‹ Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain (volume 2)Chapitre 27 sur 62 · DE L EMPIRE ROMAIN. CHAP. LI. I · texte numérisé non relu

DE L EMPIRE ROMAIN. CHAP. LI. I

des mains des infidèles ; et j'ai voulu vous faire savoir que combattre pour la religion est un acte d'obéissance à la volonté de Dieu. » Ses envoyés revinrent en annonçant l'ardeur pieuse et guerrière dont ils avaient enflammé toutes les provinces, et l'on vit arriver successivement au camp de Médine les intrépides bandes des Sarrasins brûlant de marcher au combat, se plaignant de la chaleur de la saison et de la disette de vivres, et accusant par leurs impatiens murmures la lenteur et les délais du calife. Dès que l'armée fut complète, Abubeker monta sur la colline , fît la revue des hommes , des chevaux et des armes , et pria le ciel avec ferveur pour le succès de l'entreprise. Il fit avec l'armée , et à pied , tout le premier jour de marche; et lorsque les chefs honteux voulurent descendre de cheval , il dissipa leurs scrupules, en leur disant que ceux qui marchaient à cheval et ceux qui marchaient à pied pour le service de la religion étaient égaux en mérite. Ses instructions (i) aux généraux de l'armée de Syrie

et invraisemblables. Tant qu'on ne découvrira point de meilleurs ouvrages , la version qu'en a donnée le savant et courageux Ockley sera précieuse , et cet auteur ne mérite pas les critiques virulentes que s'est permises Reiske ( Prodidagrnata ad Hadjl califœ Tabulas ^ p. 236). C'est avec cTouleur que je songe qu'Ockley a terminé son travail dans une prison. ( Voyez la Préface du premier volume, A. D. 1708, et la Préface du second, 1718 , avec la liste des auteurs , qui est à la fin ).

(i) Al-Wakidi et Ockley (t. ï , p. 22-27, etc. ) rapportent

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furent dictées par ce fanatisme g^uerrier qui marche à la conquête des objets de l'ambition mondaine en affectant de les mépriser. « Souvenez-vous, leur dit le successeur du prophète, que vous êtes toujours en présence de Dieu et à la veille de la mort ; certains du jugement et espérant le paradis , évitez l'injustice et l'oppression ; délibérez avec vos frères, et efforcez-vous de maintenir l'amour et la confiance de vos troupes. Lorsque vous combattrez pour la gloire de Dieu, conduisez-vous comme des hommes, sans tourner le dos; mais que le sang des femmes ou celui des enfans ne souille pas votre victoire. Ne détruisez pas les palmiers, ne brûlez pas les champs de ble ; n'abattez jamais les arbres fruitiers, et ne faites du mal à aucun bétail qu'à celui que vous tuerez pour le manger. Quand vous accorderez un traité ou une capitulation, ayez soin d'en remplir les articles, et .soyez aussi bons que votre parole. A mesure que vous avancerez, vous rencontrerez des personnes religieuses qui vivent dans des monastères , et ont choisi cette manière de servir Dieu; laissez-les seules, ne les égorgez point et ne détruisez pas leurs monastères (i): vous trouverez une autre classe d'iiommes

les instructions, etc., sur la guerre de Syrie. Il est nécessaire de resserrer les détails qu'ils donnent , et inutile ^e les citer davantage ; je me crois obligé d'indiquer les autres écrivains.

(i) Malgré ce précepte , M. de Paw ( Recherches sur les égyptiens , t. ii , p. 192, édit. de Lausanne) représente les Bedoins comme les implacables ennemis des moines chré-

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qui appartiennent à la synagogue de Satan, et qui ont la tête rasée en couronne (i) ^ ne manquez pas de leur fendre le crâne, et ne leur faite aucun quartier , à moins qu'ils ne veuillent devenir mahométaiis ou payer le tribut. » Les entretiens profanes ou liivoles , tout ce qui pouvait rappeler d'anciennes que relies était sévèrement défendu parmi les Arabes ; jusque dans le tumulte des camps ils se livraient avec assiduité aux exercices de la religion , et employaient à la prière, à la méditation et à l'étude du Koran leurs intervalles de repos. On punissait l'abus ou même l'usage du vin de quatre-vingt coups de bâton sur la plante des pieds ; et dans la ferveur des premiers temps, l'on vit des pécheurs inconnus révéler leur faute et solliciter leur punition. Après quelques incertitudes , le commandement de Tarmée de Syrie fut donné à Abu-Obeidah , un des fugitifs de la Mecque et des compagnons de Mahomet. L'extrême douceur et Textrême bonté de son caractère adoucissaient son

tiens. Pour ma part , je crois qu'on peut expliquer cette contradiction par l'avidité des Arabes, d'une part, et de l'autre , par les préjugés du philosophe allemand.

(i) Au septième siècle encore, les moines en général étaient laïques , leur chevelure était longue et éparse , et ils la coupaient lorsqu'on les admettait à la prêtrise. La tonsure circulaire était emblématique et mystérieuse ; elle représentait la couronne d'épines qu'on mit sur la tète de Jésus-Christ ; mais elle désignait aussi le diadème royal, et chaque prêtre était un roi , etc. ( Thomassin , Discipline de l'Église^ t. i , p. 721-758, et particulièrement p. 787 , 738).

Bosra.

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