer son armure , se mit en route la même journée, afin d'extirper la race ennemie des enfans de Koraidha. Après une résistance de vingt-cinq jours , ils se rendirent à discrétion. Ils comptaient sur l'intervention de leurs alliés de Médine; mais ils auraient dû savoir que le fanatisme étouffe l'humanité. Un vieillard vénérable, au jugement duquel ils se soumirent , prononça l'arrêt de leur mort. Sept cents Juifs enchaînés furent conduits sur la place du marché : on les fit descendre vivans dans la fosse préparéo pour leur exécution et leur sépulture , et le prophète vit d'un œil tranquille le massacre desesennemisdésarmés. Les musulmans héritèrent de leurs brebis et de leurs chameaux ; trois cents cuirasses, cinq cents piques et mille lances, formèrent la partie la plus utile de leur dépouille. Chaibar, ville ancienne et riche, située a six journées au nord-est de Médine, était le centre de la puissance des Juifs en Arabie; son territoire, fertile au milieu du désert, était couvert de plantations et de bétail, et défendu par huit châteaux, parmi lesquels on en comptait d'imprenables ; Mahomet avait deux cents cavaliers et quatorze cents fantassins : dans une suite de huit sièges laborieux qu'il fallut faire

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d'une manière régulière, ces troupes se virent exposées aux dangers, a la fatigue étala faim, et les chefs les plus audacieux désespéraient du succès. L'apôtre ranima leur fidélité et leur courage en leur citant les exploits d'Ali, qu'il surnomma le Lion de Dieu. Peutêtre est-il possible de croire qu'en effet le redoutable cimeterre de celui-ci partagea en deux un guerrier juif d'une taille gigantesque ; mais il nous serait difficile de louer la sagesse des romanciers, qui nous le représentent arrachant de ses gonds la porte d'une forteresse, et couvrant son bras gauche de cet énorme bouclier ( i ). Après la réduction des châteaux, la ville de Chaibar fut forcée de subir le joug. Le chef de la tribu fut mis à la torture en présence de Mahomet, qui voulait le forcer d'avouer en quel lieu il avait caché ses trésors ; l'industrie des pasteurs et des cultivateurs leur valut une indulgence précaire ; on leur permit d'améliorer leur patrimoine, mais sous le bon plaisir du vainqueur, et sous la condition de lui donner la moitié du produit. Sous le règne d'Omar, les Juifs de Chaibar furent transplantés en Syrie, et le calife déclara en cette occasion que son maître lui avait ordonné au lit de la mort de chasser

(i) Abu Rafe , serviteur de Mahomet , assura , dit-on , que ses forces réunies à celles de sept autres personnes , essayèrent vainement de relever de terre la même porte ( Abulféda, p. 90). Abu Rafe était un témoin oculaire; mais qui témoignera pour lui ?

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